Tiens, un nom familier! Lu dans Les Inrockuptibles cette semaine, une chronique me renvoie à mon passé numérique. Un pseudo croisé au hasard d'un forum. Le même nom aujourd'hui coiffant un album qui a les honneurs de l'hebdomadaire de référence de la culture en Hexagone. Wouaw. Ou pas.
Ou pas, parce que bon, l'hebdomadaire de référence de chez les voisins, on oublie. Surtout, passé le souvenir, force est de constater qu'il n'en reste plus grand-chose. Les forums du début des années 2000 se sont lentement mais sûrement tus, quand ils n'ont pas atteint leur point Godwin. Les blogs les ont remplacé, un temps, avant d'être rattrapés par le business de la blogosphère. Le Luftbusiness, comme dirait l'autre.
Oui, on vend de l'air. Et peut-être même que ça marche. Pas un jour sans une invitation ou une proposition de partenariat. "Vous avez aimé Sonic Youth, vous aimerez à coup sûr notre concours pour aller voir U2 à Dublin!" "Pour ce mois, nous vous conseillons de chroniquer Sophie Hunger ou Patrick Watson et vous serez repris sur notre super site." Vous êtes convié à notre petit-déjeuner samedi prochain à Paris où vous pourrez rencontrer nos nouveaux artistes." "Sans nouvelle de votre part, nous revenons vers vous pour notre festival au café du coin à Bordeaux ce jeudi soir."
Je n'exagère même pas. Lire ma brève bio pour découvrir que je vis en Suisse, feuilleter mes archives pour voir ce que j'ai déjà chroniqué ou encore accepter que non, Sonic Youth et U2 n'ont rien à voir, tout cela semble impossible. L'ère des blogueurs influents? Ou l'air des blogueurs influents? Difficile à dire... Mais il semble que comme leurs prédécesseurs de papier, les blogs sont appelés à rentrer dans le rang et à s'institutionnaliser. Et que comme les forums, ils devraient s'éteindre lentement mais sûrement, sans même passer par la case Godwin. Vu qu'ils ne disent pas non, acceptent les échanges de lien, la course au classement Wikio ou encore les reprises par des plateformes sans contenu, mais riches des revenus de la publicité.
Si en 2000 et quelques on m'avait dit que quelques uns des forumeux dont j'étais se retrouveraient à côtoyer les artistes dont nous parlions avec tant de passion dans les colonnes des magazines, j'aurais crié victoire, sûr de l'avènement d'une autre génération, de notre génération. Quelques années plus tard, je n'en suis plus si sûr. N'aurions-nous pas simplement été rattrapés par ce que nous fuyions hier, ce que nous critiquions avec tant de véhémence? Jusqu'à devenir une infime composante de cette norme, plus insatisfaisante de saison en saison. Au risque d'y perdre plus qu'on imagine.









j'ai rien compris...
Rédigé par: père frédouille | 26/06/2009 à 09:26
Mais balances des noms meeeerde!
Rédigé par: diego | 26/06/2009 à 11:25
Oui, à moyen ou long terme et dans tous les domaines, la quête de la pureté est toujours condamnée à l'échec.
Rédigé par: Julien | 27/06/2009 à 10:05
Personne n'est obligé d'accepter toutes ces propositions.
Leur place est en général à la poubelle...
Rédigé par: lyle | 28/06/2009 à 10:46
La question que je me pose moi c'est qu'est ce qu'il y aura APRÈS les blogs?
Rédigé par: Imela | 01/07/2009 à 17:17
Selon certaines sources, il devrait d'abord pleuvoir des sauterelles. Ensuite, les téléphones portables de certaines marques ne fonctionneront plus. Puis viendra un libérateur qui guidera les blogueurs vers une nouvelle terre promise.
Rédigé par: Christophe | 01/07/2009 à 21:31