The Silver Grateful Stone Family Entre psychédélisme brut et rythmes afro-beat, le folk du combo américain varie les saveurs pour le pire et le meilleur.
Akron/Family - River
Comme la semaine dernière pour The Horrors, on commencera par la pochette. Un drapeau américain dont les étoiles ont disparu. A la place, une spirale évoquant les T-Shirts que de nos parents nostalgiques hippies nous forçaient à fabriquer enfants, entre torsions et peintures. Une bannière étoilée aux airs de Peace & Love. On pense irrémédiablement à la pochette de There's A Riot Goin' On de Sly & The Family Stone disque légendaire de 1971 présentant un funk moins mélodique, plus abrasif, et originellement intitulé Africa Talks To You.
Et ça tombe bien, car l'Afrique parle la première sur Set'em Wild, Set'em Free, nouvel album d'Akron/Family. Démarrant en trombe, Everyone Is Guilty mélange rythmiques afro-beat et folk crié, façon Silver Mt Zion et tout le tra-la-la. Le chant de guerre fait mouche grâce à ses multiples changements de rythmes et de tons, ni prêcheur, ni suiveur.
La suite varie. Comme ses bonheurs. Mais l'ensemble est plutôt convaincant. Comme quand Akron/Family joue la carte d'un folk moins clinquant, presque dépouillé (The Alps & Their Orange Evergrenn ou ce très beau River évoquant ce que pourrait faire Herman Düne aujourd'hui s'il était moins feignasse). Ou encore lorsque le groupe ose accepter son temps, bidouillant comme ses contemporains, jusqu'à y trouver matière à une pop tordue et poignante à la fois (Creatures et son pont vocal qui évoquerait presque Thom Yorke quand il n'en fait pas trop).
De jolies choses, donc. Et là c'est le drame. Le drapeau hippie cache une offrande poussive au Grateful Dead et autres chevelus du genre. Sur la seconde partie de l'album, Akron/Family rebranche l'électricité et oublie l'Afrique pour rejouer Woodstock. Une flûte innocente annonce la couleur puis c'est le déluge. Tel un gros boeuf du père Dylan un mauvais soir, voici l'auditeur embarqué dans quelques pesants solis de six-cordes nourries à la fée électricité. Acceptable au début (le final longuet de Gravelly Mountains Of The Moon), l'exercice devient rapidement pénible à force de se répéter, d'un inutile MBF à un They Will Appear trop brouillon pour être honnête.
Heureusement, l'ensemble finit mieux, rappelant les qualités d'écriture d'Akron/Family et terminant de faire de Set'em Wild, Set'em Free un album tout à fait honorable pour la saison, vers lequel on reviendra, muni toutefois d'une petite zapette.
Akron/Family
Set'em Wild, Set'em Free
Dead Oceans/Crammed/Musikvertrieb


























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