Au printemps, il va peut-être falloir faire ses comptes. Et en rendre même. Pour tous ceux qui ont dès le début du mois de janvier désigné leur album de l'année, par exemple, intronisant Animal Collective en héros annoncés d'une cuvée 2009 à peine entamée.
La raison de ce bilan forcé? L'arrivée dans les bacs de Veckatimest, troisième album de Grizzly Bear. Après 3 semaines d'écoutes répétées, je reste encore circonspect au moment de prendre la plume pour en parler. Je sais que j'aime cet album. Je sais aussi qu'il m'impressionne. Et ce plus d'une fois. Reste que je peine à en faire le tour, à en cerner les aspérités multiples, les sommets comme les failles. En une formule: je réfléchis avant d'écrire. Et je tournerai sept fois ma langue dans ma bouche avant de crier au chef-d'oeuvre.
Reste que Two Weeks, premier extrait de Veckatimest à pointer le bout de son nez est un petit bijou de pop-song. Ou comment faire se télescoper courants et décennies, tenant en équilibre sur le fil ténu qui sauve le funambule du kitsch. Le piano obsédant n'aurait pas dépareillé dans la masse FM des eighties. Comme le chant affecté et maniéré de Daniel Rossen. Le canevas instrumental qui sert d'écrin à cette mélodie lorgne lui plus ouvertement vers les harmonies de la fin des sixties, ses choeurs également. Le tout relevé encore par une structure aux secousses tranquilles, ne confondant jamais compléxité et démonstration. Un beau début. A suivre donc.


























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