Crooner à l'Ouest Trouvant enfin l'équilibre entre mélancolie solitaire et arrangements fournis, l'ex-(Smog) signe un second album solo de toute beauté.
Bill Callahan - Eid Ma Clack Shaw
Retour aux bonnes vieilles habitudes. Merde aux plateformes à la con, aux chroniques fleuves et aux new-news de la discothèque. Un disque reste un disque et mérite un brin d'espace pour rêver en faire le tour, tandis qu'une chanson suffit souvent à jouer le rôle d'ambassadrice. Et quand elle est aussi belle que ce Eid Ma Clack Shaw, même pas besoin d'argumenter.
Une chanson signée Bill Callahan, sur son second album Sometimes I Wish We Were An Eagle, disque vers lequel je serai venu presque à reculons, refroidi par un précédent Woke On A Whaleheart trop inégal pour convaincre sur la longueur. L'ancien leader de (Smog) y tentait un grand écart, entre songwriting désespéré et country colorée, façon Lee Hazlewood. Mais se prenait les pieds dans les paillettes plus souvent qu'à son tour.
Rien de tout ça sur Sometimes I Wish We Were An Eagle. Si les arrangements aigres-doux sont au rendez-vous - cordes, bois, cuivres, claviers un peu cheap - Callahan parvient à les intégrer avec brio à ses ballades à la mélancolie mi-poisseuse, mi-feutrée. La voix évoque toujours Kurt Wagner, mais cette fois les ambiances renvoient également à Lambchop, dans cet art de parer le folk d'habits de soirée inattendus, atténuant la neurasthénie sans pour autant tomber dans la gaudriole.
Magnifique d'économie - lorsqu'il laisse à sa guitare le premier rôle (My Friend) - comme d'inflexions légères, ce second essai solo de Bill Callahan profite également d'un chant à la perfection rare, faussement distant, affecté sans être plaintif, touchant en plein coeur lorsqu'il avoue rêver de la chanson parfaite, celle qui donnerait toutes les réponses (Eid Ma Clack Shaw). Et cette quête porte ses fruits à plusieurs reprises, comme sur le dépouillé Too Many Birds, et parvient même à rendre digeste des synthés arabisants, apparus comme par hasard au détour d'une chanson (Wind And The Dove).
Disque folk faussement classique, Sometimes I Wish We Were Eagle distille sa magie à mesure que l'auditeur s'y plonge. A la manière de son intitulé poétique et sybillin, révélant une mélancolie changeant à force d'y repenser et s'imposant parmi les plus beaux noms d'album vus ces dernières années.
Bill Callahan
Sometimes I Wish We Were An Eagle
Drag City/Irascible


























Faut que j'aille écouter tout ça. J'avoue que Woke on a Whaleheart m'avait franchement déçu avec ces arrangements aussi dégueus que sur The Greatest de Cat Power... Ils sont pas sortis ensemble d'ailleurs ??
Rédigé par : Mathias | 26/05/2009 à 12:09
J'avais laissé Bill sur le bord de la route après le beau Supper. Six ans après, son nouvel lp est effectivement magnifique, Bill est au sommet. Par hasard, j'ai dégoté le même jour le premier album de Sarabeth Tucek. J'appris que la demoiselle fut l'amoureuse de Bill pendant un temps. Pour moi, les dix titres composant son disque, varié et lumineux, synthétisent subtilement plusieurs décennies d'americana. Sarabeth a une voix magnifique ; Sarabeth est belle. I'm in love again.
Rédigé par : lunA.Lee | 05/06/2009 à 17:04
Correction : onze titres, pour quarante minutes de bonheur intense. L'album, à la fascinante pochette seventies, est sorti en 2007 chez Echo (disponible en import en France). Laissez vous porter par la magicienne Sarabeth Tucek ...
Rédigé par : lunA.Lee | 05/06/2009 à 17:12