Bye Bye HADOPI Trois petits tours et puis s'en va, la loi en mousse reviendra à la fin du mois pour un second tour attendu.
La semaine dernière, j'ai dû rédiger un article sur Depeche Mode, à l'occasion de la sortie de son nouvel album, Sounds of the Universe. Petit hic, je n'avais pas encore le disque en question. Pas grave, internet fut mon ami et me le procura en quelques clics à peine, via ses puissants moteurs de recherche. Oui, je sais, c'est mal. Mais comment faire autrement pour résoudre cette bonne vieille équation de critique rock: publier jeudi la chronique d'un disque qui sort vendredi.
Alors oui, télécharger c'est mal, mais comme je vais recevoir le disque sous peu, où est le mal? Pas sûr que ce boniment fonctionne face aux tenants du projet de loi HADOPI. Télécharger c'est le mal. Point. Et pour que tu comprennes, un mois sans internet te fera les pieds. Refusé la semaine dernière par une poignée de députés - les autres mangeaient ou avaient piscine - le projet de "riposte graduée" contre la piraterie sur le web reviendra à la fin du mois, bien décidé à passer au second tour.
Imaginons cependant un scénario catastrophe. Valeureux journaliste n'écoutant que mon courage, j'ai téléchargé le dernier Depeche Mode via un lien Rapidshare. Et la maréchaussée m'est tombée dessus. Mes explications n'y font rien, un mois dans les dents. Petit hic, je vis chez mes parents depuis le début de l'année - crise financière oblige, les banquiers se sont repliés sur l'immobilier et leurs bonus et autres parachutes dorés pèsent plus que mon modeste salaire. Voilà donc ma famille privée de web.
Pas grave, lâche le paternel, bon bougre pragmatique. Mais petit hic bis, lui dis-je, tu as opté pour la boîte magique qui fait télé, internet et téléphone à la fois. Pas grave, lâche-t-il à nouveau. Je regarderai Bienvenue chez les ch'tis durant un mois et on arrêtera les canulars téléphoniques. Soit.
Comme tout est rentré dans l'ordre, je profite du samedi soir pour sortir au bistrot (oubliez les concerts et autres lieux de plaisance, je suis retourné vivre chez mes parents, au milieu de nulle part). Je pars donc tranquille au volant de la Fiat familial, tout content de retrouver mes vieux potes de virées nocturnes.
Pendant ce temps, pendant que Kad découvre les vertus du maroual en compagnie de son copain Dany Boon, le paternel est pris de crampes au palpitant. Pas gra..., lâche-t-il, sans terminer sa phrase. Son épouse voit bien le problème. Le voilà en arrêt cardiaque. Paniquée, elle décroche le téléphone. Mais il n'y a pas de tonalité. Elle pense au Natel qu'elle avait hésité à acheter quand ces choses-là étaient gratuites, mais il ne lui est d'aucun secours. Elle empoigne alors les clefs de la voiture et sort à la course. Mais rien devant la maison. Le fils s'envoie des canons Dieux sait où. Elle hésite un instant, puis reprend sa course. Le voisin la laissera peut-être utiliser son téléphone et il n'habite qu'à 1 kilomètre et demi, depuis que des banquiers ont racheté la grange du père François, convaincus que l'immobilier agricole valait bien un brin de dépaysement.
Plus tard, en rentrant, je saisirai l'ampleur du drame. Le financier a prêté son Blackberry, mais l'ambulance est arrivée trop tard. Fils indigne, j'ai tué le père en coupant le cordon par la faute d'un Depeche Mode de saison, ni meilleur ni pire que les précédentes. HADOPI l'a tué, crierais-je à la maréchaussée, en visite pour rebrancher l'internet. "C'est qui çui-ci, un métèque?" lâcherait le serviteur de la loi, étoile de shériff sous le palpitant. Et moi de lui expliquer, espérant qu'il s'en ira coffrer le président législateur, maître d'école prompt à punir les mauvais internautes. Pas sûr qu'il m'entende. Et pourtant, à prendre ses concitoyens pour des enfants la main prise dans le pot de confiture, on risque bien de casser des bocaux...




























je vais pas faire mon geek de base, mais je pense pas que la maréchaussée arrive à te retrouver si tu télécharges via un de ces trucs en xxxshare. l'hadopi va plutôt viser les réseau p2p (style bittorrent, emule...) ou on peut facilement chopper des adresses ip. pour continuer de télécharger illégalement (c'est mal) sans se faire remarquer, faudra justement continuer d'utiliser ces lien de direct-download, beaucoup plus difficile à tracer... à mon avis ;) !
Rédigé par : Fred | 16/04/2009 à 08:29
Voici un petit lien qui raconte avec humour comment contourner leur système Hadopi assez facilement et qui montre qu'il se trompe de cibles. http://petaramesh.org/post/2009/03/10/Hadopi-dans-ta-face-ou-larroseur-arrose
Rédigé par : John | 16/04/2009 à 09:25
Ben alors?
On t'attendait sur Paléo... Rien? Remarque, rien, c'est peut-être aussi une réaction au programme, huhuhu!!!
Rédigé par : Fauve | 18/04/2009 à 09:38
@ Fauve:
Pas grand-chose à dire sur ce programme, du moins ici. Un bon équilibre entre des têtes d'affiche qui ne m'intéressent pas (exception faite de Peter Doherty), des groupes moins grand public que je suis curieux de voir ou revoir (en vrac TV on the Radio, Karkwan, Zone Libre feat. Hame & Casey, Peter von Poehl, Gossip et quelques autres encore) et des artistes suisses en nombre et plutôt de qualité cette année.
Un programme qui m'excite plus que celui du Montreux Jazz Festival, au final, alors que je n'attends pas vraiment de Paléo (festival grand public) de me donner plus envie que Montreux (festival pour mélomanes).
Rédigé par : Christophe | 19/04/2009 à 21:20