Ils ont osés! La réédition de l'intégrale de Soeur Sourire. Le monde du rock ne tourne plus très rond. Et je ne vous parle même pas du clip sur YouTube...
Peut-être avez-vous manqué cette information primordiale, mais l'Internationale pop est née, enfin. Cela s'appelle la Featured Artist Cohalition et cela ressemble déjà au club le plus select depuis le Rock'n'Roll Hall Of Fame. Jugez plutôt: parmi les membres fondateurs, on retrouve Robie Williams, Kate Nash, The Verve, Iron Maiden, Radiohead et, bien sûr, l'increvable Billy Bragg. La preuve, avec une brochette aussi éclectique, que le terme "brit-pop" signifie encore quelque chose, géographiquement du moins.
Oubliant leurs différences musicales, tous sont réunis autour d'un concept assez simple: ils ne sont pas contents. Parce que YouTube et MySpace gagnent beaucoup d'argent avec la publicité mais ne leur reversent rien, alors que c'est bien leur musique qui permet à ces sites de séduire le porte-monnaie des publicitaires. Sur le fond, cela se tient. Sauf que YouTube et MySpace ont déjà passé quelques accords avec les maisons de disques de la plupart de ces artistes, sorte de pacte de non-agression, gentlemen agreement avec livres sterling à la clef (ou plutôt euros, par les temps qui courent).
Mais voilà, cet accord ne tient plus, les sites étant accusés de rétrocéder une trop infime partie de leurs revenus aux maisons de disques. Et les artistes d'élever soudain la voix, exclus qu'ils sont des discussions, offusqués de voir leurs fans payer le prix fort (des vidéos bloquées pour les visiteurs britanniques de YouTube, aïe, aïe, aïe, pas sympa...). En résumé, alors que le web fête ses 20 ans, il démontre une nouvelle fois sa capacité à dérouler son histoire sur un mode ADSL: en 3 ans à peine, on est passé de "devenez une star grâce à MySpace" à "MySpace rends-moi mes thunes". Et beaucoup d'artistes - Kate Nash, par exemple - d'oublier que ce site qu'ils accusent de spolier leurs droits (d'auteur) est celui-là même qui (nous) les a imposé...
Mais je suis cynique, me direz-vous. Peut-être. Cependant, les difficiles rapports entre labels, artistes, management et plateformes de promotion ne datent pas d'hier. Prenez Soeur Sourire, par exemple. Vous vous souvenez, "Dominique-nique-nique". Et bien, saviez-vous que l'hilare religieuse chantante a fini défroquée, lesbienne, suicidée et aux poursuite (ordre aléatoire). La faute à un management trop gourmand (sa congrégation), la privant de ses royalties, tout ça parce qu'elle avait fait voeu de pauvreté. N'en pouvant plus, elle abandonna son joli costume blanc, retrouva la vie laïque et renonça même à son voeu de chasteté par la même occasion. Las, le fisc lui tomba sur le dos, lui réclamant l'argent qu'elle aurait dû gagné (mais n'avait donc pas touché). La suite, vous la devinez (ou alors remontez quelques lignes plus haut et remerciez-moi de vous éviter le visionnement du biopic en préparation avec Cécil de France dans le rôle du sourire).
Certes, Radiohead n'est pas autant à plaindre que Soeur Sourire pour le moment, mais essayons de nous mettre à leur place. Depuis qu'ils ont quitté EMI, ces derniers ne font rien que se faire du pognon sur leur dos. Intégrale en box, rééditions en vinyl 180 grammes et pas plus tard que cette semaine, éditions deluxe et collector de leurs trois premiers albums. Et le pire, c'est que ça marche! Même moi j'ai craqué et me suis offert un joli Kid A version 2 x 10", heureux comme un gamin sous un sapin. Pire, j'hésite franchement à casser ma tirelire pour les nouvelle éditions de Pablo Honey, The Bends et OK Computer, alléché par les disques bonus plein de faces B (par contre, je m'en fous un peu des DVD plein de restes en version collector). Mais comme je suis un fourbe de journaliste, je tente tout d'abord de convaincre EMI de me les envoyer, histoire de laisser Tirelire tranquille (Thomas G., si tu me lis, pense à Tirelire et clique sur ce lien).
Mais je m'égare à nouveau. Et vous vous demandez ce que je cherche à vous dire, puisque ce blog est plutôt prompt à élever votre réflexion habituellement. J'y viens donc. Ce qui m'ennuie dans toute cette histoire, c'est que soudain ces braves musiciens pensent à leurs fans. C'est un peu pour eux - allez, pour nous - qu'ils font ça. Il ne faut pas nous criminaliser. On ne pense jamais à nous non plus au moment de faire des négociations. Le monde a changé avec l'avènement du numérique. Et j'en passe. Alors que bon, ça fait un petit moment déjà que tout ce petit monde criminalise et emmerde les fans. A tel point qu'aujourd'hui, qu'on soit adepte de P2P, de Rapidshare ou simple blogueur passionné, on est logé à la même enseigne (mon collègue blogueur Erwan en parle mieux que moi). Et que ce blog est en train de devenir muet.
Oui, car si pendant longtemps je me suis contenté de vous proposer des MP3 légaux à télécharger (la rubrique MP3 de la semaine), histoire de ne pas me faire taper sur les doigts par la Suisa, l'IFPI ou web sheriff, j'ai finalement (naïvement) opté pour la sélection personnelle de morceaux à écouter. Mais voilà, que cela soit Deezer, Jiwa ou encore Fairtilizer, il devient de plus en plus difficile d'uploader la moindre playlist choisie. Et qu'à choisir entre revenir au titre imposé, héberger illégalement des MP3 ou couper le son, j'ai décidé de me la jouer comme Philippe Katerine (ce qui est mieux que les Anglais qui se la jouent comme Beckham). Ainsi, comme vous avez pu le découvrir hier, je me contenterai désormais du texte et de quelques liens pointant ailleurs sur le net, en toute - ou presque - légalité. En un sens, je renoue peut-être avec l'esprit premier du blog, à savoir l'écriture. Et pour le reste, vous pouvez toujours vous tourner vers ces blogueurs suractifs que sont Rapidshare, Soulseek ou encore BitTorrent. N'en déplaise aux majors, à Radiohead ou à Soeur Sourire (paix à son âme).




























C'est vrai que finalement on lit les blogs pour le texte d'abord. Après les mp3s c'est tout de même un plus non négligeable pour avoir accès directement au son. Si Jiwa permettait d'uploader des titres ce serait parfait, ça marche quad même vachement mieux que Deezer!
Rédigé par : Erwan | 24/03/2009 à 18:18
Il y a aussi une sélection honnête (et légale) sur Spotify, mais il faut peut-être encore jouer des pieds et des mains pour y accéder depuis la Suisse, pour le moment...
Rédigé par : theefer | 25/03/2009 à 17:01