Spirit of Apollo (13) Fort d'un carnet d'adresses d'exception, le duo N.A.S.A. part serein exploré les étoiles. Mais s'égare un brin dans le système solaire. Restent quelques étoiles filantes éclatantes.
2009 verrait-il un retour du "super-groupe"? Des pâlichons Mongrel aux duos annoncés réunissant d'un côté Pete Doherty et Graham Coxon, de l'autre Lily Allen et Lindsay Lohan, les alliances temporaires semblent à nouveau en vogue. Jusqu'aux collaborations surprenantes qui émaillent la jolie compilation Dark Was The Night (Grizzly Bear & Feist, Blonde Redhead & Devastations ou encore Sufjan Stevens & Buck 65).
Dans ce cortège de couples atypiques, le projet N.A.S.A. parvient malgré tout à tirer son épingle du jeu, grâce à un casting inespéré et, quelque peu, inattendu. Jugez plutôt: David Byrne, Tom Waits, Spank Rock, Santigold (anciennement Santogold), Kool Keith, Chuck D, Ol Dirty Bastard (remember!) ou encore Method Man. Eclectique, non? Moitié du duo à l'origine de ce grand mélange des genres, Squeak E. Clean a peut-être profité du carnet d'adresse de son frère, le réalisateur Spike Jonze.
Un lien de famille qui tendrait à expliquer la teneur de Spirit Of Apollo, premier album de N.A.S.A. Malgré la variété des featurings, la tonalité du disque reste la même ou presque tout le long de ces 17 titres: une sorte de cocktail electro/hip-hop/pop, tout à fait dans l'air du temps, marrant, maîtrisé et un peu branleur. Rien de nouveau sous le soleil donc. Seule la personnalité des divers invités permet d'insuffler un supplément d'inventivité à l'ensemble, tant le canevas musical sombre par instants dans l'indigence du genre, se reposant sur les parties vocales.
Ainsi, on ne boude pas son plaisir en découvrant Tom Waits converser avec le revenant Kool Keith dans un numéro où sa voix éraillée fait merveille. De même, le bouillonnant trio réunissant M.I.A., Spank Rock et Santigold, tient ses promesses, explosif et virtuose. Quant aux interventions de David Byrne, elles apportent un souffle pop fidèle aux dernières sorties de l'ex-Talking Heads et son phrasé mélodique personnel.
Exercice de style qui tient par son casting, ce premier album de N.A.S.A. séduisait à l'écoute des premiers titres disponibles sur le net, mais déçoit une fois dévoilé intégralement. Un syndrôme qui rappelle le premier album d'U.N.K.L.E., autre duo au carnet d'adresses bien rempli et au patronyme façon acronyme, sur lequel surnageaient quelques beaux moments grâce aux voix invitées (Thom Yorke, Richard Ashcroft, Beastie Boys), sans pour autant réinventer les sonorités électroniques de l'époque. Espérons pour N.A.S.A. que la suite de leur carrière évitera de se perdre dans les mêmes impasses que celle d'U.N.K.L.E...


























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