Dans les fleurs Orphelin de ses rythmiques et de sa folie, la musique d'Animal Collective perd en magnétisme. Retour sur un concert en demi-teinte.
Ce devait être LE concert de la fin de l'hiver. Spécialistes des shows sismiques (aussi bien au Kilbi en 2006 qu'à la Maroquinerie en 2007), les Américains Animal Collective débarquaient au Fri-son mardi 10 mars, avec sous le bras un dernier album promis au top 10 2009. C'est dire si l'attente était grande.
Orpheline encore des musiciens, la scène semble confirmer l'intuition. Enceintes en demi-cercle à l'arrière, machines et enchevêtrements de câbles sur le devant, percussions discrètes derrières, le tout surplombé d'une énorme boule blanche, mi-boule disco, mi-Rover (les mystérieuses boules blanches patrouillant dans la série Le Prisonnier). Le décor est prometteur.
Fidèles à eux-même, les trois acteurs s'installent discrètement. Panda Bear à droite, Geologist et sa lampe frontale à gauche, Avey Tare au milieu. Un tapis électronique se déroule, reprenant à l'identique l'intro de Merriweather Post Pavilion. Entrée en matière idéale, In The Flowers déçoit cependant dans sa seconde partie, dépouillée des rythmiques entendues sur disque. Les basses grondent, mais sans ce contrepoint tribal, le feu d'artifice attendu prend des airs de pétard mouillé.
Une prime déception qui s'allonge ensuite, la faute à une succession de titres issus de ce même album, dont les volutes synthétiques collent mal à la profondeur d'un Fri-Son bien garni. Atmosphérique et composite, le magma électronique se traine, s'étire sans oser les loopings ni les dérapages nécessaires. Seul sursaut dans cette plaine sonore, Slippi détone, plein de percussions désaxées, porté par un Avey Tare improvisant les paroles, accroché à sa guitare électrique.
A l'image de cette parenthèse, le rythme bégayant qui annonce Fireworks amorce une seconde montée. A nouveau, Avey Tare s'empare de la six-cordes, martelant quelques accords hésitants, jusqu'à retrouver la marotte obsédante qui fait la force du morceau. Fidèle à la version gravée sur disque, la suite esquisse enfin le décollage espéré. Et le ragga tritturé de Brother Sport empêche l'ambiance de redescendre. Sur la boule blanche dansent des hommes et des femmes en costumes folkloriques. Animal Collective est à son sommet. Mais clôt là son set.
En rappel, My Girls et Leaf House poursuivent le mieux entrevu plus tôt. Ou, pour dire vrai, renouent avec les sommets, malgré un son pas vraiment à niveau (comme durant le reste du concert). Les bourdons électroniques sont hypnotiques mais les tempi osent la nuance, d'accélérations en brusques cassures, de décalages en dérapages. En un final riches en mélodies et en valses virtuoses, Animal Collective redevient le grand groupe qu'il est. Mais trop tard. Et trop sporadiquement. La formation en trio a perdu en dynamique par rapport au quatuor de base - moins de guitares, moins de rythmiques - tandis que la mue électronique s'adapte mal à l'espace scénique, prisonnière de séquences trop rigides ou evanescentes. Reste la persuasion que la machine est en mouvements, encore, et promet de se transformer à la prochaine, une fois de plus. A suivre, malgré la déception...




























C'est exactement mon sentiment après le marasme de la première partie du concert et le tout petit mieux en fin de set (aussi parce qu'étaient rassemblées les meilleures chansons). On est loin des concerts rythmés par une simple guitare, un tambour et une cymbale...
Rédigé par : François | 19/03/2009 à 10:56
Mal-être du début « guérit »……grâce à leur deuxième partie. ouffffff
Rédigé par : LNA | 19/03/2009 à 21:59