Si vous vivez en Suisse, vous n'avez pas pu échappé à la nouvelle. Et si se n'est pas le cas, vous me remercierez d'ici quelques lignes de vous avoir informés et vous vivrez en Suisse aussi bientôt. Car voilà, en Suisse en 2009, ça va être l'année des méga-concerts. Oui, vous avez bien lu. Pendant que tous nos voisins vont se taper l'année de la méga-crise, nous autres chanceux de Suisses allons nous divertir avec des méga-concerts.
Je vous rassure tout de suite, ça n'est pas moi qui le dis. Je préfère les informations sérieuses. Tous les autres journaux ou presque l'annoncent, donc c'est que ça doit être vrai. Surtout que l'analyse émane de ce fameux journaliste au-dessus de tout soupçon, j'ai nommé "les agences". Dans l'ordre, ce sont donc AC/DC, Bob Dylan, Francis Cabrel, Statu Quo et même Bénabar, "chantre du quotidien", qui fouleront les scène helvètes. Cerise sur le gâteau, LE concert événement aura lieu en terre romande début juillet, avec le passage de Johnny Hallyday pour sa dernière - ultime, oui - tournée, suivant la sortie de son album ça ne finira jamais (tout paradoxe contenu dans cette phrase serait purement fortuit).
En même temps, en relisant ce méga-casting, j'ai soudain l'impression que 2009 sera peut-être aussi l'année de la crise en Suisse. Et je ne parle pas des banques, mais de nos dictionnaires. L'adjectif "méga" - et son copain "événementiel" - ont dû tomber en pleine crise existentielle depuis qu'ils se sont vu mariés de force à Statu Quo et Bébabar. Les pauvres. Au moins auront-ils la chance de rencontrer un nouvel ami durant leur convalescence, j'ai nommé ce bon vieux "chef-d'oeuvre".
Oui, car même si vous n'êtes pas Suisses, mais que vous connaissez internet, vous l'avez aussi rencontré en ce début d'année, ce bon vieux "chef-d'oeuvre". Grâce au Merriweather Post Pavilion d'Animal Collective dont je vous parlais hier, plusieurs de mes confrères sont venus toquer à sa porte pour le tirer de sa retraite (qui datait, au choix, de la sortie du premier MGMT, du dernier Portishead ou du premier Fleet Foxes). A ce rythme, il faudra à peine attendre plus loin que février pour que l'un d'eux ait l'idée de réunir tout ce petit monde à l'occasion de la sortie du "méga-chef-d'oeuvre événementiel" de... (à vous de compléter selon votre dose de cynisme).
Ces vaines considérations passées, laissez-moi vous raconter un petit bout de mon samedi. Sorti de chez moi avec la ferme attention d'acheter des disques, je suis rentré avec sous le bras le double-vinyle d'Animal Collective (Merriweather Post Pavilion donc) et la réédition de Rock Bottom de Robert Wyatt. Et bien, croyez-moi ou non, j'avais un chef-d'oeuvre dans mon sac. Si je me fiais à l'usage post-moderne de ce vocable, je pourrais compléter cette phrase par un "seulement" de rigueur. Mais comme mon dictionnaire est de la vieille école, je me tairai, me contentant d'apprécier ce genre de disque rare, précieux et en un sens unique, qui font les chefs-d'oeuvre. Merriweather Post Pavilion est un bon disque. Un très bon disque même, diront certains. Mais Rock Bottom est un grand disque. Et je ne parle ni de taille, ni de méga-de-la-mort-qui-tue.




























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