Circulez, y a rien à voir! Scène de crime, sang sur le dancefloor et visages gênés: Franz Ferdinand part dans le décor en tentant de se renouveler.
Je l'avoue sans honte, j'ai toujours eu un petit faible pour Franz Ferdinand. Vintage et ramassées, les chansons du groupe de Glasgow faisaient mouche sans prétendre réinventer la roue. Rien de bien original, mais une efficacité suffisante pour séduire, malgré un petit air roublard plus frappant encore sur un deuxième album longuet, qui évitait toutefois la redite grâce à quelques menues variations bien dosées (un peu de pop sur Eleanor Put Your Boots On, un brin d'héroisme sur Outsiders, quelques synthés sur Do You Want To).
Dans cette logique, le troisième album n'aurait dû être qu'une formalité. Mais voilà, entre volonté de faire monter la sauce (les écoutes at home de l'album en exclusivité) et bricolages musicaux annoncés (le groupe racontant fièrement avoir utilisé des os humains pour certaines percussions, wouaw...), Franz Ferdinand débarque dans la peau d'un géant pop, prêt à conquérir charts et Hall Of Fame. Et ce costume-là est un peu trop grand pour les quatre Ecossais. Ou du moins leur fait-il un sale look.
Dès sa triplette d'ouverture, Tonight: Franz Ferdinand laisse en effet sceptique. Exit les guitares tranchantes, Franz Ferdinand préfère cette fois-ci des synthés et autres ronronnements électroniques. Le problème c'est que les limites mélodiques du groupe s'avère plus criantes que jamais une fois rhabillées de ce canevas synthétique tiédasse et mi-tempo. Pire, des titres potentiellements intéressants - à l'image de Send Him Away et ses diverses mélodies répétées - tombent rapidement à plat, victimes d'une production cheap, entre synthés de poche et percussions plates.
La suite de l'album ne parvient jamais à redresser le cap, même si quelques titres tirent leur épingle du jeu (le plutôt réussi Bite Hard, renouant avec l'efficacité passée). Franz Ferdinand patauge entre réminiscences d'une new-wave FM et égarements dignes de l'euro-dance du début des années 90, le tout sans trouver la malice nécessaire pour retourner la situation à son avantage. L'inspiration s'est tarie. A tel point que l'album se termine en roue libre complète, de l'insupportable Can't Stop Feeling (digne du Europop de The Divine Comedy) à la ballade Katherine Kiss Me (variation acoustique autour du No You Girls qui ouvrait l'album, c'est dire la panne d'idées). Sans parler de la pénible seconde partie de Lucid Dream, pseudo-bidouillage électronique de près de quatre minutes, inutile et sans le moindre intérêt.
Album pour tiroir-caisse - que d'aucuns annoncent déjà comme primordial pour la comptabilité 2009 de Domino - Tonight: Franz Ferdinand rappelle que souvent, lorsqu'un groupe prend du poids, c'est surtout du gras. En tournant le dos au sacro-saint guitare/basse/batterie, Franz Ferdinand se perd dans un maelström pop de mauvais goût, calibré pour conquérir les charts et se lover entre Coldplay et Muse sur le trône des top-leaders actuels de la pop-music. On l'y abandonnera volontiers.


























Même si on n’est absolument pas fan, le pire, c'est qu'on a quand même envie de l'écouter pour s'en persuader. Pour savoir si effectivement, c’est si mauvais que ça. Du coup, l’opération tiroir-caisse risque de quand même fonctionner.
N.
PS: Dommage, la pochette est très belle.
Rédigé par : Natea | 26/01/2009 à 10:44
Les Sparks, ça vous dit quelque chose? A eux à coup sûr, en tous cas...
Rédigé par : Fauve | 26/01/2009 à 12:03
@ Fauve:
Bien vu!
Rédigé par : Christophe | 26/01/2009 à 12:50
Je suis pas totalement d'accord, mais y'a pas mal de vrai... Je vous trouve quand même un peu dur. La base reste efficace, même si c'est pas grâce aux artifices qu'ils ont rajoutés. Je regrette surtout qu'ils en soient pas restés à ce qu'ils faisaient si bien. En tous cas, effectivement, le tiroir-caisse de Domino sera quand même plein...
Rédigé par : Nicolas Maradan | 26/01/2009 à 14:39
@ Nicolas Maradan:
La base reste souvent la même, oui, mais perd souvent en efficacité quand même, à cause de ces artifices très très cheap. Enfin, c'est mon sentiment...
En passant, j'ai lu votre article dans "La Liberté", si je me rappelle bien, et je me demandais d'où vous teniez ces rumeurs annonçant Domino comme une potentielle 5ème major. J'ai tout de même l'impression que le label reste loin derrière tant dans son fonctionnement que dans son catalogue, ne serait-ce que pour son faible poids commercial, aux Etats-Unis surtout.
Rédigé par : Christophe | 26/01/2009 à 15:28
Pas encore écouté l'album, mais le single était franchement pas terrible...
Synthés et bidouillages dansant comme tout le monde, mais l'album précédent ayant été beaucoup critiqué, ils ont sans doute voulu évoluer...
Rédigé par : lyle | 27/01/2009 à 09:24
Et mine de rien, plus que j'écoute ce cd, comme ça seul dans la voiture, plus je trouve qu'il file la pêche, même si ça n'a jamais été un critère de qualité. Pour Domino, c'est sûr qu'il reste encore du chemin (et heureusement, ça préserve un peu l'esprit originel) mais dans les habitudes commerciales, ils commencent un à se prendre pour une major (même si je n'ai pas eu droit aux écoutes à domicile...)
Rédigé par : Nicolas Maradan | 28/01/2009 à 15:29
Je l'ai acheté en édition limitée (on parlait d'opération tiroir caisse, non ?). L’espace d’un instant, je me suis vu faire le ménage là-dessus... ça c'est pour le côté "file la pêche"… il en faudra plus.
Car côté musique, tout tombe à plat. Le tempo semble comme inadapté, comme s’ils voulaient aller moins vite pour donner l’impression de faire un truc plus posé et inversément. C’est frappant sur « Twilight Omens ». Cette chanson est assez représentative de l’album : La base – et la patte – est là, mais s’essouffle, la voix ne convainc pas et semble étouffée par tout ces arrangements. Et cette fin de morceau qui arrive, là comme ça. Soit ils n’en ont pas trouvée, soit ils ont essayé et rien n’a fonctionné. Par contre, les débuts de chanson sont assez bien. Finalement, ils sont passé à côté.
En plus, je ne sais pas si c’est la qualité de ma sono, j’en doute, mais le son semble être loin. Comme un « fosser » que le groupe n’arrive pas à combler. A moins que cela soit moi qui l’ai mis.
Bref… passons !
N.
Rédigé par : Natea | 28/01/2009 à 16:16
Contrairement à l'avis général, j'aime beaucoup "Ulysses".
Par contre, l'album ne vaut pas grand chose, piégé entre des envies de gloire mal assumées et une vague recherche d'une nouvelle identité sonore qui ne mêne nulle part. C'est du comme du Kaiser Chiefs, sauf que quand les Kaiser Chiefs sont navrants, on n'est pas déçu, alors que là, si, hélas.
Rédigé par : Julien | 29/01/2009 à 14:49
Je ne suis pas d'accord avec vous.
J'ai décreté cet albume comme "Meilleur album de l'année 2009"
Rédigé par : Greedo | 11/03/2010 à 16:34