Pop & Dance Quelques rondelles de citrons posées sur une fresque façon Pollock: Manchester est le toit du monde à la fin des eighties.
"This is simply the best debut LP I've heard in my record buying lifetime. Forget everyone else. Forget work tomorrow." Elogieux à l'extrême, ces quelques lignes de Bob Stanley taillent un costard peut-être exagéré au premier album des Stone Roses. Ou pas tant que ça. Seul hic, l'article ne date pas du 13 mars 1989 - jour de la sortie dudit album - mais du 29 avril 2007. En 1989, le NME s'était contenté d'un modeste 7 sur 10 pour accueillir ce premier essai du groupe de Manchester.
Si l'on est habitué à entendre le NME crier au génie au moindre riffs poppy d'Albion, on l'est moins à le voir jouer les modérés, voire les timorés. Mais peut-être n'était-ce là qu'une réaction à l'incroyable campagne annonçant l'arrivée de ce premier Stone Roses, intronisé dernier espoir et Messie rock d'une décennie foulée au pied par le hard-rock FM, la new-wave pour salons de coiffures, l'euro-dance naissante ou encore les premiers boys-bands.
Vingt ans plus tard, force est de reconnaître que la puissance du buzz est proportionnelle à la survivance de cet album. A-t-on jamais fait mieux depuis en Angleterre? La question mérite d'être posée. Plutôt que de braquer les Beatles, les Jam ou The Coral, les Stone Roses sont parvenus à organiser un festin plus original, variée et relevé à la fois, célébrant les noces inattendues de la pop et du groove. Et puis, un album qui commence par I Wanna Be Adored et se termine sur I Am The Resurrection, tout en taquinant la vieille reine au milieu, ça ne peut être qu'un grand album.




























Un disque mythique, en effet... Oasis tentera de faire de même quelques années plus tard, mais n'est pas Ian Brown qui veut...
A noter que cette mise à mort de la reine se fait sur la mélodie exacte d'un grand tube de Simon & Garfunkel, "Scarborough Fair", lui-même inspiré d'un air traditionnel...
Rédigé par : Fauve | 07/01/2009 à 09:35