5 Alain Bashung - Bleu pétrole (Barclay/Universal)
Revenu des expérimentations, Bashung se réconcilie avec le format chanson et la joue Cash. Soutenu par le maître d'oeuvre Gaëtan Roussel, il pose les contours d'un folk en français, réponse inspirée et légère au robinet variété. Quant aux francs-tireurs qui l'accompagnent - Manset, Méliès, d'Anvers ou encore M Ward - ils mettent leurs armes à son service, terminent de façonner ce nouvel univers.
4 Micah P. Hinson & the Red Empire Orchestra - s/t (Full Time Hobby/Musikvertrieb)
Il
n'a que 27 ans, mais sa voix en paraît trente de plus, à l'image d'un
parcours de vie en marge (drogue, prison, exil). Pas étonnant que son
Americana soit aussi sombre alors, adepte de valses tristes et
lancinantes où arrangements délicats et sursauts plus bruts se
complètent à merveille. Habillées ou rachitiques, les mélodies de Micah
P. Hinson content un Far West sépia et déchiré.
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3 Dodos - Visiter (Wichita/Universal)
Économe de moyens, brut niveau sonorités et limpide dans ses mélodies, le cocktail de ce duo de San Francisco doit autant à la scène anti-folk qu'à la longue histoire du blues ou de la pop. Bancales en apparences, voire maladroites, les chansons de Dodos sont en réalité de parfaites petites mécaniques, où se mêlent pastorales enfantines et fulgurances déglinguées.
2 Bon Iver - For Emma, Foreve Ago (4AD/Musikvertrieb)
Sorti en auto-production à l'automne 2007, cet album aura offert un bon
hiver à quelques happy fews, avant de connaître une deuxième vie grâce
à Jagjaguwar, puis une troisième avec 4AD. Peu importe au final, tant
le songwriting aérien et hanté de cet Américain s'impose comme l'une
des plus belles découvertes du genre depuis Elliott Smith au moins,
entre virtuosité et singularité.
1 Portishead - Third (Islands/Universal)
Dès la première écoute, l'évidence s'est imposée: ce retour n'avait rien de retrouvailles. Plus agressif et tranchant que jamais, Portishead refuse de ressusciter le trip-hop et explore de nouveaux territoires, entre cold-wave et post-punk, Silver Apples et Suicide. Le tout pourtant sans perdre l'équilibre fragile entre canevas sismique et mélodies limpides, à l'image de l'incroyable Magic Doors.




























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