Par Alexandre @ Mr Lex
Comment imaginer, rien qu'une minute, un voyage sans se déplacer? Jusqu'à là je n'en avais aucune idée. Maintenant que je suis tombé sur Moriarty, cette bande de joyeux lurons férus de jazz, de blues ou encore de country; je comprends le mot voyage d'une autre manière. En effet l'album Gee Whiz But This Is A Lonesome Town apparaît comme un carnet de voyage. Chaque musique est une carte postale qui illustre un lieu. L'ensemble est formé de différentes escapades et de rencontres. On tombe sur des voyageurs, des vagabonds ou encore des soldates.
On sympathise tout de suite avec Jimmy, un ami proche de la famille Moriarty. Il nous conte ses aventures, sa traversée de l'Amérique sauvage tout en nous cédant qu'il veut de suite repartir. Il décrit aussi les voyages des Moriarties, en particulier ceux de Madame. Il prend les reines du récit. Il débute celui-ci avec LovelinessE, où il nous confirme mélancoliquement son envie de reprendre sa route. Il poursuit avec l'histoire de Private Lily. On fait connaissance avec une jeune femme de 19 ans désespérée et sans un sous, qui s'enrôle dans l'armée américaine pour financer ses études et voir du pays. Elle part dans une semaine pour la guerre et ne sait pas si elle reviendra. Dès lors elle reprend la suite du récit. Elle se souvient d'une journée passée dans le désert du Nevada, on se repose dans Motel. Mme Moriarty, devenue une femme, épuisée après sa journée passée dans le sable à marcher dans les dunes immaculées est prise d'une soudaine colère. Elle devient colérique lorqu'on lui dit que les animaux ne savent pas rire dans Animals Can't Laugh. Après la tempête Mme Moriarty semble vouloir nous concéder son amour pour le vagabondage. Par Cottonflower, la plus belle de toutes ses confessions, elle démontre son amour pour la liberté et la Nature.
Puis vient Whiteman's Ballad ou la rencontre d'un riche homme blanc. À son tour, il reprend le récit et nous emmène en Asie, dans le pays de Tagone-Ura. Il amène de cette manière une touche de fragilité, de sensibilité et de tendresse à l'histoire. Il ne s'arrête pourtant pas là, mais se rappelle d'une soirée passé à contempler le coucher du soleil un Fireday. Une anecdote presque électrique, une fusion entre la beauté acoustique d'une fille asiatique et la froide électricité d'une fille russe. Oui, il se souvient, c'était sur Oshkosh Bend, un soir d'hiver, il faisait froid et il se retrouvait abandonner seul avec sa conscience. Mme Moriarty termine avec une marche entre la tristesse du retour à la réalité et le bonheur de retrouver sa famille dans Jaywalker.
Ces récits de voyages permettent à l'oreille de trouver un apaisement total. À mon tour je me rappelle ce soir d'été, où j'ai rencontré ce fameux Jimmy. Une flamme brûlant dans ses yeux, l'espoir d'une enfance et d'une simplicité retrouvée après de nombreuses péripéties. Maintenant, cette envie de découvrir sans cesse de nouvelles régions, brûle aussi dans mes yeux et a éveillé ce qui me reste de nostalgie. Mme Moriarty, avec sa voix d'ange voyageur, redonne de l'espoir à mes bagages. Ses notes ne s'écoutent pas simplement, mais elles se rencontrent et se racontent de générations en générations. Oui, se sont les accords du voyage qui résonnent dans cet univers sauvage des Moriarties.
Moriarty
Gee Whiz But This Is A Lonesome Town
Naïve/Musikvertrieb


























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