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25/12/2008

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Voici les sites qui parlent de 2008: de la tyrannie de la hype au consensus mou :

Commentaires

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Fauve

D'accord avec toi, amigo, mais j'ai le sentiment pour ma part que c'est chaque année la même chose... On parle de magnifiques albums toute l'année, et quand vient l'heure du bilan, on se range derrière quelques soit-disant passages obligés qu'on a déjà tous oubliés 2 ans plus tard... Pas tout à fait d'accord par contre sur ton opposition Justice-Fleet Foxes... Question de goût, une fois encore, mais si les premiers peuvent agacer, ils ont au moins le mérite de faire connaître au grand public une électro très actuelle que cultivaient sans grand écho médiatique les Français Mr.Oizo ou Jackson. Fleet Foxes, eux, arrivent en queue du peloton du néo-folk baba plus cool du tout, et perso, je trouve ça d'un ennui absolu. Dans le genre, Departement of Eagles n'est dans aucun top ten de ces grands médias, et pourtant l'album est 1000 fois plus intéressant..

Julien

Un grand merci de nous faire partager tes découvertes et ta belle curiosité. Pourvu que ça dure!

Quant au pouvoir de la hype, je ne suis pas convaincu. J'ai plutôt l'impression d'avoir affaire à des clans. Le clan des blogueurs branchés musique, qui écoutent tous plus ou moins la même chose, le clan des critiques mainstream, le clan du grand public, le clan hardos, le clan groove, etc. Chacun a l'impression de détenir la vérité et toise de son mépris les plaisirs musicaux du clan d'en face.

Non, la musique n'est pas une religion révélée. Vive la subjectivité.

Fabrice

La hype n'existe pas, c'est un truc inventé de toutes pièces par les médias pour ne servir que leur image et leur pseudo aura. Il est rarement question de musique dans l'histoire, juste d'évènementiel, d'attirer l'attention d'un grand nombre de personnes et de se situer dans l'espace culturel, bien souvent au détriment des musiciens.
Le cas d'Animal Collective me semble assez exemplaire : un média culturel comme les Inrocks est passé à côté pendant plus de cinq ans (et autant d'albums), puis avec Feels et surtout Strawberry Jam s'est emparé de ce groupe avec un opportunisme assez sidérant, jouant alors, même avec un train de retard, les défricheurs de premier plan. Cela jusqu'à, encore récemment et comme tu l'avais justement évoqué, anticiper avec beaucoup de bruit la prochaine sortie (genre on sera les premiers à vous dire que ce nouvel album est un chef-d'oeuvre, rentrez-vous le bien dans la tête, dîtes le à vos voisins, et bien sûr rendez-nous le bien).
Résultat : Animal Collective est devenu le phénomène hype par excellence, le groupe dont tout le monde parle, dont on doit parler pour être dans le coup, dont il faut parler si on veut garder un lectorat branché... Mais question musique, les Inrocks n'ont rien à en dire, comme de la plupart des musiciens évoqués dans leurs colonnes (à deux trois plumes près). Et voilà comment un des groupes les plus importants de cette décennie finit, à force de surexposition massive et outrancière, par agacer son monde ; voilà pourquoi beaucoup passeront à côté ou n'oseront pas en dire trop de bien de peur de servir dorénavant la hype...

Pour rattacher ces lignes aux bilans de fin d'année, juger de la pertinence des albums en regard de cette hype me semble assez regrettable : les esprits les plus indépendants seraient donc ceux qui élisent des groupes hors hype, les autres tiendraient du consensus mou, j'imagine. Il y aurait d'un côté les rebelles, de l'autre les moutons de Panurge. En fait l'un est l'autre participent de la même logique d'exclusion : on choisit contre. On se positionne pour quelque chose mais contre une autre. Ainsi considéré, le rebelle n'a aucun mérite à choisir son camp, celui-ci est déjà établit, près pour qu'il s'y love sans se risquer à une remise en question. Tout est affaire de principes, belle rigolade quand ceux-ci dépendent d'une ligne de démarcation complètement artificielle, et si éloignée de la musique en tant que telle.

Personnellement, je me fiche de savoir si les Fleet Foxes font ou non partie de la hype. je veux dire qu'ils soient adorés ou ignorés n'influence en rien mon jugement (un excellent groupe, qu'il est très réducteur de cantonner à la scène néo-folk baba, et dont je ne serais pas surpris qu'il opte pour une tangente artistique lors du prochain opus). C'est peut-être ça la vraie indépendance : n'écouter que soi - quand bien même nos goûts rejoindraient parfois ceux de beaucoup d'autres.

PS : il va sans dire que ces quelques lignes de Noël ne visent personne ici, c'est juste une réflexion que je me faisais, là comme ça, en lisant ce blog.

Christophe

Je crois que nous sommes plutôt d'accord, vous et moi. Je tiens juste à préciser que je ne suis pas de ceux qui vont exclure un disque de leurs playlists parce que tout le monde en parle. Mais je pense que vous l'avez remarqué en lisant mon top albums 2008. Et c'est cela que j'admire aussi dans nombre de blogs et de sites que je cite ou lis.

Ceci dit, ayant reçu le Animal Collective juste avant Noël, je suis au regret de démentir les propos des Inrocks. Il ne s'agit pas d'un chef-d'oeuvre, loin de là. C'est peut-être même l'album le moins intéressant du groupe depuis un moment. Même s'il contient 2-3 des meilleurs morceaux composés par Animal Collective.

François


Bon le classement de Pitchfork se tient, mais ce que je trouve incroyable, surtout de leur part, sont les 20 albums qu'ils classent dans "Honorable Mention".

Ils s'expliquent ainsi:

"they're albums that for a variety of reasons-- including, but not limited to, the genre in which they work, a lack of widespread distribution, the relative lack of chatter they inspired this year (including in our pages, in some cases)-- don't tend to show up in year-end lists from large music publications."

Quand on sait que parmi ces albums il n'y a pas les plus inconnus: Dodos, Why?, Women, Abe Vigoda, Calexico, Department of Eagles, Sun Kil Moon, ou Jay Reatard...

Assez étrange, donc.

Christophe

Ouais, c'est un peu du foutage de gueule ce sous-classement made in Pitchfork. Mais bon, ils ont au moins eu le bon goût de revoir à la hausse le Portishead pour le hisser à la seconde place du classement "normal".

Quant à moi, la chose qui me dépasse, histoire de rebondir sur la discussion lancée ici, c'est pourquoi Foals est si peu cité, alors que Vampire Weekend, MGMT, Fleet Foxes et TV on the Radio se bousculent sur les divers podiums? Vous allez m'engueuler, mais je crois que c'est encore une question de hype... Pitchfork l'a descendu en flammes, Les Inrocks n'en ont pas fait une couverture et les médias généralistes sont passés largement à côté, faute d'avoir reçu un CD promo (en Suisse du moins).

leMik

Loin de la hype c'est le top 88 de emusic et son no 1 The '59 Sound par The Gaslight Anthem !?. Vous en aviez entendu parler ?

Fabrice

J'avais aussi remarqué cette absence du Foals, assez étonnante en effet. Une autre formation qui me semble incroyablement sous-estimée dans les mag papier, c'est Shearwater, sans doute pas assez fashion pour les Inrocks qui ne le citent même pas dans leur top 50, il me semble à tout le moins.

Christophe

Non seulement Les Inrocks ne cite pas Shearwater (l'album eut droit en son temps à une modeste chronique du type "Wouaw, génial ce petit groupe qui fait des jolis petits disques alors qu'on ne pense pas à lui"), mais même Pitchfork le classe en toute queue de son top 50.

Mais bon, si on change le mot "hype" par le mot "norme", cela explique pas mal de chose. Un groupe folk qui cite Talk Talk dans le texte est un peu "hors norme". Comme les "honnorables" de Pitchfork.

Quant à The Gaslight Anthem, jamais entendu parler. Un nom de plus au programme de 2009.

Kiri

Les critiques musicaux devraient en faire, de la musique, ça soulagerait pas nos oreilles, mais ça éviterait pas mal de vacuité.

C'est de la masturbation ces top machin et ces questionnements sur qui devrait être dans telle ou telle liste...

Vous parlez tous de hype et de leur mode de fonctionnement et vous reproduisez la même chose à votre échelle. Libérez-vous.

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