Girl next door A l'image de chansons aux airs de rien mais dont le charme s'insinue dans la mémoire avec un naturel désarmant.
Bizarrement, il y a parfois des artistes à côté desquels on passe constamment. On connaît le nom, mais l'image qui va avec n'est pas prompte à attirer. Et parfois on se trompe. Au bout de quelques discussions où son nom revenait avec une certaine récurrence, je me suis décidé à jeter une oreille au dernier album d'Emilíana Torrini, Me And Armini. Et je me suis rendu compte que l'image que j'en avais était fausse.
La chanteuse islandaise ne navigue plus en eaux électroniques depuis belle lurette. En eaux 100% électroniques du moins. Elle préfère aujourd'hui des étendues pop, qu'elle conjugue sur un mode acoustique. En une formule: la Björk bis est devenue une musicienne attachante, que l'on a envie d'aimer.
Me And Armini comblera parfaitement cette envie nouvelle. Frais, varié, libéré, ce sixième album est un bijou rempli de charme. Et celui de me faire aimer une chanson à consonance reggae n'est pas le moindre. Le titre éponyme parvient en effet à concilier mélancolie douce et rythmique pavlovienne, sans pour autant sombrer dans les travers du genre auquel il emprunte.
Pour le reste, l'album frappe par sa capacité à varier les genres, sans s'égarer pour autant. Si les ballades d'inspiration pop-folk représentent le gros de l'ensemble, quelques écarts sont là pour débrider l'édifice. Et pour réjouir l'auditeur. Tel l'obsédant Jungle Drum, comptine entêtée où le coeur d'Emilíana bat la chamade, tandis que ses lèvres n'ont qu'un mot, "Kiss! Kiss! Kiss!". Ou encore le malsain Gun, dont le jeune Tricky (celui qui faisait encore de bons disques) n'aurait pas renié la basse hantée et tendue. Album frais et varié, Me And Armini est un petit plaisir pop qui ne paie pas de mine mais dont on aurait tort de se priver.
Emilíana Torrini
Me And Armini
Rough Trade/Musikvertrieb





























Le précédent album, "Fisherman's woman", était déjà en rupture avec l'electro-pop de "Love in the Time of Science", le disque paru en pleine vague trip-hop qui l'a fait connaître. Emiliana Torrini optait pour des vignettes folk intimistes, sobres et délicates. Et quittait en même temps la major Virgin pour Rough Trade...
Rédigé par : Joel | 03/11/2008 à 10:54
J'aimais beaucoup son premier disque. J'ai zappé le deuxième. Et j'aime bien son petit dernier. Je souscris à ce que tu en dis.
Rédigé par : sylvain | 03/11/2008 à 23:41
Je suis tombé sur votre blog par l'intermédiaire de google alerte. Je me suis donc empressé de lire votre review. Je suis assez d'accord avec ce que vous avez dit même si sur votre conclusion, je suis un peu plus enthousiaste que vous en disant que cet album est certainement son plus abouti jusqu'à maintenant. Emiliana va d'ailleurs continuer dans cette direction sur son 4ème album. Oui 4, car vous avez mis 6ème album et j'ai du mal à comprendre... Me and Armini est son 3ème album solo en fait.
Vous pensez peut-être aux albums "Spoon", "Crouçie d'où là" et "Merman" qui ne sont pas en fait des albums à proprement parlé. Emiliana en tout cas ne veut plus en entendre parler... ^^
En tout cas merci d'avoir parlé d'elle, ca fait toujours plaisir de voir des gens s'interresser de près à cette chanteuse talentueuse et attachante.
PhilouMinety,
www.emiliana.nu
Rédigé par : PhilouMinety | 04/11/2008 à 06:45