De dos dans un coin Le discret Peter Broderick voyage en solitaire cette année, entre miniatures instrumentales et folk dépouillé.
A chaque rentrée, les disques s'accumulent. Et comme je suis curieux, j'en empile plus que de raisons. Commandes aux labels, visites aux distributeurs, achats en magasins et sur le net, les rondelles se multiplient et je n'arrive pas toujours à suivre (et encore, je ne vous parle pas des téléchargements qui dévorent le bureau de mon PC). Certains disques restent ainsi longtemps dans l'antichambre d'une écoute, voire pour toujours parfois. Mais je ne les oublie pas pour autant.
La semaine dernière, j'ai reçu un bref e-mail d'un ami. Sujet: écoute ça! Contenu: un lien MySpace. Comme cette personne est la même qui m'avait fait parvenir le premier album de Sophie Hunger, j'ai immédiatement cliqué. Et dès l'arrivée sur le site, j'ai reconnu la pochette, dessin naïf d'une ferme plantée dans un bout de clairière. Un petit tour dans ma pile "Disques de l'automne en attente" et je l'avais dans les mains. Home de Peter Broderick. Un tour sur le site du label plus tard et mon oeil tombait sur une autre pochette familière. Hop, un saut dans la pile "Disques oubliés du printemps" et je retrouvai Float du même Peter Broderick. Deux disques sauvés, donc. Deux disques en une année aussi. L'histoire me rappelle celle de Loney Dear l'année dernière. Mais l'univers diffère clairement. Peter Broderick est américain, ancien membre de Norfolk & Western et on a pu l'entendre récemment sur scène aux côtés d'Efterklang ou sur les disques de Library Tapes et She & Him. Cela fait beaucoup de collaborations et autant de directions musicales. Ce qui explique peut-être le besoin d'enregistrer deux albums en solitaire, presque coup sur coup.
A ma gauche, Float, recueil de dix miniatures instrumentales, sorti sur l'exigeant label TYPE. Homme-orchestre, Peter Broderick y multiplie les instruments, passant avec naturel du piano aux violoncelle, de l'accordéon au banjo. Malgré cet attirail, on est loin ici des ritournelles faciles ou obstinées d'un Yann Tiersen. Les thèmes mélodiques évoquent plutôt Max Richter, tandis que l'utilisation des cordes ou de field recordings renvoie à Rachel's (notamment aux ambiance du très bel album Systems/Layers). Mélancolique mais empreint d'une fragile fraîcheur, Float distille un charme léger à la simplicité feinte.
A ma droite, Home, recueil de dix ballades d'inspiration folk, sorti sur le sympathique label Bella Union. Si le fantôme de Simon & Garfunkel plane sur ces chansons, l'image est à prendre au pied de la lettre. Un voile spectrale semble en effet flotter sur la plupart des titres, portés le plus souvent par la voix de Broderick et sa seule guitare acoustique. Les mélodies ont des airs de pastorales, mais leur tonalité prend rapidement des teintes grisâtres, portant en elle une fêlure qui évoque Elliott Smith, tandis que la voix se fend en échos fugaces, à la manière de Bon Iver.
Différents dans leur forme et leur champ musical, ces deux albums dévoilent une même maîtrise d'écriture, tirant des atmosphères denses d'une instrumentation épurée. Jusqu'à se rejoindre sur Sickness Bury, chanson plantée au milieu de Home dont le canevas instrumental initial accouche d'une ballade hantée. En deux disques et deux saisons, Peter Broderick s'impose comme un musicien précieux, à suivre de près dorénavant.
Peter Broderick
Float
TYPE/Namskeïo
Peter Broderick
Home
Bella Union/Irascible





























on pourra compléter ces écoutes avec son premier album, un délicieux et fragile solo au piano intitulé "Docile", sorti en début d'année
et avec le dernier album de Horse Feathers, groupe auquel participe Broderick, sorte de folk pastorale mélancolique magnifique (fraichement sortie, le tritre je crois est House with no home, un truc comme ça)
FF
Rédigé par : fabrice fuentes | 13/10/2008 à 14:17
très chouette horse feathers sorti sur kill rock stars (deerhoof, xiu xiu, ...)!!!
Rédigé par : chik | 13/10/2008 à 17:38
Hello,
Merci pour la découverte !! Je viens de commander Float à l'instant... Un bon disque pour l'automne apparemment...
Rédigé par : Mathias | 22/10/2008 à 18:54