Bloom L'ambient pour les nuls, par Brian Eno. Ou comment transformer un téléphone en synthétiseur futuriste.
A quel point Brian Eno s'est-il ennuyé en studio avec Coldplay? Au point d'inventer un programme capable de le remplacer. Oui, j'exagère. Mais je ne peux m'empêcher de lier Viva la vida et Bloom, programme récemment apparu sur iPhone, né du travail du producteur anglais, père de l'ambient, épaulé par le musicien Peter Chilvers.
Qu'est-ce que Bloom, me direz-vous? Une sorte d'ambient pour les nuls. Ou encore un instrument de musique pour les pauvres (enfin, les pauvres qui possèdent un iPhone). Vendu un peu moins de 5 francs, l'application propose de façonner ses propres nappes musicales, par la simple pression de ses doigts sur l'écran de son téléphone. Des bulles de couleurs apparaissent à chaque impact tactile, puis reviennent à cadence régulière, épousant un doux decrescendo selon le mode choisi. Intuitif et aléatoire - une fonction permet en effet de laisser les boucles créées se regénérer selon un mode shuffle - le programme (l'instrument?) permet à tout un chacun de créer ses musiques pour aéroport (ou pour bureau, salon, chambre à coucher, toilettes, selon l'endroit où vous vous ennuyez et cherchez à tuer le temps).
Lointain cousin du Tenori-On, Bloom reste trop proche des sonorités new-age pour totalement convaincre. Mais peut-être est-ce dû à mon statut de débutant dans le genre ambient. Néanmoins, il démontre la capacité de Brian Eno d'être en phase avec son époque. Car plus qu'une adaptation mercantile à un marché en pleine expansion (celui des applications pour iPhone), Bloom participe d'un mouvement qui devrait croître avec le temps: le détournement des objets de loisirs. Comme The Notwist qui bidouille des manettes de Wii sur scène, Eno transforme un téléphone bourré de gadgets en instrument de musique, préfigurant le sort que les mômes d'aujourd'hui réservent à leurs jouets pour demain. A l'heure des Rock Band et autre Guitar Hero, je ne serai pas étonné que le futur des musiques électroniques passe par des guitares en plastique.




























Ouais...
En fait, c'est un peu du "Controllerism pour tous" non?
Cette nouvelle tendance qui accorde bien plus d'importance à comment tu fais de la musique plutôt qu'à la musique que tu fais.
En l'occurrence, détourner tout ce qui te passe sous la main, morceaux de claviers midi, jouets électroniques, contrôleurs de jeux vidéos et les transformer en "instruments de musique".
En fait, le trip, c'est de réussir à piloter ton hardware depuis n'importe quel support externe.
Si tu n'es pas un peu geek dans l'âme, c'est vite pète-couilles.
Une des stars du genre s'appelle Moldover.
Je vous laisse le googeliser...
Quant à Brian Eno, petite forme on dirait, pour s'aventurer dans des projets aussi mous du genou, en plus de travailler avec des groupes plan-plan.
Son vieux rêve de toujours avait autrement plus de gueule!
Plus de détails dans son fantastique "Année aux appendices gonflés" (Serpent à Plumes) où il explique son fantasme d'une musique qui ne serait jamais la même.
Qu'un jour, nos enfants puissent nous dire "Quoi, en 2008, vous écoutiez toujours le même disque, sans jamais aucun changement, et vous ne vous ennuyiez pas?"
Mais bon, on connaissait déjà le côté mercantile du garçon...
Ce n'est sans doute pas par hasard qu'on finit par faire des jingles pour Microsoft!
Rédigé par : Bruno | 16/10/2008 à 09:39
Ben même comme ça, c'est quand même plus agréable à écouter qu'une seconde de Coldplay, non? C'est un peu le système des "windchimes" (ces carillons qu'on met sur notre balcon) adapté à l'ère des nerds... Je n'ai pas de iPhone, mais je sens que ça pourrait m'amuser des heures, ce bidule...
Rédigé par : Fauve | 16/10/2008 à 11:02
@Fauve
oui, mais toi, ça ne compte pas!
T'es tout simplement allergique à Coldplay...
Rédigé par : Bruno | 16/10/2008 à 11:14
Brian Eno, avec David Byrne, a participé à l'invention du sampling sur l'album "My life in the bush of ghosts". 1980 : Ce disque culte est un des first crée à base d'échantillonnage de sons appelé plus tard sampling ! Et le plus fort, en 1980, il imagine un échange d'infos, musicales entre autre, à travers des canaux et cela de manière mondiale. Il parle, sans le savoir, d'internet. Il appelle ça le "Quatrième monde" ! Visionnaire, non !!!
Sur ce, à +++
Rédigé par : Francky 01 | 20/10/2008 à 11:22