Un homme et une guitare Songwriter atypique, l'ex-Third Eye Foundation navigue entre tradition et modernité folk
La première fois que j'ai écouté la musique de Matt Elliott, je débutais dans l'art de la chronique. Le résultat est encore visible sur la toile, un brin académique dans sa forme. Plus que cet essai bavard, c'est une petite phrase à l'intérieur de Drinking Songs que je retiens. Une adresse e-mail en forme d'invitation: si vous avez aimé ce disque, n'hésitez pas à me le dire. Ce que je fis. Une brève correspondance s'amorça entre un Matt Elliott exilé en France et l'apprenti critique que j'étais.
Un peu plus tard, nous nous sommes rencontrés "en vrai", à l'occasion d'un concert lausannois suivant la sortie de Failing Songs. Face à ce grand gaillard sec et ténébreux, aussi entier dans ses coups de gueule que dans son silence, je n'avais finalement pas grand-chose à dire. Nous nous sommes donc contentés de partager un joint en coulisses (une herbe forte, trouvée dans le backstage un peu par hasard). Le concert qui suivit me laissa fascné. Matt Elliott seule sur scène, sa guitare et quelques pédales d'effets, réinventant ses chansons dans une sorte de folk hypnotique entre accents traditionnels et dérives plus composites. Et pour bien faire, le bonhomme ressuscita un coup son Third Eye Foundation en seconde partie de soirée, pour un set au labtop du plus bel effet.
Troisième chapitre cet automne avec Howling Songs, qui clôt cette collection de "Songs", partageant un même univers musical et graphique (les illustrations à l'horreur sépia d'Uncle Vania). A l'image de cette double cohérence, c'est sans réelle surprise qu'on traverse ce nouvel album. Tout juste y découvre-t-on une écriture qui s'est encore raffinée, conviant les fantômes des plaines de l'Est dans des ballets murmurés rêvant de flamenco comme d'élégie. Les choeurs spectraux répondent aux nappes des guitares acoustiques, se taisent parfois le temps de quelques éclaircies où la mélancolie est moins crasse (tel le délicat instrumental Song for a Failed Relationship, peut-être dédié à la France Sarkozy que Matt Elliott a quitté pour l'Espagne). Matt Elliott poursuit son travail d'orfèvre, inventant un folklore sans âge où se mèlent tristesse et rage contenue.
1. The Guilty Song (extrait de Drinking Songs)
2. The Failing Song (extrait de Failing Songs)
3. Song For A Failed Relationship (extrait de Howling Songs)




























Il est parfois très émouvant.
Rédigé par : Esther | 29/10/2008 à 22:19
Les albums "Failing songs" et "Drinking songs" de Matt Elliot sont de véritables perles de folk lunaire et de chansons guinguette au songwriting élégant et raffiné. Cerise sur ce gâteau, la voix de crooner rempli d'émotions et de sensibilité de Matt.
Tu as déjà écouté son nouvel opus "Howling songs", quelle chance ! Le titre que tu as mis en écoute est très beau avec ces arpèges de guitare et cette mélodie émouvante. A écouter en entier.
A +
Rédigé par : Francky 01 | 30/10/2008 à 19:29