Des innocents aux mains pleines Coupables d'avoir su réconcilier variété fréquentable et esprit plus aventureux.
Cela pourrait faire un bonne blague: comment reconnaît-on un bon groupe français de la fin du XXème siècle? Le batteur a un look de vieux. La preuve par Noir Désir (Denis Barthe) et par Les innocents (l'Anglais Michael Rushton).
Cet instant Carambar passé, laissons le rock et parlons de pop. Et ceci même si Les innocents furent punk à leurs débuts, emmenés par le seul JP Nataf. Ambassadeurs d'une variété eighties fréquentable durant sa première décennie d'existence (couronnée par le multi-platiné Fous à lier, second album porté par l'inévitable L'autre Finistère), le groupe lillois (des Ch'tis, donc) a ensuite laissé voir ses affinités pop, tendance britannique, Beatles pour être plus précis. Un horizon qui se ressent aussi bien dans la teinte des mélodies que dans le soin porté aux arrangements ou encore dans les textes, privilégiant musicalité et jeux de mots automatiques en lieu et place des habituelles p(r)oses poétiques. Jusqu'à dévoiler une schizophrénie de plumes, entre JP Nataf et Jean-Christophe Urbain. Un John et un Macca se partageant les succès, entre préciosité inventive et limpidité mélodique (à l'un Un monde parfait, à l'autre Colore, sur Post-partum), avant le divorce successif à un mésestimé ultime chapitre éponyme et quelques divergences au moment de regarder l'avenir.
Aujourd'hui encore, la pop française - ou en français - a rarement fait mieux que Les innocents. Bien sûr, on pourra citer certains disparus glorieux des prémisses de la nouvelle scène (Superflu, Jérôme Minière), des forts en caractère capable de manier la pop à leur façon (sixties chez le Murat de Bird On A Poire, électronique chez le Katerine de Robot après tout) ou encore quelques grands ignorés de notre temps (Arman Méliès ou Barbara Carlotti, tous deux vantés ici il y a peu). Mais aucun n'aura sur à ce point marier pop et variété, jusqu'à faire oublier le douloureux poids du second. Nul n'aura su avancer pareillement, passant d'un bijou de chanson populaire (L'autre Finistère) à un modèle de pop-rock à la française (Un monde parfait) puis au labyrinthe des productions, frôlant le perfectionnisme de ses héros (Une vie moins ordinaire). Retour à l'envers sur ce tiercé gagnant.
1. Une vie moins ordinaire (extrait de Les innocents)
2. Un monde parfait (extrait de Post-partum)
3. L'autre Finistère (extrait de Fous à lier)




























Merci d'avoir redonné ses lettres de noblesse à un groupe injustement oublié. A noter que le premier opus solo de Nataf n'était pas vilain du tout.
Rédigé par : Esther | 22/10/2008 à 21:46
Non la pop françaie n'a pas trouvé de successeurs aux Innocents. C'etait vraiment un excellent groupe. Je viens d'écouter Danny Wilde qui est un des morceaux que je préfère.
Rédigé par : leMik | 23/10/2008 à 21:20