Des garçons dans le vent Mais quand on est en Angleterre, la concurrence est rude. Et la barre placée plus haute encore quand on vient de Liverpool.
Un jour il faudra bien reprendre le livre d'histoire de la brit-pop et jouer aux petits révisionnistes. Enlever des lauriers là où ils ont été trop généreusement distribués (Elastica, Stereophonics, Travis), modérer certains jugements (Oasis n'a pas fait que de bons albums, le Pays de Galles est le pays des Manic Street Preachers) ou encore rendre hommage aux méritants mésestimés (le premier Space, les deux premiers Suede, tous les Supergrass sauf le dernier). Et à ce moment-là, il ne faudra pas oublier The Coral, fier représentant de ce que certains nomment la seconde vague brit-pop.
Parce que comme moi, vous êtes sans doute beaucoup à être passés à côté de ce groupe. Certes, peut-être avez-vous vous aussi aimé Shadows Fall première mouture, avant de déchanter à l'écoute d'un premier album à la production moins convaincante (pour Shadows Fall s'entend). Peut-être même, avez-vous lâché l'affaire ensuite sur un Magic And Medecine trop folkloriquement morriconien pour être honnête. Puis vous vous êtes moqués d'un EP prétendument limité, Nightfreaks And Sons Of Beck, qui fit le bonheur des bacs à soldes durant plusieurs années. Ensuite, vous n'avez même pas écouté Invisible Invasion, produit par Geoff Barrow de Portishead (mais vous ne le saviez pas, car vous n'avez pas lu les notes de pochette, puisque vous vous en foutiez de ce disque). Enfin, vous avez fait don de Roots & Echoes (après une distraite écoute) à votre sympathique colocataire, étrangement fan du groupe (allez comprendre). Et puis vous avez vu la lumière.
Alors oui. Oui, j'ai péché! Je suis passé à côté de The Coral. Mais le récent Singles Collection m'a fait comprendre mon erreur. Car comme le dit Saint-Noël Gallagher, c'est "le meilleur groupe de sa génération, d'un bon kilomètre." Euh... oui... bon, n'exagérons pas non plus. Peut-être le meilleur groupe de Liverpool de sa génération, si on veut à tout prix un slogan. Une jolie ville pop d'ailleurs, qui a connu les Beatles, les LA's et donc The Coral. Et il n'est pas trop tard pour apprécier ce songwriting épique, cinématographique et bien torché. D'autres en tout cas n'ont pas attendu aussi longtemps pour en tirer des enseignements (au hasard, The Last Shadow Puppets). Allez en paix, frères popeux. Vous êtes pardonnés.
(Et la semaine prochaine, nous tenterons de voir ce qu'il y a à sauver parmi les nombreux groupes de brit-pop disparus ou pataugeant dans leur fange, de Menswear à Kula Shaker, en passant par Gene ou Ocean Colour Scene. Ou pas.)
1. Shadows Fall (original) (extrait de Shadows Fall EP)
2. In The Morning (extrait de Invisible Invasion)
3. Jacqueline (extrait de Roots & Echoes)




























Moi aussi j'ai pêché et je tiens, dès maintenant et avant que tu n'en parles, à expier ma faute en me confessant: j'ai une faiblesse, voire un attachement, pour l'album des Menswear... voilà c'est dit !
Rédigé par : François | 17/09/2008 à 22:00
Perso, je suis The Coral depuis leur superbe "Magic and medecine" (2003). Après, dès sa sortie, je me suis procuré "Nightfreak and the son of Becker" (2004) qui était pas mal. Mais en 2005, il enregistre ce grand disque de pop/folk que même Oasis en rêve ne fera jamais, l'immense "The invisible invasion" !
Et en 2007, Le chef d'oeuvre "Roots and Echoes" ! Western pop avec accent Morriconien, folk bastringue, ballades somptueuses, arrangements élégants ! Du très grand songwriting à l'anglaise. Les p'tit gars de Liverpool ont d'ailleurs eux les honneurs de ma playlist 2007 ! Mais moi aussi je passe à coté de bon groupe, c'est la vie.
100 pour 100 d'accord avec les laurier donné avec trop de générosité: Oasis, Travis et bien d'autres...Je veux bien jouer au révisionniste pop avec toi, quand tu veux !!!
A + et salut
Rédigé par : Francky 01 | 21/09/2008 à 22:34