La bête gronde encore Mais les esprits chagrins n'y entendront rien. Le Mogwai nouveau arrive bientôt et c'est de ses deux oreilles qu'il faudra user.
Le bon côté du métier, c'est qu'on n'a pas forcément à courir le net pour trouver de la primeur. Parfois, rester le cul sur sa chaise suffit. Ainsi, The Hawk Is Howling, nouvelle livraison des Ecossais Mogwai, est arrivé bien tranquillement dans ma boîte aux lettres, un mois avant sa sortie, trois heures avant que je parte pour la Finlande (je vous raconterai ça jeudi).
Donc que vaut-il ce Mogwai nouveau? N'en déplaise à ceux qui crachent déjà sur le EP Batcat - et son titre avec Roky "13th Floor Elevator" Erickson - The Hawk Is Howling est loin d'être décevant. J'oserai même avancer qu'il est peut-être le meilleur album du groupe depuis un moment (si on excepte la B.O. composée pour Zidane). Du Mogwai sans fioritures, sans bidouillages trop inutiles, ni démonstrations futiles. Alors bien sûr, The Sun Smells Too Loud est tout sauf réjouissant. Dans le genre, on pouvait difficilement choisir plus mauvais extrait. Car si la boîte à rythmes y patauge tandis que la guitare balbutie ses gammes, les autres titres se perdent nettement moins. Pour peu, Mogwai retrouverait presque la noirceur abrasive de Come On Die Young, grâce à des titres longs en bouche, aux dénivelés subtils et aux crescendi qui se font désirer. Guitares et section rythmique au naturel portent des instrumentaux qui inventent peu mais qui parfont bien. Après, les mois ou les années me diront si j'ai pris une vessie pour une lanterne.
Reste que la rage primitive de Batcat ne fait pas tâche dans les paysages que dessine The Hawk Is Howling. Lourd, entêtant, régressif même, ce morceau sonne comme le jumeau un peu obèse du Glasgow Mega Snake de Mr Beast. Ou comme l'enfant difforme de My Father My King et de We're No Here. C'est gras, ça suinte, mais qu'est-ce que ça fait du bien parfois!




























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