Mogwai - Katrien (live @ Lounge Ax, Chicago, 15.10.1997)
La fureur en costard Onze ans après "Young Team" que reste-t-il de Mogwai?
La tentation d'un étalage lyrique de sa science est claire. Parce qu'en onze ans pas mal de choses ont changé dans ce faux genre dénommé post-rock. Ceci dit, on préférera parler d'un album et d'un groupe. Ou d'une réédition et d'un nouveau disque.
En retard d'un an pour un anniversaire rond, voici donc Young Team réédité onze ans après. Que dire de ce dépoussiérage en règle? Pas grand-chose. Le premier album de Mogwai n'a rien perdu de sa puissance. Tout juste le remastering gomme-t-il les défauts d'une version originelle un brin sous-produite. Pour le reste, Young Team est toujours un petit modèle du genre, entre passages épiques et cathartiques (Like Herod, Mogwai Fear Satan), ambiances planantes (Yes I Am A Long Way From Home, Radar Maker), brûlots imparables (Summer (priority version), Katrien) et même quelques petites plaisanteries bien écossaises (R U Still Into It porté par la voix de l'Arab Strap Aidan Moffat racontant sa journée ou une conversation téléphonique entre deux Mogwai sur Tracy). De ce puzzle naît peut-être un disque clef de l'école post-rock. A voir. Ce dont on est sûr par contre, c'est qu'il s'agit d'un grand disque, évitant les pièges de l'exercice grâce à un savant dosage, du timing aux structures, des ambiances aux larsens.
Ecoutée dans l'ordre, cette nouvelle version de Young Team laisse fatalement déçu à la découverte du second disque. Des titres inédits épars et inégaux (certains tiennent de l'anecdotique, d'autres auraient eu leur place sur Ten Rapid, dans une perspective archéo-chronologique), des lives de qualité et d'intérêt moyens (tel ce Katrien disponible depuis bien longtemps sur le net), mais quelques jolies choses quand même. Young Face Gone Wrong n'aurait ainsi pas démérité sur le Young Team originel, tandis que Honey (reprise de Spacemen 3) vaut pour la ligne d'horizon qu'elle trace entre les morveux de Glasgow et quelques défricheurs (comme I Can't Remember qui évoque "clairement" The Cure). Enfin, on ne boudera pas son plaisir en fin de disque: c'est toujours du bonheur de remuer de la tête sur Mogwai Fear Satan, au concert comme dans son salon.
Au final, on vous conseillera de sauter sur cet album si vous ne l'avez pas, à plus forte raison encore si vous ne connaissez pas (ou mal) Mogwai. Et pour les autres, ça dépendra de votre porte-monnaie ou de votre tendance complétiste (j'en suis, pour ma pomme). En attendant, cette réédition replace Mogwai dans la cour des grands et c'est peut-être bien avant un nouvel album dont le premier extrait laisse plus que sceptique (The Sun Smells Too Loud, à découvrir sur le site de Matador). Les titres annoncés démontrent que le groupe écossais n'a rien perdu de son humour (mention à "I'm Jim Morrisson, I'm Dead"), mais on espère qu'ils ont su conserver leur furia sonique (redécouverte il y a trois ans sur l'énorme Glasgow Mega Snake). A suivre, donc...














Très très décevant le nouveau morceau en effet...
Je ne crois pas que je vais racheter Young Team, mon côté complétiste disparaissant avec la multiplication de rééditions pourvues d'addition plus que dispensables...
Rédigé par: lyle | 07/07/2008 à 08:24
t'en fait pas pour le prochain album... une autre chanson pour te rassurer "Batcat" : http://sickpill.com/articles/mogwai-batcat-ep
Rédigé par: nufo | 07/07/2008 à 10:40