The National Dernier petit tour par le Montreux Jazz Festival pour une soirée où il valait mieux être à l'heure.
Passons d'abord sur la prestation d'Interpol, froide ou fade selon les points de vue. Un groupe égaré, qui semble se chercher entre un dernier album lorgnant vers les plates-bandes d'Editors et un concert aux airs de tribute autiste à une new-wave qui n'en demandait pas tant.
Passons donc sur la tête d'affiche du soir et arrêtons-nous plutôt sur les amuses-bouches, décidément bien plus goûtus. Il fallait arriver à l'heure au Miles Davis Hall, histoire de découvrir les Danois de The Kissaway Trail. Jolie surprise de l'édition 2008 de l'Eurosonic, le groupe signé sur Bella Union confirme, dans une salle peut-être un peu trop grande pour lui. La large scène étouffe un brin l'énergie que peut dégager The Kissaway Trail. Mais ses chansons tiennent le choc, hymnes électriques efficaces et accrocheurs. Comme en janvier, on pense à un hypothétique tribute à Arcade Fire mené par Mogwai. Références, références, mais ces petits Danois n'en sont qu'au début et on attend la suite de pied ferme.
Pour leur part, les Américains de The National ont déjà une jolie discographie au compteur. Quatre albums et deux EP's pour être exact, dont un récent Boxer de haut niveau. Sans surprise, ce sont les titres de ce diamant noir qui font l'essentiel du concert. Fake Empire, Mistaken For Stangers, Brainy ou encore un imposant Squalor Victoria en ouverture. Plus en forme que lors de leur passage au Romandie ce printemps - même si le chanteur Matt Berninger semble éthyliquement vascillant à nouveau - le groupe oscille entre ambiances à l'âcre mélancolie et coups de sang bienvenus. Le tout soutenu par une section cuivre qui rehausse encore les débats.
Maîtrisée autant que magnétique, la prestation convainc, même si (encore une fois) on regrette la taille de la salle. Avec son songwriting classieux et crasseux, The National appelle un cabaret fantasmé, mi-velours, mi-cuir, plutôt qu'un écrin à la neutralité vertigineuse. Malgré cette réserve qui empêche la magie d'être totale, le concert hypnotise les spectateurs, pris dans le spleen électrique d'un groupe à la fois héritier des Bad Seeds de Nick Cave et des Tindersticks des débuts. La ferveur est là mais ne suffit pas à offrir un rappel pour The National. Dommage, tant le groupe paraît à son sommet. Mais ce soir, la tête d'affiche a pour nom Interpol et on fait bien d'aller voir ailleurs.
Photographies: © Daniel Balmat © Montreux Jazz Festival Foundation


























Ah la débâcle scénique d'Interpol... pourtant ce groupe ne me laisse pas insensible sur disque... J'en parle ici : http://parlhot.over-blog.com/article-7295528.html
Pour ce qui est de The National, dignes héritiers en effet de Nick Cave et des Tindersticks, et des Smiths j'ai envie de dire, je les aime beaucoup, sur disque comme en live. J'ai interviewé leur chanteur, ça se passe là : http://parlhot.over-blog.com/article-7357625.html
Rédigé par : sylvain | 20/07/2008 à 03:00