The Gossip vs. The Kills Au grand jeu du buzz, la très soul Beth Ditto n'a laissé que des miettes à la poseuse VV.
C'était l'affiche "fashion" de la quinzaine montreusienne. Rien qu'à voir les looks parmi les spectateurs. Reines des magazines musicaux ces derniers mois, VV de The Kills et Beth Ditto de The Gossip partageaient la scène, dans l'ordre inversé de leur tournée commune de ce printemps. Ce qui était plutôt bien senti.
Aux Kills l'honneur de tirer les premiers et on ne se retiendra pas pour parler de pétard mouillé. Prisonnier d'un buzz qu'il ne désirait pas forcément, le duo anglo-américain assure le set, sans plus. Elle, joue la rockeuse hautaine. Lui, le gratteux autiste. Pour le reste, une boîte à rythmes assure l'habillage des arrières-plans. Le tout ne parvient jamais à dépasser sa formule minimaliste, peinant même à retrouver les quelques variations électroniques entendues sur disque.
Service minimum donc, mais qui suffit à faire illusion. Dans la salle on tape des mains. La guitare vrombit juste comme il faut. La voix à ce petit souffle de glamour trash. En somme, c'est un concert de rock. Juste un concert de rock. Répétitif, plutôt académique, à cent lieux d'un duo comme les White Stripes. Pas de quoi s'en relever la nuit.
Ce premier bilan inquiète au moment de découvrir The Gossip. La hype n'est elle faite que pour retomber? Non catégorique de Beth Ditto et son groupe dès l'entrée sur scène, démarrant en trombe sur une reprise des Talking Heads. La voix soul et criarde, la rythmique disco tendance martiale, le riff punk acéré et minimaliste, The Gossip évoque un Blondie pour le XXIème siècle. A une Betty Boop blonde répond une Cléopâtre XXL, mais la lubricité est la même, mi-sexy, mi-sulfureuse.
La suite du concert joue de la même palette. Mais quand The Kills se perd dans un sentiment constant de rewind-play, The Gossip avance, déboule ou explose. La différence tient en deux mots: Beth Ditto. La diva et son groupe ont plusieurs années d'anonymat dans les jambes. Ils savent donc gérer le buzz. Ou s'en foutent. Comme lorsque la reine de la soirée ose un Hey, That's No Way To Say Goodbye a capella, piqué au nez et au sourire d'un Leonard Cohen déjà sacré roi du Montreux Jazz.
En un peu plus d'une heure, The Gossip offre un concert plein de sueur et d'âme. Le public tape des mains à nouveau. Mais il y a une autre ferveur. Beth Ditto le sait, elle qui descend dans la fosse pour un unique rappel, Standing In The Way Of Control, déclanchant un mouvement sismique les bras levés. La petite bombe de l'Arkansas joue des coudes coincée dans les premiers rangs, scande son hymne l'air de rien, avant de remonter sur scène et de disparaître. La sortie manque de grâce, diront certains. Mais quel panache!
Photographies: © Daniel Balmat © Montreux Jazz Festival Foundation


























Rhaaaa, mais merde...
J'ai loupé Gossip, j'y crois pas ! Je l'ai pourtant LU, ce programme du Montreux. Sauf qu'à l'époque, j'étais pas encore tombé sous le charme de ce groupe hallucinant :-)
Je connais uniquement le dernier album, mais putain qu'il est bon :-) Presque ce que j'ai entendu de meilleur, depuis la fin de Nirvana et Chokebore... (en rock pur, entendons-nous bien)
Rédigé par : Crunch | 12/07/2008 à 15:49
The Bellrays est meilleur que ces deux groupes réunis !
Rédigé par : saab | 15/07/2008 à 13:26