Oiseaux majestueux Ce Shearwater-là délaisse les rivages, pour survoler les océans fréquentés par Mark Hollis.
Attention, disque d'exception! Si Portishead s'est emparé de la première moitié du printemps, Shearwater fait sienne la seconde partie, avec une évidence tout aussi forte. Une écoute de Rook suffit en effet à comprendre qu'on est en face d'un disque rare, un album naturellement au-dessus de la mêlée. Que dis-je! Un seul morceau suffit. Avec son ouverture dépouillée - piano/voix pour un exercice évoquant immédiatement Mark Hollis et les derniers albums de son groupe Talk Talk - On The Death Of The Water pose un climat intriguant, fissuré soudain d'un fracas de guitare électrique, pour une deuxième partie plus imposante, mêlant électricité martiale et arrangements sismiques. Le tout retombe sur ses pattes en fin de piste, retrouvant la structure au piano pour une séquence aérienne et épurée.
La suite reprend ce canevas initial pour l'explorer plus en détails, alliant parfaitement écriture subtile et production d'envergure. Rooks sonne comme une ballade rock idéale, gagnant en ampleur dans un crescendo mesuré avec l'apparition de nouveaux instruments, jusqu'aux cuivres lumineux et aux backing vocals du refrain. Renouant avec une veine plus impressionniste, Leviathan, Bound joue d'un charme suranné et amplifié - clavecin, cordes et xylo pour la mélodie - écrin parfait pour une voix qui évoque toujours plus Mark Hollis. Le songwriting de Home Life suit presque naturellement, esquissant une averse grisâtre, de quelques notes de piano pour la bruine, aux plic-ploc des percussions dans les flaques. Lost Boys referme cette première moitié d'album - la division est clairement marquée sur la pochette arrière de l'album - ballade hantée par des arrangements qui oscillent entre parures et parasitages légers.
Je vous ferai grâce d'un commentaire similaire pour les cinq derniers titres. J'ai surtout l'impression de divaguer, de me laisser porter par la musique, puis distraire par les images qu'elle éveille en moi. Disons simplement qu'à la manière d'Okkervil River l'année dernière - les deux groupes partagent plusieurs musiciens - Shearwater est en état de grâce sur ce nouvel album, parvient à tirer le meilleur de sa formule. De la délicatesse des arrangements (cordes, cuivres, bois) à l'apport de sonorités moins attendues (guimbarde, xylophone), des bourdonnements des guitares à la perfection des percussions, d'un songwriting sans esbroufe à une voix au lyrisme maîtrisé, tout fonctionne sur un album dense et concis à la fois (tout juste 35 minutes au compteur).
Belle surprise de cette fin de printemps, Rook (la tour) est un impressionnant édifice, en haut duquel le bâtisseur Jonathan Meiburg approche les ambiances des derniers Talk Talk. Et soudain on saisit l'homme à oiseaux de la pochette, réponse d'un ornithologue-chanteur (Meiburg) à l'arbre à oiseaux du Laughing Stock de Talk Talk.
Shearwater
Rook
Matador/Musikvertrieb





























Il sera dans mon top 10 2008! même très bien placé! et pour ceux qui découvrent ce groupe sur cet album....la maison de disque à ressorti le 1er album Palo Santo en édition deluxe! (indispensable).
Rédigé par : Sylvain le suisse | 16/06/2008 à 09:18
Fouille ouille ouille...
Quelle claque mes amis!
J'ai acheté ça vendredi, et je n'en suis toujours pas revenu.
ça risque même de mettre un sacré moment!!!
Tout simplement un pur joyau, loin des petites tendances à la mode du moment, juste de la musique, riche d'idées et d'émotions.
PS : et le look "Spinal Tap" du batteur est absolument grandiose...
C'est décidé, je me fais pousser la crinière et la moustache de viking!
Rédigé par : Bruno | 16/06/2008 à 11:35
jamais vraiment réussi à crocher à Shearwater. Je supporte vraiment pas la voix du mec... :-/
Rédigé par : nufo | 17/06/2008 à 16:39
Bon bah c'est la claque ce nouveau Shearwater. Maintenant je comprends Nufo, il y a risque de bloquer sur la voix...
Benjamin
http://www.playlistsociety.fr/2008/06/shearwater-rook.html
Rédigé par : Benjamin F | 23/06/2008 à 10:00