A la fin du printemps 1997, Radiohead n'était encore qu'un groupe de rock comme les autres. Pour nombre de journalistes, de fans ou pour l'adolescent de 17 ans que j'étais. J'avais chanté en fermant les yeux sur Creep, m'étais plutôt emmerdé sur Pablo Honey et avait bien aimé The Bends, fermé une nouvelle fois les yeux sur Street Spirit.
A la fin de l'été 1997, Radiohead était devenu, au choix, le meilleur groupe du monde ou le sauveur du rock.
Entre ces deux moments: OK Computer.
Pour ma part, je n'attendais pas ce disque avec frénésie ou impatience. J'avais beaucoup aimé l'inédit Lucky, paru sur la compilation Help, mais je ne m'attendais pas à un album radicalement différent de The Bends pour autant. Et puis il y a eu le premier extrait, Paranoid Android, et son clip réalisé par Magnus Carlsson. Une construction inouïe à mes oreilles - post-rock ou prog-rock entreraient plus tard dans mon vocabulaire - d'une mélodie entêtante transpercée de larsens explosifs à un final mélancolique à souhait avant une une ultime décharge électrique.
Autant dire que j'ai rapidement guetté l'album après ça. Et je n'ai pas été déçu. Comme beaucoup d'autres j'ai découvert en Radiohead un groupe d'exception que je n'avais pas décelé plus tôt. Décrire l'album titre par titre n'aurait aucun sens. Plutôt quelques sons: la basse bourdonnante d'Exit Music (For A Film), la voix synthétique de Fitter Happier, la guitare aérienne et obsédante de No Surprises.
Par la suite, ma passion pour Radiohead alla crescendo, malgré les trois ans d'attente avant Kid A (trois ans seulement? dans ma mémoire ils m'en paraissent six au moins!). Une passion nourrie par la capacité du groupe à étonner, à oser Je me souviens de sa prestation à Nulle Part Ailleurs, sur Canal +, quelques jours avant la sortie de Kid A. Morning Bells puis Idiotheque. Difficile de faire plus surprenant que cet orage électronique. L'émission à peine terminée, j'étais au téléphone avec ma copine de l'époque - fan elle aussi du groupe d'Oxford - prompt à commenter ce à quoi nous venions d'assister, à tirer les fils de l'album à venir.
J'ai cru revivre cette excitation l'automne dernier, avec l'annonce de la sortie d'In Rainbows. Mais la révolution s'est vite révélée un feu de paille. Rien de grave en fait. Dans l'intervalle, nombre de disques et de groupes sont devenus des passions de chevet, m'ont offert surprise et émotion, à la manière de Radiohead et de son OK Computer , qui fut un éveil au rock pour pas mal de gens à la fin des années 90.




























Bon allez, je me dévoue... Moi j'aimais assez INXS... Et les années 80, quand même, c'était aussi les Smiths, Depeche Mode, Cure, Sonic Youth, Pixies, Fugazi... alors c'est quoi le problème? A ce tarif là, les années 90, c'était R Kelly ("I believe I can fly")et Alanis Morissette..
Rédigé par : Fauve | 17/05/2008 à 13:53