Beach House - Gila
Une fille, un gars Dans un décor aux allures de brocante mystique, entre Broadcast et Mazzy Star.
Le web est un outil à double tranchant. Hype, buzz et autres révélations ont transformé le quotidien musical, contournant avec bonheur les stratégies mal huilées du marché du disque. Ou comment imposer comme sensation du moment une fanfare lapone tendance punk.
Revers de la médaille, la cadence des découvertes évoque le NME des années 90 et son hebdomadaire meilleur groupe du monde. En gros, ça buzze avant puis, quand le disque sort, le soufflé est déjà retombé, la hype est devenu oubli. Un tris mécanique qui sépare l'ivraie du bon grain, mais crée aussi son lot de dommages colatéraux.
Il en va ainsi de Beach House et de son second album. Le duo américain a profité d'un vent d'enthousiasme sur le net avant la sortie de Devotion. Mais au moment où le disque tombe dans les bacs, plus un mot ou presque. Et comme une malédiction vient rarement seule, on en viendrait presque à oublier la présence du groupe au Kilbi ce week-end, coincé au milieu d'une soirée gargantuesque (Cat Power, The Notwist, Why?, Boris, Colleen, etc.).
Pourtant, Devotion vaut bien mieux qu'un simple coup de buzz. Cotoneuse et onirique, la pop de Beach House rappelle nombre de groupes maîtres du genre, de Cocteau Twins à Broadcast, en passant par Mazzy Star. Des mélodies brumeuses mais accueillantes, mélancoliques mais insouciantes, servies par une écriture délicate, aux passages secrets parfaitement distillés. Point de redite, mais une orfèvrerie légère, mi-surannée, mi de son époque. Comme un rêve, peut-être trop homogène par instants, nuageux histoire d'apaiser les pics caniculaires de l'été qui s'approche.
Beach House
Devotion
Bella Union/Universal














Vu ce week-end à la la Maroquinerie... et franchement j'ai été déçu par leur prestation.
Musicalement, c'est assez plat, avec un batteur soporifique et un guitariste au potentiel incontestable mais qui semble le plus souvent aux abonnés absents. Reste la charismatique chanteuse franco-américaine Victoria Legrand qui, si elle ne chante pas toujours très juste, à la mérite de mettre un peu de tension dans cette musique en sommeil.
Tu as raison de citer Broadcast et Mazzy Star, mais on se situe tout de même un niveau en dessous. Le sentiment de déjà entendu pèse même sur l'ensemble qui manque au final de singularité.
PS : je ne connais toutefois pas la version studio, auréolée de critiques très positives
Rédigé par: Fabrice | 26/05/2008 à 21:29
Je les avais vu l'année dernière et ils ne m'avaient pas convaincu.
Et en effet, l'album a été encensé 2 mois avant sa sortie par ceux qui l'avait téléchargé mais était déjà oublié quand la galette est arrivé chez les disquaires. Ce côté de plus en plus "périmable" des artistes est extremement inquiétant.
Rédigé par: lyle | 27/05/2008 à 19:27