Trois visages Pour un troisième album en forme de chef-d'oeuvre.
Oui, je sais, encore Portishead. Mais je ne vais pas bouder mon plaisir par peur de me répéter. Third est un chef-d'oeuvre, le meilleur album sorti cette année - pour l'instant et de loin - et peut-être même promis au classement des disques essentiels de la décennie en cours. A voir...
Prenons en tout cas le temps de s'offrir une petite triplette, un tiercé à l'image de l'album. L'ouverture, Silence, bruitiste, mouvante, qui installe son climat puis s'éteint brusquement. Le milieu, We Carry On, qui mélange post-punk et krautrock, synthé d'hier et guitares tranchantes, jusqu'à éveiller le fantôme de Joy Division sur un riff entêtant. Le final, Magic Doors, évoquant le Portishead de la décennie précédente, cette soul urbaine, la voix de Beth Gibbons, une rythmique déglinguée, comme à la fin du second album du groupe.
1. Silence 2. We Carry On 3. Magic Doors
PS: Celui qui arrivera me dire à quelle mélodie ressemble la première partie du premier couplet de Magic Doors gagnera toute mon estime et la satisfaction de m'avoir sorti une interrogation lancinante de la tête.
Vieux jambon tire plus vite que son ombre Le barbu dégaine un nouvel album. Un de plus cette année!
Will Oldham est insassiable. Pour peu, on aurait envie de dire qu'il est à la musique ce que Lewis Trondheim est à la BD. La même frénésie créative ou multiplications des titres, pour le meilleur ou l'anecdotique.
Qu'il touche la cible ou non, Vieux Jambon ne laisse pas déçu longtemps. D'un EP (Ask Forgiveness) à un live (Wilding In The West), en passant par une collection de démos (Wai Notes), les six derniers mois auront offert des plaisirs variés aux fans du barbu de Louisville. Et voici déjà la suite, avec l'annonce d'un album - un vrai - pour le mois de mai. Intitulé Lie Down In The Light, cette nouvelle livraison reste entourée de mystère. Tout juste sait-on qu'elle sortira comme à l'habitude chez Drag City et qu'elle devrait renouer avec la veine de Master And Everyone plutôt que The Letting Go. Cerise sur le gâteau, une démo est disponible sur le site du label, pour un chanson à la guitare en bois intitulée So Everyone.
Et comme je suis sympa, j'ajoute à ce petit lien, un autre tuyau, pour s'offrir à l'oeil un enregistrement live du père Oldham, capturé en Nouvelle Zélande en 1997. Bon son et setlist impeccable.
Comme un air de Pulp Pour The Long Blondes, voisins de quartier et d'inspiration du groupe de Jarvis Cocker
Sorti en 2006 chez Rough Trade, le premier album de The Long Blondes est plutôt passé inaperçu par ici. Dommage, tant le rock vintage de ce combo de Sheffield évoquait une version plus féminine du Pulp de Jarvis Cocker, ascendance Smiths dans le ton et la fascination pour une esthétique cinématographique (la Faye Dunaway de Bonnie & Clyde en cover). Malgré un ensemble un brin inégal, Someone To Drive You Home tenait la route - on admire ici le jeu de mots - grâce à quelques titres fulgurants, du single Weekend Without Make Up au plus sautillant Once And Never Again.
A nouveau chez Rough Trade, le second album de The Long Blondes surprend au début, notamment avec Century, titre d'ouverture qui fleure bon les eighties passées, assumant un kitsch synthétique voisin des mélodies surannées du His'n'Hers de Pulp. Passé cette sucrerie introductive, Guilt recentre le débat, ramenant en pleine lumière le souffle gouailleur de la chanteuse Kate Jackson (rien à voir avec la drôle de dame du même nom).
Moins riche en fulgurances que son prédécesseur, Couples tient moins bien la route, trop éclaté dans son ton. Niveau son, The Long Blondes élargit sa palette, osant même quelques écarts brumeux, à l'image du légèrement noisy Round The Hairpin ou du dépouillé à l'extrême Too Clever By Half ou d'un étrange Nostalgia, conversion pop d'une console 4 bits. Mais le résultat final peine à convaincre. Album de transition, Couples vaut pour quelques chansons et l'espoir d'une meilleure reconnaissance de The Long Blondes. Pour s'extasier, on attendra la suite.
The Long Blondes Couples Beggars Banquet/Musikvertrieb
C'est une maison noire dans le bleu de l'hiver. J'y viens par hasard, attiré par une chanson qui tourne en boucle, là où poussent les roses sauvages. On y parle de meurtres, de meurtres et encore de meurtres.
C'est étrange rétrospectivement de se dire que j'ai découvert Nick Cave avec son plus grand - et seul? - tube. Si j'étais né dix ans plus tôt, peut-être que Les ailes du désir de Wim Wenders m'auraient mis la puce à l'oreille. Vingt ans plus tôt? The Birthday Party, dans un club un peu crade. Dix ans plus tard? Grinderman, sur un site de peer-2-peer. En 1980? Where The Wild Roses Grow, Kylie Minogue, un grand échalas et basta.
Ce n'est pas très grave finalement, car Murder Ballads reste un joli album. Un peu plus sage peut-être, moins en marge, mais garni de chansons vers lesquelles je reviens aujourd'hui encore. L'épique Song Of Joy. La rageuse Stagger Lee. La dépouillée Henry Lee. Et même cette somptueuse Where The Wild Roses Grow.
Surtout, ce Murder Ballads m'a ouvert la porte d'une discographie gargantuesque. Sous la forme d'une K7 d'abord, empruntée à un ami. Face A: The Good Son. Face B: Do You Love Me? Une bande usée jusqu'à la corde. Puis un Live Seeds anthologique, en CD cette fois, et son coffret aux rideaux rouges, son album photos pour en apprendre plus qu'en 50 000 signes WikiPedia sur le Cave. Viendront ensuite toutes les autres choses, des apparitions au détour des films qui peupleront mon adolescence (magnétique dans Les ailes du désir, rigolo dans Johnny Suede), les albums originels (ah From Her To Eternity! ah Your Funeral My Trial!), les aventures des mauvaises graines (anecdotique Mick Harvey reprenant Gainsbourg, le choc Einstüzende Neubauten), jusqu'à une rencontre l'année dernière pour une interview période Ginderman dans l'arrière-salle d'un pub londonien.
Non, finalement ça ne change pas grand-chose d'avoir découvert Nick Cave grâce à Kylie Minogue. Vingt ans, dix ans, plus tôt ou plus tard, c'est avec la même passion frénétique que j'aurais exploré sa discothèque, embarqué à bord ou dans le rétroviseur.
Et comme je suis dans les souvenirs, un autre encore. En 2002, en visite à Morat pour Expo.02, j'ai retrouvé la maison noire dans le bleu de l'hiver, perdue au milieu de 35 autres chalets similaires. Une oeuvre de l'artiste suisse Jean-Frédéric Schnyder, dont Nick Cave avait emprunté l'un des tableaux pour la couverture de Murder Ballads. 35 chalets constamment menacé par une violence plus ou moins figurée, d'un décor de camp de concentration à la fausse quiétude de la forêt enneigée. Celle qui sous son vernis cache des meurtres jamais banals, dont Nick Cave a su chanter l'absurde atrocité.
Fini le pianissimo! Gonzales fait du bruit, façon 1978. Aïe! Aïe! Aïe! Stayin' Alive!
On l'avait laissé pianiste du troisième type, entre Satie et le cabaret. Mais on savait que ça ne durerait pas. De Gonzales über alles à Gonzales en pantoufles, la palette à explorer restait large. On n'est donc qu'à moitié surpris ce printemps de retrouver le Canadien dans un numéro d'archéologue disco, à moitié-réussi. Sur Soft Power, il y du bon et du moins bon, à boire et à manger. Trop de second degré tuerait-il le premier degré? Pas sûr. Petit coup de fil au principal intéressé:
Allo, Gonzales? C'est L'Hebdo.
Ah, bonjour. Hmm… L'Hebdo… ça me rappelle quelque chose...
Nous nous étions rencontrés durant le Cully Jazz en 2006.
Ah oui! Je me disais bien. C'est fou, j'ai l'impression que c'était hier…
Vous avez pourtant pas mal changé depuis, passant du pianiste décalé au chanteur pop, à la palette musicale élargie. Pourquoi?
Au moment d'enregistrer ce nouvel album, j'ai pris conscience que ce n'était pas forcément facile d'être fan de Gonzales. Certains aiment le pianiste, d'autres le rappeur, d'autres encore le mec qui fait de l'electro. A l'époque d'iTunes et du rapport à une chanson plutôt qu'à un album, il me paraissait important de faire un disque sur lequel chacun pourrait trouver quelques titres qui lui conviennent.
Peut-on dire à ce moment-là Soft Power est une compilation du meilleur de Gonzales, mais avec de nouvelles chansons?
Oh non. Je le vois vraiment comme un nouveau projet. Et puis si j'avais voulu faire une sorte de "Best of", j'y aurais absolument inclus mon versant hip-hop. Ce qui n'est pas le cas ici. Surtout, il y a une vraie nouveauté sur ce disque: je chante vraiment, sans filet ou artifice. Ce qui était un risque à prendre.
Qu'est-ce qui vous a donné l'envie de prendre ce risque?
C'est sans doute lié au succès de Solo Piano, qui a instauré le changement comme marque de fabrique de Gonzales. C'est comme ça que j'apprends. Et c'est comme ça que je surprends.
Jusqu'à maintenant, j'ai dû recréer ce que j'entendais avec des machines. Alors que je rêvais d'instruments et de musiciens.
L'album débute dans une ambiance de concert (Working Together) et se termine dans la solitude, comme si vous chantiez pour vous seulement (Singing Something). Drôle de paradoxe.
Plutôt qu'un paradoxe, c'est une façon de raconter l'histoire du disque à l'envers. Dans sa conception, on commence par construire un premier noyau, de manière presque artisanale. Puis on structure autour. Et quand tout est fini, on plonge dans quelque chose de plus superficiel pour faire exister l'album, entre la scène et la promotion médiatique.
Sur ce nouveau disque, on retrouve des sonorités plutôt kitsch, de rythmes disco en solos de saxophone. Vouliez-vous jouer avec ces sons?
Pas vraiment. Mais pour la première fois j'ai pu réaliser un album comme je l'entendais dans ma tête. Jusqu'à maintenant, j'ai toujours dû recréer ça avec des machines, alors que je rêvais d'instruments et de musiciens. Ce qui a d'ailleurs pu créer un malentendu. Certains ont pensé que je voulais moderniser un type d'écriture plus ancien, alors que mon ADN musical est lié à l'époque de mes six ans, celle des Bee Gees et de La fièvre du samedi soir.
Vous ne cherchez donc pas à parodier la musique des années 70?
Absolument pas. Je cherche à renouer avec un temps où il y avait beaucoup de maîtrise musicale, comme un rapport scientifique à la composition. L'ère d'avant le punk, d'avant la démocratisation de la musique. Voilà ce que j'incarne. Je suis un bon élève, plutôt conservateur. Ceux qui croyaient que je plaisantais vont réaliser que je suis vraiment un pantouflard! (rires)
Pourtant vous véhiculez une image plus décalée.
Je joue avec le second degré pour tout ce qui entoure l'album. Mais pour la musique, je suis premier degré.
Et vous n'avez pas peur de rester prisonnier de votre image?
Je compte faire de la musique pendant longtemps encore. Donc si je me trompe, je pourrai toujours faire quelque chose ensuite pour réagir. La seule chose qui me ferait peur, c'est de ne plus prendre de risque. Par exemple, si j'avais fait un Solo Piano bis, là on aurait pu dire que j'ai peur.
C'est un peu une manière de fuir le succès, non?
Bien sûr. Mais je crois au succès sur le long terme. Certains vont penser que je me sabote, que je cours dans une direction puis dans une autre. Mais si je refaisais la même chose, ils me diraient: "Et alors? C'était bien une fois, mais pourquoi tu le refais?"
Votre expérience de producteur a-t-elle joué un rôle dans la conception de Soft Power?
Elle m'a permis d'apprendre à laisser les autres entrer dans ma musique. Avant, j'étais seul sur mes disques. Moi contre le monde. En devenant producteur, j'ai découvert que les autres pouvaient se servir de moi. De manière positive, bien sûr. Pour cet album, je me suis à mon tour entouré de gens qui ont pu me faire part de leurs idées. Comme une sorte de conseil d'administration, composé de musiciens avec qui j'aime travailler, tels Mocky, Feist ou Jamie Lidell.
Charles Aznavour c'est un peu le président de la République. On ne rigole pas avec lui.
A côté de ces artistes proches, vous avez également produit un album de Charles Aznavour. Votre collaboration s'est-elle bien passée?
C'était la première fois que je me frottais à une vraie icône. Aznavour c'est un peu le président de la République. On ne rigole pas avec lui. L'atmosphère tenait du rapport de force. Par exemple, le premier jour nous avions rendez-vous à onze heures. Je suis donc arrivé à onze heures moins quart au studio. Et je le trouve tout seul devant la porte, l'air frustré. Il me regarde assis sur mon vélo et croit que je suis l'assistant. Je me présente et il me dit que nous avions rendez-vous à dix heures. Aïe! Le reste de l'équipe arrive à onze heures moins cinq et on commence à travailler. Durant toute la journée, on sent qu'il est énervé. Et le soir, lorsqu'on se quitte, il nous lance d'une voix forte: "Demain, dix heures!". Le lendemain nous sommes tous venus pour dix heures moins quart. Et il nous a fait attendre jusqu'à midi avant d'arriver (rires).
Vous acceptez de produire tous ceux qui vous le demandent?
Ça dépend d'abord de mon emploi du temps. Après, chaque proposition est différente. La collaboration peut être bonne pour mon image ou bien payée. Ou alors je m'entends bien avec l'artiste. Mais j'essaie dans tous les cas de passer quelques heures avec chacun avant de donner une réponse.
Il y a des musiciens avec qui vous avez refusé de travailler?
Il y en a plein, bien sûr…
Des noms...
Hmm… Julien Clerc. Parce qu'il lui fallait une réponse rapide, alors que je préférais d'abord passer un peu de temps avec lui avant de me décider. Et puis parfois, ce qui attire les gens chez moi les repousse également. J'ai envie d'intervenir, pas seulement de réaliser. Cependant, je peux accepter de travailler avec des artistes dont le style ne me plaît pas forcément. Comme je n'ai pas grandi dans la culture française, j'ai moins d'a priori. Même si autour de moi on me dit de ne pas y aller, du genre: "Non, non, non! C'est horrible Christophe Willem!" (rires).
Et si Carla Bruni vous demandait de produire son prochain album?
Je suis prêt à rencontrer la première Dame de France. D'ailleurs j'ai déjà eu un contact avec elle, il y a quelques années. Je devais faire sa première partie. Mais son management voulait que je joue sur un piano électrique. Alors que Solo Piano fonctionne autour des sonorités de l'instrument. Je leur ai même proposé de payer de ma poche pour un vrai piano. Ensuite, j'ai compris que le pianiste de Carla Bruni n'avait pas droit à un vrai piano. Et que si je venais avec le mien, il serait jaloux. Enfin… cette anecdote n'a finalement pas grand-chose à voir avec Madame Sarkozy.
Y a pas photo Entre Paléo et Montreux Jazz,le plus joli festival c'est bien le... Kilbi!
L'attente et l'effervescence ont pris fin durant cette dernière quinzaine: Paléo et le Montreux Jazz ont dévoilé leurs programmes. D'un côté, des habituées en guise de têtes d'affiche et quelques découvertes réjouissantes. De l'autre? La même chose ou presque. La prise d'assaut des caisses et le prix des billets auront plus fait parler dans la presse, à tort ou à raison. On trouve quand même des raisons de se réjouir d'un côté comme de l'autre. Mais c'est vrai que dans un cas, il ne reste qu'à courir les bourses d'échange, tandis que dans l'autre, il faudra d'abord convaincre son banquier.
Pourquoi ne pas regarder ailleurs alors? A Düdingen, par exemple, où se tiendra du 29 au 31 mai le 18ème Kilbi festival. Au menu, des têtes d'affiches attendues, d'une Cat Power habituées des lieux à des Notwist sur le retour. Mais aussi des confirmations espérées sur scène, de Beach House à Black Mountain. Et encore des spécimens rares, tels Mugison, Colleen ou Melt Banana. Et enfin, plein, mais alors plein de trucs inconnus (vous les connaissez vous Justice Yeldham, 16 Bitch Pile Up ou Peter Kernel???).
Comme les deux mammouths pré-cités, le Kilbi a su gagner la confiance des mélomanes à mesure de ses éditions, pour un grand écart entre nouvelles têtes et découvertes improbables. Et comme ici on est transparent, j'avoue avoir pondu quelques textes pour le programme. Mais ce n'est ni pour de l'argent, ni sous couvert d'anonymat. Juste pour donner un coup de main à une équipe de passionnés pour qui un festival vaut plus qu'un simple joujou de prestige.
1. Cat Power - Don't Explain (extrait de Jukebox) 2. The Notwist - Good Lies (extrait de The Devil, You + Me) 3. WHY? - The Hollows (extrait de Alopecia)
La scie a faim Et dévore le coeur. Une drôle d'image, pour un retour inattendu.
L'autre retour du printemps - à côté du come-back flamboyant de Portishead - c'est celui de Tindersticks. Moins attendu, mais tout aussi inespéré, il tombera dans les bacs en même temps que celui du groupe de Bristol. Et devrait passer bien plus inaperçu.
Réduit à un trio - Dave Boulter, Neil Fraser et Suart Staples - le groupe de Nottingham s'offre un septième album comme un nouveau départ. The Hungry Saw referme un chapitre, une histoire restée trop secrète et restera peut-être sans suite. Ou pas. Mais si Tindersticks est mort, on peut crier vive Tindersticks quand même! Ce qui est déjà pas mal. Puis on écoute, un brin angoissé par ce qui va venir.
On pense bien sûr aux albums solo de Stuart Staples sur certains titres. On n'arrive pas tout à fait oublier l'absence du violon de Dickon Hinchliffe, ni la batterie métronomique de Al Macaulay. On ne retrouve pas la mélancolie poisseuse des premières années. Mais au final, The Hungry Saw est tout sauf honteux. Même, il réserve de très belles surprises, tels la soul lancinante de Yesterdays Tomorrows ou le swing pâteux de Come Feel The Sun. Ou encore la relecture inspirée de la face B E Type Joe - devenue ici E Type - rehaussée par les cuivres du fidèles Terry Edwards. Ou enfin le retour à de instrumentaux miniatures, kitsch (The Organist Entertains) ou mélancoliques (Introduction).
Oui, ce Tindersticks 2008 est une belle surprise. Sans doute anecdotique pour tous ceux qui ne connaissent - ou n'aiment - pas le groupe. Les autres sauront l'apprécier à sa juste valeur, voire un peu plus encore. Et en attendant sa sortie officielle, on patiente avec ce petit trailer sur la mélodie d'Introduction.
Sleeping under trees La photo rappelle la Cat Power d'avant la mue soul; la musique d'Emily Jane White également.
C'est devenu une tradition: le festival Les femmes s'en mêlent passe aussi par la Suisse. Entre soirées officielles et dates satellitaires, un bon tiers de la programmation du festival parisien passe la frontière et envahit les clubs du pays.
Cette année ne fait pas exception. A côté d'une soirée alléchante aux Docks (enlevez la déjà-trop-vue Kelly De Martino, il vous reste les réjouissantes Phoebe Killdeer et Joanne Robertson), on retrouve ainsi Laura Marling à Fribourg, Lesbians On Ecstasy à Lausanne ou encore Ane Brun à Berne. Et Emily Jane White à Lausanne.
Voisine de la Cat Power de You Are Free, cette jeune chanteuse de San Fransisco produit un songwriting sans prétention, dépouillé et accueillant à la fois. Certes, elle n'invente rien, mais fait preuve d'une écriture maîtrisée qui parvient à tenir sur la longueur d'un album, jusqu'à dégager un sentiment de reviens-y presque surprenant. L'amateur de folk-rock au féminin pensait avoir tout entendu et pourtant il se laissera prendre.
Enregistré en 2006, Dark Undercoat est sorti à la fin de l'année dernière, sur le label Double Negative, avant d'arriver en Europe grâce aux Français de Talitres. Pas étonnant dès lors qu'Emily Jane White partage la scène du Romandie avec Chris Garneau, autre Américain hébergé en France, sur Fargo plus précisément. A eux deux, ils offrent une affiche un brin bigarrée, fidèle aux principales inflexions actuelles du songwriting. Quant à ceux qui voudraient en savoir plus sur Emily Jane White, un petit tour sur son site leur permettra de télécharger - gratuitement et presque intégralement - l'album de son précédent grouoe, Diamon Star Halos.
Emily Jane White Dark Undercoat Talitres/Irascible
Histoire de me faire pardonner mon manque d'assiduité ces derniers vendredi, voici une vidéo de la session live donnée par Portishead pour la web tv Current. 35 minutes de musique issues de Third, nouveau chef-d'oeuvre du groupe de Bristol annoncé pour le 25 avril. Que du bonheur (enfin, c'est plutôt mélancolique...).
Méfiance, méfiance Parfois le "mutual friend" n'est pas un ami...
FaceBook. Ah, FaceBook! Réseau social, toile infinie, perte de temps, les définitions abondent tandis que tout le monde (ou presque) y traine ses guêtres. Moi aussi. J'y ai d'ailleurs créé un groupe consacré à ce blog. Je ne suis pas sûr de savoir à quoi ça sert, mais bon...
Fort de 152 membres, ce groupe grandit à mesure que les lecteurs ou amis en parlent autour d'eux. Arrivent alors de nouveaux membres inconnus, dont la trombine me sourit sur la page d'accueil. Seul moyen de savoir qui ils sont, la fonction "Mutual friend" renvoie aux potentiels amitiés en commun. C'est là toute l'illusion de FaceBook. Faire croire que nos "mutual friends" sont des amis. On ne se méfie jamais assez d'un "mutual friend". Vous ne me croyez pas? Réécoutez donc cette magnifique chanson de The Divine Comedy, où le pauvre amoureux retrouve la dulcinée de ses rêves dans le lit du fameux "mutual friend". Plutôt salaud, non?
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