Je l'avoue d'entrée, je voulais ressembler à Jarvis Cocker quand j'avais 15 ans. Non, sérieusement. J'en ai passé des heures devant le miroir à singer la chorégraphie du clip de Common People. Sans compter mes piteuses tentatives de reproduire ce look de dandy délavé, un brin malhabile. Des vieilles vestes de costume de mon père à celle de mariage du grand-père d'un ami.
Plus tard en vieillissant j'arriverais mieux à reproduire le look et l'attitude de Jarvis Cocker. De meilleures vestes, une maladresse plus naturelle et une lassitude palpable, signe du dandy qui s'ignore - ou qu'on ignore. Et je me trouverais ridicule, mais finirais par m'en foutre.
Entre deux, il y aura eu Different Class, album étalon de la brit pop, classique indépassable d'un genre sur-estimé en son temps, sous-estimé aujourd'hui.
Commes les maxis étaient une denrée rare et que le téléchargement n'existait pas encore, j'ai passé l'été 95 à visionner et revisionner le clip de Common People, enregistré sur VHS. De juin à octobre, en attendant la publication de l'album. Autant dire que mon enthousiasme était grand au moment d'acheter Different Class, avant même de le glisser dans le lecteur CD. La suite ne ferait que nourrir un peu plus encore ce sentiment.
A l'exception du plat Bar Italia et de Pencil Skirt (chanson que j'ai mystérieusement toujours détesté), chaque piste de l'album fut pour moi un tube à un moment donné. Des maxis magnifiques (Common People, Mis Shapes, Disco 2000) aux étrangetés bienvenues (F.E.E.L.I.N.G.C.A.L.L.E.D.L.O.V.E., Monday Morning, I Spy), en passant par la mélancolie cynique (Underwear, Live Bed Show), j'aimais ce contrepoint fascinant entre mélodies synthétiques, comme insouciantes, et paroles caustiques. Une première pour moi qui ne connaissais encore les Smiths.
Aujourd'hui, rien n'a changé ou presque. Je reviens toujours aussi souvent à Different Class, avec une nette préférence pour le binôme Underwear/Monday Morning, sorte d'opposition mélodique (pop triste, pop ska) pour de mêmes lendemains matins avec gueule de bois. Comme si toute la puissance de ce grand album s'y trouvait résumée, à raconter toujours la même histoire avec une capacité unique à étonner à chaque fois.




























PULP for life
PULP is pop
Un de mes groupes préférés, j'ai découvert leurs albums tardivement mais j'ai eu la chance de voir le groupe en 2001 à la Route du Rock. Jarvis expliquait dans une interview des Inrocks en 2001 qu'il aimait les rochers sculptés de Rothéneuf à côté de Saint-Malo. Chanceux après la dissolution du groupe.
Je ne sais quel album choisir, j'aime moins l'album dans sa longueur This is hardcore mais j'écoute souvent ce groupe et son brillant et discret leader Jarvis Cocker qui a sorti un album moins convaincant en 2006.
En 1995, je n'avais acheté que le single Disco 2000 dont j'adore le clip, j'adorai aussi Common people. Dans Different class , mes chansons préférées sont underwear ( magnifiques paroles qui sont loin d'être triste pourtant, je trouve que c'est une chouette description d'un moment intime ), I spy ou encore F.E.E.L.I.N.G C.A.L.L.E.D L.O.V.E
Je me lasserai jamais de ces chansons. J'aime bien le ska de Monday morning, là où l'attend pas.
Maintenant choisir un album me parait difficile. His'n'hers est vraiment un très bon album, même sous-estimé, j'aime beaucoup aussi We love life ( produit par Scott Walker ) dont les critiques ont été mitigés, à tort. La magie opère toujours dans une chanson triste comme Roadkill ou le morceau le plus long et nostalgique comme Wickerman.
Les peel sessions ont réservé des bonnes surprises comme le morceau que j'écoute beaucoup Wishful thinking.
Je trouve que le DVD Ultime live reflète très bien l'esprit du groupe dans un excellent live tourné en décembre 1995 juste avant Noël d'ailleurs.
En 2006 est sorti aussi une compilation The Trip est intéressante où Jarvis Cocker et Steve Mackey ont sélectionné des morceaux qu'ils aimaient.
J'essaie de rencontrer les artistes que j'aime bien. C'était pour le concert de Jarvis à la Cigale dans le cadre du festival des Inrocks en novembre 2006. Je suis entré par hasard en même temps que Jarvis, les gens du festival à l'entrée ne l'avait reconnu ( shame on them ) , c'est quand j'ai entendu son nom et prénom que tout de suite, à sa voix, j'ai percuté. Alors j'ai voulu un autographe mais malheureusement ni lui et moi avions un stylo et comme c'était juste son concert, je n'ai pas insisté. Il m'a dit à la sortie alors je l'ai attendu comme quelques uns. Et il a signé, j'ai posé pour une photo comme un con de fan mais quand tu aimes, tu ne réfléchis pas, tu es excité sur le moment. J'étais ridicule mais qu'importe, il est très simple et avec toute sa notoriété il s'est prêté au jeu avec tout le monde. Au moins, il n'a pas la grosse tête.Si je n'étais pas rentré en même temps que lui et eu la frustration de ne pas avoir de stylo, jamais , je pense je ne l'aurai fait.
Dissolution, à quand une nouvelle tournée? ^^
Rédigé par : Sylvain le Parigot | 21/03/2008 à 20:36