Pochette austère Disque accueillant. C'est aussi ça R.E.M.
Je n'ai découvert qu'hier le nouveau R.E.M., grâce à un lien pirate. C'est mal, oui. En même temps, c'est un peu un événement, un passage obligé pour tout journaliste musical. Et quand la maison de disques estime que je ne dois pas faire partie des privilégiés qui recevront un promo d'avant sortie, je me débrouille comme je peux. A la guerre comme à la guerre.
Ceci dit, Accelerate est plutôt cool. Un album rock, un vrai - ou enfin. Car si le slogan nous a déjà été vendu par le passé, il colle cette fois-ci au disque qui l'accompagne. Mais bon, je ne vais pas m'étendre plus, car d'ici trois jours, vous en verrez partout du R.E.M. cuvée 2008. Quant à moi, je vous propose un bref retour en arrière avec trois titres tirés d'Automatic For The People avec pour seul critère ma subjectivité. Mes trois titres favoris... et sans doute les trois titres préférés de beaucoup d'autres.
1. R.E.M. - Drive
2. R.E.M. - Man On The Moon
3. R.E.M. - Nightswimming
Non, sérieusement Parce que si tu la veux, je l'expose et je peux te la vendre!
L'autre jour j'étais dans un magasin de disques et hésitais à acheter le nouveau Nick Cave & The Bad Seeds. Hésitais, parce que voilà, deux versions différentes cohabitaient en paroi. Une à 21 francs 90, l'autre à 29 francs 90. Laquelle choisir? J'ai demandé au vendeur à quoi tenaient ces 8 francs d'écart. "Il y a plus de photos dans celle à 29 francs 90."
Wow! Génial. Je pourrais les afficher sur les murs de ma chambre ET sur ceux de mon bureau. Merci Nick! Au final, je n'ai pris ni l'un ni l'autre (bien m'en a pris, puisque un exemplaire du disque m'attendait le lendemain dans ma boîte aux lettres, version 21 francs 90).
Sans pousser trop l'analyse, cette version limitée de Dig, Lazarus, Dig!!! remplie de photos participe sans doute de la nouvelle stratégie des maisons de disques pour enrayer la crise. DVD, packaging spécial, OpenDisc ou CD bonus (ça c'est plus rare) jouent le rôle de cerise sur le gâteau, histoire de convaincre à l'achat, alléché par le petit plus. La plupart du temps, ce n'est guère convaincant niveau contenu, mais là... on atteint le sommet.
Cette petite anecdote m'a surtout rappelé qu'auparavant on procédait en sens inverse. Le disque sortait, se vendait bien et on en profitait alors pour mettre sur le marché une édition spéciale et limitée, aux bonus souvent de haut niveau. Genre To Bring You My Love (PJ Harvey) ou Different Class (Pulp) accompagnés d'un disque entier de raretés. Deux albums que j'adorais - que j'adore encore - et que j'avais acheté... au moment de leur sortie. Et bien sûr, je n'avais pas les moyens de m'offrir une seconde version (enfin, disons que je réservais mes économies à d'autres nouveautés, des vrais, pas des doublons à bonus).
Tout ça se passait à une époque où l'industrie cartonnait et n'en avait que faire du bien être de ses clients. Comme dix ans plus tôt, lors de l'apparition du CD, opportunité en or de refourguer dans un nouveau format des vinyls. Et de s'offrir un Win-Win à sens unique (zéro investissement, on passe juste les bandes sur CD et on récolte le pognon). Et après on s'étonne que la plupart des gens n'aient aucun scrupule à télécharger, ayant l'impression inconsciente de prendre leur revanche sur une industrie qui s'est fait plaisir et du profit facile durant plusieurs décennies. Je sais, c'est un raisonnement un peu facile, mais bon, je viens de voir To Bring You My Love version deux disques à 28 euros 99 sur Amazon et je n'ai pas osé l'acheter - même si mes moyens sont plus développés qu'à l'époque - persuadé qu'à ce petit cadeau pour fan répondra forcément un jour une édition DeLuxe de l'album, bourrée des ces mêmes titres rares qui me font rêver depuis plus de dix ans.
On devient méfiant avec le temps. Sinon on se fait refourguer 8 photos format pochette CD pour 8 francs. Hmm... Pendant ce temps, Lazare creuse et ce quatorzième Nick Cave & The Bad Seeds est plutôt de bon niveau. Clip à l'appui:
La bande à barbu Les poils poussent, le blues grandit mais l'excitation faiblit...
Disons le tout de suite, je n'ai a priori rien contre Silver Mt. Zion - ou n'importe quelle autre de leurs incarnations onomastiques. J'ai beaucoup aimé leur première triplette d'albums (avec un léger bémol pour le second) et j'ai vibré aux concerts qui les accompagnaient.
Ceci dit, l'amour a priori ne suffit pas toujours. Déjà Horses In The Sky fut une déception (sans parler du EP qui le précédait). Envolée la puissance magnétique entrevue en concert. Plus minimaliste que jamais, la troupe canadienne paraissait en retrait, peinant à retrouver l'intensité des ébauches scéniques (le cas le plus flagrant étant Hang On To Each Other, poignant en live, anecdotique sur disque). Idem pour la tournée qui suivit, plombée par des compos à la répétition martelée, dont la pose habitée ne parvenait pas à masquer la pauvreté mélodique.
Alors oui, 13 Blues Fot Thirteen Moons redresse un peu le cap. Mais ce n'est pas suffisant pour crier au chef-d'oeuvre ou retrouver les hauteurs des débuts. Certains avaient joué les réticents lors de l'apparition des voix. Pourtant, This Is Our Punk Rock... balayait toutes réserves grâce à un travail d'intégration probant (son titre d'ouverture) et une exploration des vertus du songwriting (les pistes 2 et 3). Aujourd'hui, l'écriture semble le cadet des soucis d'un groupe enferré dans un genre qu'il a parfait - à défaut d'inventé - prisonnier d'une méthode qui tourne à vide.
Plus brut et massif dans son atmosphère sonore, 13 Blues For Thirteen Moons corrige le tir après la maigreur d'Horses In The Sky, mais vire rapidement à la formule, voire à la pose (notamment en choisissant de débuter "véritablement" l'album à la piste 13, après quelques drones anecdotiques; un concept puéril, déjà entendu chez Korn, si je ne m'abuse). Le chant d'Efrim ressemble de plus en plus à un prêche, posé sur un canevas instrumental caricaturant la bonne vieille recette post-rock (pour faire bref: crescendo-decrescendo, cordes larmoyantes-explosions électriques). Rien de honteux, mais rien qui ferait se relever la nuit. Etrangement, le dernier Portishead me fait plus trembler au moment de martyriser les guitares dans des éclats répétitifs au bruitisme travaillé. De la même manière, les Danois Efterklang me paraissent plus maîtres de leur sujet sur scène, au moment de poser des voix débridées sur des instrumentations aux loopings mélodiques. Il y a de l'écriture là derrière.
A l'issue d'un concert de Silver Mt. Zion à l'Usine - tournée This Is Our Punk Rock... - un ami calmait mon enthousiasme en avouant son malaise face à un show aux allures de culte quasi-sectaire. J'avais alors multiplié les arguments pour contrer cette impression, refusant de voir le groupe canadien si intense réduit au rang de secte folk du troisième millénaire. Pas sûr qu'aujourd'hui je le contredirais de façon si véhémente...
Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band 13 Blues For Thirteen Moons Constellation/Irascible
Un vidéo clip à nouveau, que j'ai zappé au début. Et puis, à force de rotation, je me suis laissé prendre. Dans le désordre: une chanteuse vedette, un binoclard à lunettes, un homme à femmes à chapeau melon. Une seule personne.
Par-dessus, la mélodie soul, tempo lent, la voix cassée, si élastique à la fois. La basse lancinante, marquant le rythme, jusqu'au crash final, comme pour déstructurer le tout avant un dernier sursaut de la mélodie qui se perd dans le silence. Glory Box.
Acheté dans la foulée, l'album s'avère un bijou, original, jamais entendu. Quelques choses entre les B.O. de Bernard Hermann et de John Barry, entre le trip-hop et la soul, entre tensions électriques et mélodies feutrées. Les bourdons obsessionnels de Numb et Stangers, la classe mise à mal de Glory Box et Wandering Star, la détresse déchirante de Roads. Un classique, un vrai.
Plus tard encore, dans un aéroport, j'achète Les Inrockuptibles pour la première fois, puisque Portishead en fait la couverture avec sa chanteuse Beth Gibbons. J'y trouverai cent autres noms à découvrir mais surtout un écho à ce disque que j'écoute en boucle.
Suivra une histoire distendue. Un second album, un concert enfin près de chez moi, un album live avec des cordes, un album solo de Beth Gibbons. Une belle histoire. Et si Portishead a un peu mieux vieilli que Dummy, quelques écoutes me disent déjà que Third pourrait bien refaire le coup d'éclat et qu'il ne faut pas trop vite enfermé ce groupe unique dans un genre tombé en désuétude.
Sébastien Chabal... pardon, Tellier, mais les poils et le petit côté cro-magnon chasseur cogneur expliquent ce lapsus.
La France a bien cru détenir un instant la palme du décalage, en vue du prochain concours de l'Eurovision. Pas de chance pour nos amis hexagonaux, l'Irlande - muliple vainqueur de la compétition - leur brûle la politesse au petit jeu du mauvais goût. Le gourou Sébastien Tellier prêchera bien son culte kitsch, entre la trinité Sea Sex and the Sun du père Gainsbourg et l'évangile Oxygène de saint Jean-Michel Jarre, mais ça ne fera jamais le poids face à Dustin the Turkey. De quoi se consoler des candidatures avortées de Morrissey et Jarvis Cocker
EDIT: Remarquez ce titre qui ne cache pas les intentions de l'Irlande: "Irland douze pointe"
Rock'n'Bear Le lion est mort, le singe va au paradis et l'ours aime la musique. Ainsi va le rock.
Au grand jeu de l'animal musical, l'ours tire son épingle. Ou comment depuis quelques années on découvre des plantigrades bricoleurs ou expérimentaux. Le panda vogue en solo et bâtit une pop joueuse, un brin stupéfiante. Le grizzly s'amuse aussi, mais sur un mode plus discret, privilégiant une approche à l'ancienne pour mieux la lézarder d'incises ludiques. Quant à l'ours volcanique, il explose tout, fort logiquement. Qui dit mieux parmi le carnaval animal?
1. Panda Bear - Bros (edit) (extrait de l'album Person Pitch)
2. Grizzly Bear - Knife (extrait de l'album Yellow House)
3. Volcano The Bear - She Vang Moon (extrait de l'album Admist The Noise & Twigs)
Des looks de teenagers Mais plus d'idées que The Teenagers. MGMT est bien parti pour succéder aux Klaxons dans la catégorie "jeunes et bonnards"!
Une enveloppe cartonnée, noire. Pas d'expéditeur. Dedans, un CD-R. Rien d'autre. Sur le CD, je lis whoismgmt. Je sais qui est MGMT, puisqu'une consoeur m'en a parlé la semaine dernière. Et je soupçonne que l'enveloppe vient de chez Sony, même si ceux-ci ne m'envoient plus rien depuis un petit moment déjà.
Musicalement, MGMT se démarque dès le premier morceau de l'album des machins hype du moment. Ils savent jouer, contrairement aux Teenagers. Ils ont des idées originales, contrairement à The Do. Et leurs références ne sentent pas le pâté, contrairement à The Hoosiers. Electro-pop, ni trop clash, ni trop crasse, la musique de MGMT a pour elle un tiercé gagnant: une bonne dose d'inventivité mélodique, quelques reflets kitsch qui évitent le trop-plein, une atmosphère psychédélique entre Animal Collective et Flaming Lips. Comme une rencontre du troisième type entre Klaxons et Beta Band dans une ruelle new-yorkaise. Que demande le peuple!?
En pianotant sur Internet, pas mal de choses s'expliquent, en découvrant le nom du producteur de ces petits nouveaux. Ce bon vieux Dave Friedman. Membre intermittent de Flaming Lips puis de Mercury Rev, producteur culte un temps (on lui doit les meilleurs albums des deux premiers nommés ainsi que, notamment, le classique Come On Die Young de Mogwai). Ici, le bonhomme assure un son psyché riche en dégradés, qui rend justice aux compos de MGMT. Les voix évoquent le Flaming Rev, Animal Collective parfois, les instrumentations jouent sur une palette seventies, sans renier quelques oeillades vers les synthés spatiaux-ludiques de Grandaddy. Le tout évite la redite grâce à une faculté rare à sauter du coq à l'âne, à mélanger ses influences sans perdre trop le Nord.
Et pour couronner le tout, MGMT rejoint Arcade Fire dans l'ère du vidéo-clip2.0, proposant à l'internaute oisif de jouer au réalisateur en herbe sur Electric Feel. Le clip est à télécharger dans la section vidéo du site du groupe et ensuite il ne reste plus qu'à jouer au démiurge, intervenir sur le décor d'une vidéo plutôt rigolote. Un petit exemple ici, en attendant la sortie européenne du premier album de MGMT fin avril:
Namedropping & revival La hype en 2008 n'a décidément pas beaucoup de goût.
Prenez un mixer. Mettez-y la boîte à rythmes d'Indochine, les synthés d'OMD, les guitares de The Jesus and Mary Chain (mais pas trop fort). Shakez, shakez, shakez.
Ajoutez-y une attitude nonchalante, une voix féminine apathyque et pour le tube, optez pour le nom d'une actrice hollywoodienne en vogue et une cohorte de jeux de mots construits autour de sa filmographie. Shakez, shakez, shakez.
Créez un MySpace et faites-vous un max d'amis fans de namedropping et de racourcis eighties, contactez quelques magazines parisiens branchés, en quête de la nouvelle sensation du moment, tounez un brin pour faire monter la température et gagner en crédibilité. Shakez, shakez, shakez.
Servez le tout avec une paille, quelques glaçons pour donner l'impression que c'est frais, une jolie ombrelle et une rondelle de pamplemousse pour soigner le look et consommez vite, vite, vite, histoire d'oublier le goût insipide du breuvage et de pouvoir remplir son verre avec le prochain nouveau cocktail à la mode, entre La compagnie créole (pour l'humour) et The Soup Dragon (pour la soupe).
Est-ce que ça fait partie du jeu de mettre dans cette bio-discothèque un disque que je ne possède pas? A priori non. En même temps, il s'agit des disques qui m'ont marqué et non de ceux qui trônent dans mon salon. Donc on va dire qu'on s'en fout.
Surtout qu'avec les années, certains ont disparu (Dookie de Green Day, Ill Communications des Beastie Boys), tandis que d'autres ont passé dans les mains d'une de mes cousines (mes albums de Nirvana, par exemple, ou de Rage Against The Machine), l'une des rares personnes branchées rock dans ma famille. D'autres ont même rejoint les cartons où s'entassent les trucs guère avouables (Dog Eat Dog, Stillskin et pas mal d'autres).
Quant à ce Generator de Bad Religion, je ne l'ai jamais possédé, pas même en mauvaise copie K7. Tout juste ai-je usé jusqu'à la corde un enregistrement de Stranger Than Fiction. Pourtant, cet album - et plus particulièrement sa chanson-titre - joue un rôle clef dans mon développement musical. Avec lui, c'est tout un nouveau monde qui s'ouvrait à moi, lié à la culture skate. Ses groupes, son look, ses sports, etc, jusqu'à inaugurer un mode de vie parfait pour l'adolescence, fait de longues soirées dans des chalets à pogoter un brin défoncé. De Downset à Primus, en passant par quelques uns nommés plus haut ou Pennywise, j'en étais presque à abandonner mes premiers émois brit-pop.
Presque.
Plus de dix ans après, je ne regrette pas mon crochet par cette musique-là. Moins que des disques, j'en retiens des chansons, comme autant de fulgurances rock. Peaceful Day, Killing In The Name, Sabotaqe, SMASH, Basket Case. Et bien sûr ce Generator, rengaine éternelle d'un morceau de mon adolescence.
Arlequine coquine Fini l'electro-clash, retour à la mélancolie pour Alison Goldfrapp, avec une touche sexy. Youpi!
Bonne nouvelle de ce début d'année, Goldfrapp a abandonné ses fantasmes de Freak Parade techno pour revenir à ses premières amours. Seventh Tree n'a pas forcément la beauté de l'indépassable Felt Moutain, mais voit le duo anglais revenir vers des rivages folk mâtiné d'electronica. Alison Goldfrapp marque le coup en se coiffant d'un bicorne, hésitant entre l'Arlequin coquin et une libertine revenue de Barry Lyndon. C'est toujours mieux que de chevaucher des femmes nues à têtes de loup!
Pour ma part, ce retour en mieux - n'exagérons pas en parlant de grâce - m'a surtout donné envie de me replonger dans les travaux plus anciens encore de la belle Alison. Pumpkin bien sûr, sur le toujours très bon Maxinquaye de Tricky, mais également ce moins connu Revenge Of The Black Regent, tiré du très bon Avant Hard d'Add n to (x). Une sorte d'electro crasse et implosive, habitée par la voix presque gothique d'Alison Goldfrapp. Une chanson que j'avais découvert au retour d'une beuverie une nuit, en vidéo-clip égaré sur MTV. Depuis, je ne m'en suis jamais lassé.
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