Si je respectais à la lettre le concept de cette rubrique, je parlerai ici de Closer et non de Permanent. Mais cela imposerait une sorte de bégaiement à ce blog. Parlons donc de l'étape suivante et laissons l'origine aux archives.
La première fois que j'ai vu le nom de Joy Division, c'était dans Les Inrockuptibles, à l'occasion d'un article pour la sortie de la compilation Permanent. Je lisais, j'oubliais.
La première fois que j'ai entendu le nom de Joy Division, c'était chez un ami, qui venait d'acheter Closer. J'écoutais, je restais fasciné.
Le premier disque de Joy Division que j'ai acheté, c'était Permanent, histoire de ne pas faire doublon avec le Closer de mon pote. She's Lost Control me toucha comme rarement une chanson l'avait fait jusque là.
Moins archéologue que Substance - précédente compilation qui piochait dans la période Warsaw - Permanent est une sélection idéale pour découvrir Joy Division et mesurer son influence et sa modernité. Les extraits d'Unknown Pleasures et de Closer sont plutôt bien choisis et on y retrouve également une bonne partie des maxis sortis en parallèle, égrenant de nombreuses chansons indispensables, de Dead Souls à Love Will Tear Us Apart, en passant par Atmosphere.
J'ai sans doute accompagner mes premières écoutes d'une lecture des notes de pochette. Mais je ne suis plus sûr et ne peux les relire, puisque ce disque est définitivement perdu pour ma discothèque (je l'avais prêté au bassiste du groupe avec lequel je chantais des reprises de Joy Division et il l'a perdu). Rapidement pourtant, j'eus besoin de plus. J'ai dû relire l'article des Inrocks puis j'ai profité d'un passage à Lausanne pour acheter Ian Curtis & Joy Division: Histoire d'une vie de Déborah Curtis. Une lecture qui a participé à ma fascination pour le groupe. Mais pas autant que la première écoute de Closer ou la découverte de She's Lost Control.
Avec sa rythmique martiale et digitale, sa ligne de basse vénéneuse et son chant marqué par une réverbe hantée, cette chanson investit un territoire qui ne ressemble à rien d'autre dans l'oeuvre de Joy Division. Anomalie sur Unknown Pleasures, She's Lost Control possède un son qui n'est pas exactement celui de Closer. Le canevas à la froideur synthétique se double à mesure d'une sauvagerie comme retenue, symbolisée par le grondement de la guitare à l'arrière-plan et des breaks au tribalisme milimétré.
Il y a dans ces trois minutes cinquante-huit une puissance malsaine qui renvoie aussi bien à la scène krautrock allemande qu'au premier Velvet Underground. Le tout sans imitation pourtant. Seule l'atmosphère est similaire. La musique, elle, ne ressemble à rien de connu, rien d'entendu depuis. Beaucoup de groupes ont cultivé l'héritage de Joy Division, mais aucun n'a su saisir l'effroi électrique de She's Lost Control, encore moins le reproduire.
Closer était un gouffre dans lequel je m'étais laissé tomber avec une simplicité adolescente et She's Lost Control le couloir sombre qu'on trouvait une fois arrivé au terme de sa chute. Une chanson dont on ne revient pas, pour un groupe qu'on ne pourra plus jamais quitter.


























T'ain, comment il est trop fort en tektonik!
Rédigé par : Bruno | 28/03/2008 à 09:26
tout simplement incontournable !
Rédigé par : Sté | 28/03/2008 à 16:10
@ Bruno
Ouais mais il a tout piqué au chanteur de Velma!
Rédigé par : Fauve | 31/03/2008 à 15:00
Je me disais bien que j'avais déjà vu ça quelque part!
Rah lah lah, Lausanne est vraiment la ville du rock...
Rédigé par : Bruno | 31/03/2008 à 17:22