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31/03/2008

Bon Iver - Skinny Love

Bi Musique à bouche Ou guitare en bois. On penche plutôt pour la seconde option à l'écoute du premier album de Bon Iver.

C'est la bonne surprise de l'hiver passé et je ne résisterai pas au calembour facile en affirmant que c'est un bon hiver.

Passée cette introduction digne de Bruno Masure, parlons un peu de musique. Dans le sillage d'Iron & Wine - avec qui il partage une barbe et un goût étrange pour le pseudonyme trompeur - l'Américain Justin Vernon impose un songwriting hybride, où les instrumentations folk se mêlent à des mélodies pop. Le tout renforcé par un magnétisme hanté, comme si le fantôme d'Elliott Smith survolait par instants ces chansons.

Sorti à l'origine en auto-production, For Emma, Forever Ago reparaît aujourd'hui sous l'enseigne Jagjaguwar (patrie d'Okkervil River ou Black Mountain). Et on leur tire son chapeau. Car ce premier album de Bon Iver est une petite merveille, magnifique de concision et de retenue. Cuivres, choeurs et textures plus organiques nourrissent les chansons de Justin Vernon, sans jamais tomber dans le trop-plein, à l'image du remarquable For Emma. Idem pour les mélodies, à la perfection bricolée, tant dans leurs sonorités que dans leurs déroulés, tel ce très beau Skinny Love.

Bon Iver est un précieux songwriter, dont le premier album dévoile un talent humble et une fulgurance mélodique. Deux qualificatifs qu'on aimait attribuer à Elliott Smith. Espérons qu'il connaîtra un destin moins tragique.

Bifefa Bon Iver
For Emma, Forever Ago
Jagjaguwar/Musikvertrieb

www.myspace.com/boniver

Télécharger le MP3

EDIT: Cet album sortira début mai en Suisse, via Musikvertrieb (et en France via Naïve). Cependant, vous le trouverez sans trop de problème chez tout bon disquaire indé pratiquant l'import ou via le site de Jagjaguwar.
 

30/03/2008

Paléo: la vraie histoire d'un faux programme

Paleopic Tu me fais tourner la tête Le faux programme du Paléo a créer un emballement rare un peu partout. Mais que s'est il passé... en vrai?

A l'origine, je ne souhaitais pas publier cet article ici, du moins pas si tôt. Je le réservais à L'Hebdo. Certaines circonstances me poussent cependant à avancer tout ça et à l'écrire ici d'abord. En même temps, ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée, puisqu'il traite un brin des dérives liées au net.

Refaisons donc rapidement l'histoire. Mercredi passé, un programme du festival nyonnais Paléo à commencer à se répandre sur le net et dans les boîtes e-mail. Rien d'étonnant, puisque cela arrive chaque printemps depuis quelques années. Cependant, celui-ci était faux. Pour le découvrir, il suffisait de quelques clics sur son ordinateur en guise de vérification. Un exemple: le site officiel d'Alain Bashung annonce Paléo le 26 jullet, alors que le programme parle du 22.

Malgré cette vérification aisée, nombre de sites et de médias ont démarré au quart de tour. Les coups de fil aux responsables du festival se sont multipliés et ont permis de qualifier ce programme de faux. Même si plusieurs journalistes laissaient planer le doute, qui de mettre ce faux entre guillemets, qui de proposer à ses lecteurs de trancher entre info et intox. Une mini-théorie du complot, du type "c'est le vrai, mais on veut nous faire croire que c'est le faux".

Interloqué par cet emballement médiatique inutile, j'ai donc cliqué à gauche et à droite, histoire de remonter l'histoire de ce programme. De forum en forum, une petite demi-heure fut amplement suffisante pour retrouver la source de la rumeur et contacter les "suspects". Dans la foulée, j'ai ensuite appelé les organisateurs du festival, histoire d'avoir leur appréciation du programme et leur réaction face à ce faux. De managers en festivals concurrents, le standard téléphonique de Paléo à rapidement été pris d'assaut suite à la propagation du faux programme. Qui furieux de ne pas être annoncé alors que tout semblait signé, qui de s'énerver de découvrir à l'affiche de Paléo un artiste confirmé pour son événement. Le faux programme était devenu vrai en quelques heures.

Toutes ces informations, ainsi que la confirmation qu'il s'agit d'un faux, seront révélées en début de semaine - lundi ou mardi - par un communiqué de presse du Paléo. Leur service de presse a eu la gentillesse de me prévenir de son envoi imminent. Sympathique, puisqu'une bonne partie de ce que je voulais raconter va ainsi se retrouver dans la boîte e-mail de tous les journalistes du pays.

Et ce faussaire, me direz-vous? Et bien je ne vais pas donner son nom ni son pseudo ici. Juste dire qu'il n'appartient pas à l'équipe de Paléo, ni au monde de la presse, qu'il est étudiant et qu'il a moins de vingt ans. Dire aussi qu'il s'agit d'un passionné de musique, au fait des rumeurs et autres confirmations que portent la toile. Et d'un petit malin, capable de pondre un faux programme à la véracité troublante. Sa recette? Un digest des différents groupes en tournée durant la semaine du Paléo, avec quelques autres moins fréquentables, mais qui correspondent au côté variétés du festival (exemple: Emmanuel Moire). Ses points faibles? La musique du monde et les groupes suisses.

J'aurais bien voulu interviewer ce faussaire malicieux, mais il a finalement préféré se taire. Et je le comprends. A voir la manière dont certains se sont jetés sur "son" programme, il y aurait bien eu des journaux pour le harceler et tenter de l'accrocher en couverture, tel un people, mi-héros, mi-bouc émissaire. Car ce qui restera de cette histoire, c'est bien l'emballement médiatique autour d'un non-événement. Comme s'il ne se passait rien d'autres en ce moment. Comme si il n'y avait pas de concert à se mettre sous la dent (rien que ce week-end en Suisse romande: Alela Diane, Brisa Roché, Laibach, Keren Ann, Taint et d'autres encore).

Alors oui, on me dira que Paléo intéresse chaque année au moins 180 000 personnes (ceux qui ont un billet). Mais est-ce à dire que tous sont avides de connaître le programme deux semaines avant sa publication? Il y a une escalade et un manque de discernement flagrant. Et la seule histoire valable à raconter serait plutôt celle démontrant que n'importe qui depuis chez lui peut espérer faire suer les médias avec un brin de malice. Expédier une imitation d'information et espérer décrocher des articles un peu partout, des citations aux flash radio. Et, comble du comble, rester dans l'ombre, jusqu'à faire croire à son inexistence, à la véracité de son invention. C'est un peu consternant, non?

28/03/2008

Joy Division - Permanent

Jdpe Si je respectais à la lettre le concept de cette rubrique, je parlerai ici de Closer et non de Permanent. Mais cela imposerait une sorte de bégaiement à ce blog. Parlons donc de l'étape suivante et laissons l'origine aux archives.

La première fois que j'ai vu le nom de Joy Division, c'était dans Les Inrockuptibles, à l'occasion d'un article pour la sortie de la compilation Permanent. Je lisais, j'oubliais.

La première fois que j'ai entendu le nom de Joy Division, c'était chez un ami, qui venait d'acheter Closer. J'écoutais, je restais fasciné.

Le premier disque de Joy Division que j'ai acheté, c'était Permanent, histoire de ne pas faire doublon avec le Closer de mon pote. She's Lost Control me toucha comme rarement une chanson l'avait fait jusque là.

Moins archéologue que Substance - précédente compilation qui piochait dans la période Warsaw - Permanent est une sélection idéale pour découvrir Joy Division et mesurer son influence et sa modernité. Les extraits d'Unknown Pleasures et de Closer sont plutôt bien choisis et on y retrouve également une bonne partie des maxis sortis en parallèle, égrenant de nombreuses chansons indispensables, de Dead Souls à Love Will Tear Us Apart, en passant par Atmosphere.

J'ai sans doute accompagner mes premières écoutes d'une lecture des notes de pochette. Mais je ne suis plus sûr et ne peux les relire, puisque ce disque est définitivement perdu pour ma discothèque (je l'avais prêté au bassiste du groupe avec lequel je chantais des reprises de Joy Division et il l'a perdu). Rapidement pourtant, j'eus besoin de plus. J'ai dû relire l'article des Inrocks puis j'ai profité d'un passage à Lausanne pour acheter Ian Curtis & Joy Division: Histoire d'une vie de Déborah Curtis. Une lecture qui a participé à ma fascination pour le groupe. Mais pas autant que la première écoute de Closer ou la découverte de She's Lost Control.

Avec sa rythmique martiale et digitale, sa ligne de basse vénéneuse et son chant marqué par une réverbe hantée, cette chanson investit un territoire qui ne ressemble à rien d'autre dans l'oeuvre de Joy Division. Anomalie sur Unknown Pleasures, She's Lost Control possède un son qui n'est pas exactement celui de Closer. Le canevas à la froideur synthétique se double à mesure d'une sauvagerie comme retenue, symbolisée par le grondement de la guitare à l'arrière-plan et des breaks au tribalisme milimétré.

Il y a dans ces trois minutes cinquante-huit une puissance malsaine qui renvoie aussi bien à la scène krautrock allemande qu'au premier Velvet Underground. Le tout sans imitation pourtant. Seule l'atmosphère est similaire. La musique, elle, ne ressemble à rien de connu, rien d'entendu depuis. Beaucoup de groupes ont cultivé l'héritage de Joy Division, mais aucun n'a su saisir l'effroi électrique de She's Lost Control, encore moins le reproduire.

Closer était un gouffre dans lequel je m'étais laissé tomber avec une simplicité adolescente et She's Lost Control le couloir sombre qu'on trouvait une fois arrivé au terme de sa chute. Une chanson dont on ne revient pas, pour un groupe qu'on ne pourra plus jamais quitter.

27/03/2008

Un Matador de printemps

Matafront Mataback Pochette économique Contenu plus généreux. De l'actualité et du à venir, du côté de chez Matador.

C'est une pratique qui ne s'est malheureusement guère généralisée depuis l'avènement du net: le sampler numérique. La bonne vieille compilation promotionnelle de label à l'ère du digital. Saluons donc ici l'oeuvr de Matador, lâchant sur le net un sampler printanier du plus bel effet.

Au menu, douze artistes du label, des "anciens" Cat Power et Stephan Malkmus aux plus méconnus The New Pornographers ou Shearwater. Certains titres étaient déjà disponibles gratuitement sur le site, d'autres viennent compléter une offre panoramique, avec même quelques coups de projecteurs sur la fin du printemps (les nouveaux Matmos et Shearwater). Bonus non négligeable, un titre de Mission Of Burma dont Matador réédite trois albums ce mois. Petite surprise finale, une sorte de blague téléphonique clôt la compilation. Voilà, voilà...

On écoute, retrouve, découvre et on apprécie le geste. Le tout ici.

26/03/2008

Paléo 2008: faux programme, vrais frissons

Paleofake Vrai ou faux Réponse le 10 avril. Entre-temps voilà de quoi rêver...

C'est un peu une habitude. Fin mars, le programme de Paléo apparaît sur le net et dans les boîtes e-mail, fruit d'une fuite dans la dernière ligne droite.

2008 ne fera pas exception. Alors que l'annonce officielle est agendée pour le 10 avril, un programme daté du 24 mars a commencé à tourner en fin de matinée. Et quel programme! Alain Bashung, R.E.M. ou Leonard Cohen, rayon dinosaures. Feist, Sigur Ros, dEUS ou Massive Attack section valeurs sûres. Et même des retours de râclures avec The Verve, The Stanglers et... My Bloody Valentine.

Entre son aspect pantagruelesque et l'arlésienne de Kevin Shields, on commence à douter. Quelques mails et téléphones plus tard, je reste dans l'expectative. Un faux selon les organisateurs. Des erreurs selon les agents. D'étranges absences selon les maisons de disques. Ceci dit, certains noms étaient déjà connus et d'autres semblent confirmés. Donc tout n'est pas à jeter.

Au final, difficile à trancher entre canular bien orchestré, vrai programme démenti ou feuille de route chamboulée depuis. Reste que ce programme-là fait plaisir à voir. Et laisse rêveur jusqu'au 10 avril. Soyons patients...

EDIT: Un peu plus d'infos ici

3 x mea culpa

Ep CaTktTrois disques oubliés Pour compléter le tableau de chasse de l'année 2007

C'est quelque chose qui m'a toujours déplu dans les magazines musicaux: l'incapacité à reconnaître ses erreurs. On s'emporte sur un disque - chef d'oeuvre ou à jeter aux orties - on en oublie d'autres, mais jamais on ne fait son mea culpa. Pire, parfois on écrit le contraire plus tard, sans vergogne, comme amnésique, ou on s'érige en initié des débuts, comptant sur la mémoire courte du lecteur.

Histoire de donner l'exemple, voici trois albums que j'ai malencontreusement manqué l'année dernière. La pop krautrocky-psyché de Caribou n'a ainsi jamais attéri dans ma boîte aux lettres, m'empêchant de tresser des lauriers à ce cousin pas si éloigné de l'animal solitaire Panda Bear. La post-pop mâtinée d'electronica d'Efterklang a quant à elle pris la poussière plusieurs mois sur mon bureau, avant que je me décide à l'écouter, hélàs trop tard pour le classement rituel. Plus étrange, il aura fallu un concert incroyable à l'Eurosonic pour que le rock lyrique tendance Arcade Fire de The Kissaway Trail m'éblouisse. A croire que j'avais les oreilles bien mal en point lors de ma première écoute du disque...

Faute avouée à moitié pardonnée?

   


1. Efterklang - Mirador (extrait de Parades)
2. Caribou - Melody Day (extrait de Andorra)
3. The Kissaway Trail - Smother + Evil = Hurt (extrait de The Kissaway Trail)

25/03/2008

Portishead - Machine Gun

PRetour surprise Après dix ans d'absence, Portishead se paie le luxe de balayer la nostalgie.

Entre nous, je pensais que le retour de Portishead toucherait une corde sensible chez moi, uniquement par nostalgie. Comme le plaisir de retrouver le groupe de ses 15 ans, symbole d'une époque révolue mais dont les souvenirs restent forts. Une madeleine en somme.

Après avoir écouté Third une bonne dizaine de fois, je suis forcé de reconnaître que je me suis planté. Le groupe de Bristol frappe un joli coup - voire un grand coup - réussissant à dépasser la formule qui la fait connaître, sans pour autant se renier. Plus rugueux, plus alambiqué, ce nouvel album dévie un peu des ambiances cinématographiques pour lorgner vers des climats post-punk. Mais pas de revival pour autant. Chez Portishead on intègre, on ne recycle pas!

Les rythmiques sont plus agressives, les guitares jouent d'un bruitisme rampant, tandis que la voix de Beth Gibbons conserve sa fragilité soul, alignant des mélopées aussi douces que du papier de verre. Premier extrait du disque, Machine Gun est un ambassadeur fidèle, portant en lui les diverses tensions qui traverse l'album. Et si vous en voulez plus, attendez fin avril pour découvrir d'autres titres plus puissants encore, tel le binôme Plastic / We Carry On, dont la noircuer déglinguée irradie au milieu de Third.

24/03/2008

Vampire Weekend - Oxford Comma

Vw Les vampires aiment le soleil Du moins du côté de New York, où les rythmques africaines remplacent l'éternel bourdon post-punk.

Reprenons notre casting de La Nouvelle Star où nous l'avions laissé la semaine dernière. Philippe Manoeuvre élimine The Teenagers, leur conseillant de retourner jouer dans leur chambre. Lio recale The Do, mais se leur laisse sa carte dès fois que la place de chanteuse se libèrerait. Quant à Sinclair il se sent pousser des oreilles, fredonne Happy Together et fait coffrer The Hoosiers pour plagiat.

Restait MGMT - recommandé par le vieux Dave Friedman - que votre serviteur a sauvé. Mais voilà, quatre garçons trop timides attendaient derrière la porte du studio. Résultat, la femme de ménage les a retrouvés et ils se présentent au jury aujourd'hui.

Vampire Weekend donc et leur premier album du même nom. Casier vierge, CV habituel (New York, effet blogosphère, contrat chez XL). Détail déterminant: on a oublié de les relooker. On ferme donc les yeux et on écoute. Et là: la surprise.

Derrière des mélodies au charme fragile, presque aigrelet, les quatre New-yorkais font un joli coup en piochant dans la fin de carrière de Talking Heads plutôt qu'au début. Exit la folie post-punk, troquée contre des rythmiques africaines. "Ben oui... euh... on est fan d'Orchestra Baobab." Le jury n'en demandait pas tant, même si on sent plus ici le capypso et le reggaeton (qui rime au passage avec Louis Vuitton). Ainsi, quand le groupe s'énerve - c'est relatif, hein - son A-Punk fait plus référence au Clash qu'aux Sex Pistols, la puissance de frappe trois crancs plus bas quand même. Quant aux ballades comme ce Oxford Comma, elles évoquent le Paul Simon d'après le divorce d'avec Garfunkel.

Reste au final un joli album, frais et sautillant, qui fait mentir la légende: les vampires ne craignent pas le soleil! Seul bémol, l'usage des cordes n'est pas toujours à niveau. Si parfois on songe à une miniature piquée chez XTC, on pense souvent à la meringue She's A Rainbow des pierres qui roulent et on se dit que trop c'est trop, dans la série kitsch. Mais on y revient quand même, ne serait-ce que pour le quarté gagnant qui ouvre l'album (dans l'ordre d'arrivée: Mansard Roof, Oxford Comma, A-Punk, Cape Cod Kwassa Kwassa).

(On me signale qu'aucun des groupes cités dans cet article n'ont participé à La Nouvelle Star, ni en vainqueurs, ni en losers. Alors pourquoi tout le monde dit que c'est pas si mal?)

Vw_vw Vampire Weekend
s/t
XL/Musikvertrieb

www.vampireweekend.com
www.myspace.com/vampireweekend

Télécharger le MP3

21/03/2008

Pulp - Different Class

Pdc Je l'avoue d'entrée, je voulais ressembler à Jarvis Cocker quand j'avais 15 ans. Non, sérieusement. J'en ai passé des heures devant le miroir à singer la chorégraphie du clip de Common People. Sans compter mes piteuses tentatives de reproduire ce look de dandy délavé, un brin malhabile. Des vieilles vestes de costume de mon père à celle de mariage du grand-père d'un ami.

Plus tard en vieillissant j'arriverais mieux à reproduire le look et l'attitude de Jarvis Cocker. De meilleures vestes, une maladresse plus naturelle et une lassitude palpable, signe du dandy qui s'ignore - ou qu'on ignore. Et je me trouverais ridicule, mais finirais par m'en foutre.

Entre deux, il y aura eu Different Class, album étalon de la brit pop, classique indépassable d'un genre sur-estimé en son temps, sous-estimé aujourd'hui.

Commes les maxis étaient une denrée rare et que le téléchargement n'existait pas encore, j'ai passé l'été 95 à visionner et revisionner le clip de Common People, enregistré sur VHS. De juin à octobre, en attendant la publication de l'album. Autant dire que mon enthousiasme était grand au moment d'acheter Different Class, avant même de le glisser dans le lecteur CD. La suite ne ferait que nourrir un peu plus encore ce sentiment.

A l'exception du plat Bar Italia et de Pencil Skirt (chanson que j'ai mystérieusement toujours détesté), chaque piste de l'album fut pour moi un tube à un moment donné. Des maxis magnifiques (Common People, Mis Shapes, Disco 2000) aux étrangetés bienvenues (F.E.E.L.I.N.G.C.A.L.L.E.D.L.O.V.E., Monday Morning, I Spy), en passant par la mélancolie cynique (Underwear, Live Bed Show), j'aimais ce contrepoint fascinant entre mélodies synthétiques, comme insouciantes, et paroles caustiques. Une première pour moi qui ne connaissais encore les Smiths.

Aujourd'hui, rien n'a changé ou presque. Je reviens toujours aussi souvent à Different Class, avec une nette préférence pour le binôme Underwear/Monday Morning, sorte d'opposition mélodique (pop triste, pop ska) pour de mêmes lendemains matins avec gueule de bois. Comme si toute la puissance de ce grand album s'y trouvait résumée, à raconter toujours la même histoire avec une capacité unique à étonner à chaque fois.

20/03/2008

Pavement - Range Life

Pback Fini les vacances La retraite à Miami, The Jicks et tout le reste. Comme Led Zep, Pavement pourrait reprendre du service pour une date unique.

La nouvelle est tombée il y a une dizaine de jours. Pavement pourrait se reformer, pour une date unique, à l'occasion des 20 ans du label Matador. Et ce 10 ans après la séparation du groupe. Chacun en pensera ce qu'il veut, mais on peut sourire du nombre de sites de news qui compare cette annonce à la reformation de Led Zeppelin (pour le trend, bien sûr). Comme si Pavement allait soudain se découvrir 20 millions de fans prêts à se battre pour un ticket.

Ceci dit, j'avoue que si j'était resté stoïque au moment du concert de Led Zep - contrairement à certains confères prêts à vendre père et mère pour voir le concert de loin, voir à la télé - celui de Pavement me ferait presque envie...

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