Die Freundin Révélée par la Suisse romande, la Zurichoise Sophie Hunger chante puis meurt dans Der Freund, un premier film alémanique dont la B.O. sort sur un label lausannois.
A petit pays, petits problèmes... et petits points de vue!
La semaine dernière se tenaient les journées du cinéma suisse de Soleure. Naïvement, je suggérai à notre envoyé spécial local - la fine plume Antoine Duplan - d'aller jeter un oeil sur Der Freund, premier film à la B.O. duquel ont participé Sophie Hunger et Raphelson. "Mais bien sûr que j'y vais. Le film a d'ailleurs récolté 4 nominations pour les prix du cinéma suisse!", me rétorqua-t-il. Moi qui croyais naïvement à un mini-film tourné entre amis...
Deux jours plus tard, Der Freund remportait le prix du meilleur film de l'année. Je me réjouisais donc de le voir et, en attendant une sortie en Suisse romande, m'empressais de découvrir les critiques des nombreux envoyés spéciaux romands à Soleure. Las, à côté d'une chronique enthousiaste d'Antoine Duplan, je trouvais surtout des querelles de clochers, des pleurnicheries romando-romandes. Dans le quotidien Le Temps, on nous parle surtout de l'honneur romand perdu, les Alémaniques se partageant la majorité des prix. Le Matin Dimanche va jusqu'à évoquer ces "oubliés", "superbement ignorés" que sont nos compatriotes francophones en terres germanophones. Quant aux communiqués d'agence repris ailleurs, ils ne font qu'insister un peu plus sur ce palmarès "très alémanique". Foin de critique, dans l'immédiat du moins (Le Temps corrige le tir le vendredi sous la plume de Thierry Jobin, complimentant Der Freund avec des pincettes).
Il n'aurait pourtant pas fallu creuser beaucoup pour trouver en Der Freund un terrain d'entente entre Alémaniques et Romands. Je n'ai pas encore vu le film, mais j'y vois déjà quelques croisements réjouissants. Contant l'histoire d'un petit bonhomme coincé qui joue le rôle de petit copain d'une chanteuse décdédée, Der Freund est traversé par l'image et la musique de Sophie Hunger, chanteuse zurichoise découverte et sacrée par la Suisse romande. Altruiste, elle a même invité le Jurassien Raphelson a participé à la B.O. du film avec une chanson. Une B.O. sortie ce début d'année sur le label lausannois Gentlemen. Difficile d'y voir un déni superbe du romandisme...
Alors bien sûr, Der Freund reste un film alémanique, mais ouvert sur la pauvre petite Suisse romande. Et si on y ajoute le prix de la meilleure musique de film décerné au rappeur lausannois Stress et violoncelliste bernois Mich Gerber, on est en droit de penser qu'au moment où les chroniqueurs de ce petit bout de pays consolide la barrière de Rösti, les musiciens des deux côtés prennent place à la même table. Reste à espérer que les distributeurs et cinémas romands auront la dent moins dure que la presse locale et permettront au film de Micha Lewinsky de profiter d'une sortie sur les écrans francophones du pays. Histoire que les spectateurs romands puissent juger sur pièce de ce vilain tour jouer à leurs compatriotes à Soleure.


























Il y aurait en effet beaucoup à dire sur cette tendance typiquement romande qui ne voit dans la Suisse alémanique qu'un anecdotique post-scriptum, alors qu'elle couvre les deux-tiers du pays. Il est sans doute plus facile de se cantonner dans le rôle de la minorité pleurnicharde que de s'intéresser à ce qui se passe ailleurs.
Rédigé par : Julien | 29/01/2008 à 14:58