Sunshine Klaxons au pays des Soviets, pour ces Tchèques qui n'ont pas froid aux yeux. La baffe!
A Groningen, les journées sont longues, à trainer ses guêtres dans le centre de conférence du festival. Et comme en plus on n'a pas le droit de fumer à l'intérieur... La mesure a finalement des avantages. Clopant sur le trottoir, j'engage la conversation avec un confrère de la radio belge. Celui-ci reçoit alors un message lui apprenant que The Tellers vont faire un showcase dans un magasin de disques du centre-ville. Ni une, ni deux, nous nous mettons en route.
Tels des Arctic Monkeys dans les fringues d'Oasis, les Belges The Tellers ont des têtes de chérubins du rock. En acoustique, leur pop hédoniste trouve un contrepoint bienvenu avec quelques gimmicks folk. Malgré une solide impression de redite d'un titre à l'autre, la prestation tient la route entre ritournelles et songwriting, idéale à l'heure du thé. Et comme le concert électrique du soir s'annonce blindé, je me félicite de ce bon tuyau belge.
Le soir, donc, avec une première surprise. Depuis hier, le nombre de salles a doublé. Difficile de faire son choix. Histoire de bien démarrer, je me dirige vers l'Academie Minerva où est annoncée une soirée metal. Appelés de dernière minute pour ouvrir les feux, les Lausannois Kruger offrent un concert solide et énergique pour une poignée de spectateurs (de 50 au début ils seront 100 à la fin du set). Efficace, mais il est encore tôt, malheureusement.
Malgré l'heure, la soirée PIAS au Huis Maaz fait déjà le plein. Sur scène, les Anglais The Heavy proposent un cocktail soul-rock à la manière de The Bellrays. Un brin de Blacksploitation en plus, mixé à un canevas électrique digne de Rage Against The Machine. Un brin d'académisme aussi, qui empêche le concert de vraiment décoller, même si une partie du public semble y trouver son compte. Sans doute bien parti pour jouer sa carte parmi les sensations de l'année, The Heavy pêche encore par manque de naturel.
De naturel, l'Islandais Mugisson n'en manque pas ce soir. Exit les bidouillages ambient, le voici sur scène en duo, bien décidé à montrer son visage de Northern cowboy. Comme un Tom Waits venu du froid, il enchaîne les ballades rauques et sinueuses, pour un résultat de bonne tenue. Seul bémol, on se dit que les cowboys du type commencent à se multiplier. Difficile alors de tirer son épingle du jeu. A moins qu'on organise quelques duels au soleil...
Revigoré par l'herbe locale, je prends le chemin du Vindicat, où sont attendus les Tchèques de Sunshine. Avec ses murs délavés et ses grafs en tout genre, la salle a des allures de squat. Un terrain idéal pour ces sortes de Klaxons venus du pays des Soviets, qui prennent possession des lieux en un titre à peine. Punk, new-wave, new-rave, pop, les genres se télescopent dans la formule de Sunshine, évoquant tour à tour Editors, The Young Gods ou The Rapture. Seule leur chorégraphie un brin trop rigide pour être honnête laisse sceptique. Mais qu'importe. Musicalement, Sunshine est là.
On n'en dira pas autant de Futurehead qui a pris le relais à la soirée PIAS. Lookés à la manière de l'as de pique keupon (avec un soupçon de Brian Molko en joueur de billard pour le chanteur) les Anglais balancent un punk-rock dans la plus pure tradition locale, sans rien inventer, ni même se démarquer. A la manière de The Heavy, il y en aura pour couronner ce renouveau britannique dans la cour des The Clash. Mais ne comptez pas sur moi.
De la perfide Albion, je préfère retenir Pete and the Pirates, poulain choisi par la BBC pour le festival. Dans l'ambiance étrange de la Muziekschool (imaginez débarquer dans votre ancien lycée en pleine nuit), le groupe anglais séduit avec sa pop lourde et hédoniste, le tout sans se prendre au sérieux. Si les structures des chansons tiennent à merveille dans le moule brit pop, l'accent porté sur l'électricité en live amène un souffle bienvenu. Honnête, peut-être pas inoubliable, mais nettement moins poseur que ses compatriotes de l'écurie PIAS, Pete and the Pirates devrait faire parler la poudre cette année.
Pour ma part, il est l'heure de lever le camp. Les frites du Febo ont achevé de me pousser vers ma chambre d'hôtel. Je ferai l'impasse sur Reverend and the Makers, dont le disque prend la poussière depuis plusieurs semaines sur mon bureau. Promis, au retour je l'écoute!


























J'aimerais bien voir les Futureheads sur scène, même s'ils ont perdu le charme de leurs premiers EPs...
Rédigé par : lyle | 19/01/2008 à 09:25
@ Lyle:
Sérieusement, j'ai tenu 3 titres, après avoir poireauté 30 minutes dans la salle en attendant que ça commence.
Mais bon, c'est peut-être moi qui écoute de la musique de merde, finalement :-)
Rédigé par : Christophe | 20/01/2008 à 15:01
On écoute tous de la musique de merde en fait...
Sérieusement, leur 2 premiers EPs ( il y a 5 ans déjà ) étaient bien barrés dans le genre art-pop/punk.
Et puis ( ils le disent eux-mêmes ) ils se sont décidé à apprendre à jouer pour enregistrer leur premier album et c'est devenu un peu trop propre...
Rédigé par : lyle | 21/01/2008 à 22:11