30 Radiohead - In Rainbows (auto-production)
A la fois surprise de
l'automne et disque le plus attendu de la rentrée, In
Rainbows "révolutionne" la distribution discographique, mais
révèle dans le même temps les limites du groupe
d'Oxford. Limpides et complexes à la fois, ces dix chansons
n'évitent pas certains tics ou bégaiements (tant dans leurs sonorités que dans leurs structures), comme si
Radiohead revisitait Radiohead. Ce qui est déjà pas mal peut-être...
29 Electrelane No Shouts No Calls (Too Pure/Musikvertrieb)
Quatrième album du groupe de Brighton, ce No Shouts, No Calls a des allures de "best of", renforcé encore par l'annonce cet automne de la mise en sommeil d'Electrelane. No-wave, krautrock mais aussi pop tendance un brin kitsch se succèdent, ne lésinant ni sur les coups d'accélérateurs, ni sur les coups de disto, fissurant des mélodies obsédantes, à l'hypnose pavlovienne.
28 Grinderman - Grinderman (Mute/Musikvertrieb)
Réduit en quatuor, Nick Cave et ses mauvaises graines replongent dans le culte au dieu électricité, pour un blues à la noirceur rageuse, sur lequel le crooner australien redevient prêcheur malsain. Et même si le milieu de l'album semble tourner en roue libre, la fulgurance qui l'entoure - d'un début tonitruant à la ballade Man In The Moon - confère ses lettres de noblesse à ce Grinderman.
27 Devastations - Yes, U (Beggars Banquet/Musikvertrieb)
Voisins de Nick Cave et Tindersticks, ce trio australien entretient également des liens avec les rêves pop feutrés de Pulp, entre glamour désenchanté et numéro de crooner glacé. Minmalistes, synthétiques ou élastiques, les chansons de Yes, U font de ce troisième album un pendant au This Is Hardcore du groupe de Jarvis Cocker, comblant ses points faibles par quelques sommets au lyrisme tranchant.
26 Nina Nastasia & Jim White - You Follow Me (Fat Cat/Namskeïo)
Difficile de savoir qui de la chanteuse ou du bateur suit l'autre, tant cet album écrit à quatre mains joue le contrepoint entre des mélodies dépouillées et des percussions au phrasé mi-jazz, mi-rock. Et même si la batterie semble transformer le songwriting de Nina Nastasia, c'est moins pour le diriger que pour lui insuffler un mouvement interne constant.
25 Bat For Lashes - Fur And Gold (Parlophone/EMI)
Dans la lignée de Joan As Policewoman, My Brightest Diamond ou St
Vincent, ce quatuor anglais joue la carte d'une pop inventive et
originale au féminin. Mais plutôt que PJ Harvey ou Cat Power, ce sont
Kate Bush et Siouxsie Sioux qui semblent les bonnes (?) fées penchées
sur ce réussi et mystique Fur And Gold, déjà "adopté" par Björk et Thom Yorke.
24 Forget Cassettes - Salt (Tangled Up/RecRec)
Tendues et rageuses, les chansons de ce duo de Nashville évoquent une improbable rencontre entre PJ Harvey et Shellac. Une émotion à fleur de peau habite des morceaux aux structures mathématiques ou débridées, sur lesquels une batterie émancipée dialogue avec une chanteuse-guitariste au swing explosif, pour un concerto électrique à deux voix.
23 Interzone - Deuxième jour (Barclay/Universal)
Deuxième chapitre discographique pour le duo formé de Serge Teyssot-Gay
et du syrien Khaled AlJaramani. Guitare et oud y dialogue à la
perfection, mêlant leurs lignes électriques et acoustiques, le tout
habité par un chant hypnotique. Le mélange ne tombe jamais dans
l'exercice maladroit, grâce à la virtuosité d'AlJaramani et au jeu si
reconnaissable de Teyssot-Gay.
22 Liars - Liars (Mute/Musikvertrieb)
Plus direct et nerveux que Drum's Not Dead, plus concis et structuré que They Were Wrong So, We Drowned, plus lourd et abrasif que They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top, ce Liars-là n'est peut-être pas le meilleur album du groupe, mais s'impose comme sa plus belle collection de chansons rock, entre no-wave, noise et shoegazing.
21 !!! - Myth Takes (Warp/Musikvertrieb)
Rock, punk, electro, disco... ces New-Yorkais multiplient les pistes
sur un troisième album plus puissant et cohérent que jamais, où se
télescopent rythmiques explosives et guitares débridées. D'un
frénétique All My Heroes Are Weirdos à l'hédonisme assumé de Yadnus et Must Be The Moon, la triplette exclamative réconcilie rock et dancefloors, avec classe et énergie.




























Avec les sorties décalées on s'y perd. Forget Cassettes étaient dans mes 20 albums préférés de 2006 ( pas le Bat for Lashes en revanche... )
Ca serait tellement plus pratique si les disques sortaient partout en même temps...
Rédigé par : lyle | 12/12/2007 à 20:41
Un point pour toi. Surtout que dans mon top 10, on trouve également 2 disques sortis avant 2007 outre Atlantique.
Pour ma pomme, malgré la globalisation offerte par le net, je reste calqué sur le calendrier des sorties européennes. (A tort ou à raison)
Rédigé par : Christophe | 12/12/2007 à 20:58
Moi aussi en fait. Sauf qu'en j'ai eu l'album en import avant.
Deux des disques de mon TOP5 des chanteuses 2007 sont d'abord sortis en 2006...
Rédigé par : lyle | 12/12/2007 à 22:27