L'année dernière, le premier album de Beirut s'était imposé comme une évidence. Un songwriting immédiat et délicat, souligné d'une réelle originalité grâce au croisement qu'il opérait entre pop et folk made in Balkans. En une écoute à peine, Zach Condon gagnait les coeurs, jusqu'à se hisser haut, très haut dans le classement annuel de ce blog. Restait à confirmer.
Je serai malhonnête de cacher la petite déception que m'ont procuré les premières écoutes de The Flying Cup Club, second chapitre des aventures discographiques de Beirut. Rien de décevant ni de grave, non, mais pas de surprise, ou presque. Condon a déménagé à Paris, découvert Brel et Aznavour, et tout naturellement la musette, le français (pour les titres), des morceaux de Godard et des arrangements classieux - sur un mode léger tout de même - remplacent par instants le folk balkanique dans son coeur. L'effet n'est pas renversant, à peine déboussolant, la voix et l'écriture restant celles découverte avec The Gulag Orkestar, telle une recette. Mais une recette digne d'un grand chef, heureusement.
Car passé cette absence de surprise, l'art subtil et fragile du songwriting de Beirut transparaît par instants et ne pousse pas à bailler comme le petit Zach sur la photo (hu hu hu). Surtout, avec ce chant unique entre urgence mélodique et mélancolie voilée, on retrouve parfois l'émotion qu'avait fait naître la première écoute de Postcards From Italy ou Rhineland (Heartland). Une émotion qui devrait gagner nombre de nouveaux auditeurs grâce à ce second album attendu et maîtrisé. Et ce n'est que justice pour ce petit bonhomme décidément venu d'ailleurs.



























C'est moi ou tout le monde fait des choeurs de l'Armée du Salut en ce moment? Après Devendra, Arcade Fire et Animal Collective, voilà Beirut et sa chorale... personnellement ça me gonfle, suis-je le seul dans ce cas à regretter le côté baloche de tout ça? La musique de ces zozos est très belle, mais je reste allergique au style "fin de nuit au pub du coin"... c'est la tendance du moment, mais on aimerait bien que le moment passe....
Rédigé par : Fauve | 09/10/2007 à 16:46
Non, monsieur Fauve, tu n'est pas le seul à ne pas aimer les ambiances "beuh beuh beuh... blurps".
Ca passera, assez vite j'imagine.
Mais tu verras qu'on les regrettera ces chorales si fines et délicates quand la hype sera aux beuglements de meutes de chiens en fin de refrain...
Comme dirait l'autre, "Hi hi hi"!
Rédigé par : Bruno | 09/10/2007 à 17:46
Un peu de peine à voir le parallèle entre les choeurs "world" de Beirut et Devendra Banhart et les cris primitifs d'Animal Collective, quand même.
Après, j'avoue que ça ne me dérange pas plus que ça. Par contre, le côté "recette" de ce nouveau Beirut me lasse déjà. Un peu comme si il nous faisait un "Gulag Orkestar" bis, histoire d'avoir cette fois-ci le succès qu'il aurait mérité l'année dernière.
Rédigé par : Christophe Schenk | 09/10/2007 à 17:58
d'ailleurs, au rayon "recette qui agace", ils sont carrément un sacré paquet à se tirer la bourre...
Rédigé par : Bruno | 09/10/2007 à 18:33
Tu penses à qui encore?
Rédigé par : Christophe Schenk | 09/10/2007 à 23:19
Je crois que les noms, on les connaît tous, ce sont tous ceux dont à peu près tout le monde parle en même temps, quelques soient leurs hypothétiques qualités, pourvu qu'ils aient une actualité. Traduire sortie d'album ou une de tabloids.
La recette...?
Facile, attitude borderline (très très vendeur) et "je-m'en-foutiste" au possible.
Si en plus on est persuadé révolutionner la musique moderne chaque fois que l'on trouve un riff de 2 notes sur sa guitare électrique vintage, c'est carrément optimal!
Des noms quand même...?
Je ne sais pas moi... au hasard, jette un oeil sur la couv de n'importe quel hebdo musical, ça devrait faire l'affaire.
Après, c'est sûr, c'est une histoire de goût.
C'est juste que ce genre de goût me paraît terriblement bien organisé, commercialement parlant...
Alors je fais mon grincheux de service!
Rédigé par : Bruno | 10/10/2007 à 10:24
Allez, moi je vais cafter, avec des noms qui me viennent, là, spontex: Benjamin Biolay (le gag absolu), Klaxons, Gossip, Editors, Mika, on peut pas dire que le niveau du commerce soit très haut en ce moment...
Heureusement, on s'en fout, il y a le Robert Wyatt qui est merveilleux et le nouveau Radiohead qui feront notre année...
Rédigé par : Fauve | 10/10/2007 à 11:35
T'es dur avec Benjamin... il s'est quand même fait faire un vrai tatouage avec de l'encre dedans!
C'est hyper crédible comme attitude non?
à quand une tête de tigre géante sur ton avant-bras musclé???
Rédigé par : Bruno | 10/10/2007 à 11:52
Est ce que ce n'est pas encore plus à la mode de rejeter ce qui marche commercialement ( pour vous citer : mika, editors, Gossip, Klaxons etc..)?? qui je trouve renouvelent tout de meme chacun à leur sauce notre vieux rock des années 90...Le nouveau radiohead est un ok computer bis, donc je ne vous suis pas trop...
M'enfin pour moi, Beirut c'est un depaysement total, un voyage dans le temps, ce second ressemble au premier et alors, artistiquement ce n'est pas que 3 accords sur une guitarre et un synthé l'accompagnant. C'est sa marque de fabrique, et j'espere oui qu'il aura du succès enfin !
Rédigé par : Jo | 16/10/2007 à 11:37
Et là, l'éléphant, il met un pied dans la mare...
Deux pieds dans la mare...
(pardon, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, c'est juste une vieille blague bête de Coluche)
Rédigé par : Bruno | 16/10/2007 à 15:27