Rééditions, reformations, relectures, etc. Les coups d'oeil dans le rétroviseur du rock se succèdent et ne semblent pas devoir s'interrompre. Entre piqûre de rappel et coup de nostalgie, on applaudit des retours inespérés, on célèbre des albums cultes ou on se gave de bonus en versions remasterisées. A croire que l'on n'est pas sorti du syndrome fin de siècle, qu'on se fait un malin plaisir à ranger, ordonner, organiser, au cas où tout la lumière s'éteindrait sans prévenir.
Heureusement, cette pénible relecture de son histoire du rock réserve ses petites surprises. Des disques méconnus ou oubliés reviennent en pleine lumière grâce aux séries de concerts mises sur pied par le festival All Tomorrow's Parties. Des albums oubliés, rares ou devenus introuvables gagnent une nouvelle jeunesse grâce à d'intelligentes rééditions, jusqu'à trouver leur place comme chaînon manquant dans la grande histoire du rock.
Plus jolies surprises du lot, la réécriture de cette histoire dévoile chaque année maintenant ses trésors. A la manière dont Nick Drake profita des années 90 pour s'offrir enfin le succès qu'il aurait mérité de son vivant, des artistes passés inaperçus en leur temps obtiennent la reconnaissance. Adoubées par leurs pairs (Dylan racontant Karen Dalton dans ses Chroniques), citées par leurs descendants (Devendra Banhart ou Animal Collective invitant Vashti Bunyan), ces musiciens passent de la marge à la lumière, jusqu'à s'offrir un nouveau départ (si le temps n'en a pas décidé autrement).
Comme disait Jean-Luc Godard: "La marge, c'est ce qui fait tenir la page." Normal alors qu'elle soit enfin considérée dans l'almanach musical, dévoilant une passion jamais éteinte chez nombre de mélomanes, compulsifs comme du dimanche.
Lire l'article publié dans L'Hebdo (pdf)
Et pour poursuivre le dépoussiérage de ses petits trésors, deux vidéos d'époque de Karen Dalton et Vashti Bunyan.




























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