Entre les garçons du magasin d'animaux et le collectif animal, il n'y a pas eu photo. Traduction: sur scène Animal Collective enterre sans peine les Pet Shop Boys. Je passerai donc rapidement sur la performance montreusienne de ces derniers, alignant tubes versions karaoké, chorégraphies cheap et light-show moins éclatant qu'espéré. Rien de honteux, mais un concert trop minimaliste pour convaincre.
De son côté, Animal Collective a offert au public parisien de la Maroquinerie une prestation intense et tribale, dont le groupe a le secret. Surtout, à l'exception de deux titres de Sung Tongs (Who Could Win A Rabbit?, Leaf House) et d'un de Feels (Loch Raven), la troupe en trio a aligné les nouveaux titres, dans un magma sonore en fusion. Pas le moindre extrait de Strawberry Jam - album attendu pour septembre - mais de quoi graver déjà la suite.
Sur scène, Animal Collective transforme l'espace en un laboratoire moitié-savant fou, moitié-bricoleur. Pédales d'effets, samplers et autre matériel s'étalent sur une table en bois type "do it yourself", derrière laquelle se démultiplie Geologist, lampe de spéléologue vissée sur le front. De l'autre côté de la scène, Panda Bear tient les fûts, jouant de sa batterie debout et tenant les choeurs par instants. De la même manière, Avey Tare au centre n'hésite pas à abandonner le micro pour frapper à coeur joie les percussions de son comparse.
Le dispositif se traduit musicalement par des nappes évolutives, passant comme naturellement du planant à la saturation, tandis que les rythmiques électroniques et concrètes se télescopent, pour booster les chansons d'Animal Collective. Entre transe hypnotique et délires tribaux, la tribu dicte la cadence d'une danse indienne ou païenne, réunissant dans une même ronde déjantée hippies, clubbers et amateurs de pop.
Quatrième larron, Deakin ne joue pas sur cette tournée, mais danse en coulisses, à la manière d'un Bez moderne. Visiblement dans le trip, il fait office de baromètre pour le spectateur à mesure que défilent les nouveaux titres du groupe. Moins agressifs que ceux de Strawberry Jam, ils marquent surtout la disparition des guitares, creusant la veine d'un minimaliste magnifié. Le chant se fait moins primal par moment, lançant des airs poignants qui ont presque des allures de "chansons normales". Mais attention: presque, seulement.
Point d'orgue d'un set d'une heure trente - composé au final de cinq ou six longues séquences de morceaux - Leaf House referme un nouveau chapitre live qui termine de convaincre de l'importance du groupe. Mixant sans mode d'emploi connu pop, electro et folk primitif, Animal Collective invente une musique majeure, que l'on oserait presque qualifier de pop du XXIe siècle. Vivement la rentrée pour découvrir le petit dernier... et lire ici une interview du groupe.
Christophe Schenk, Paris, La Maroquinerie










































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