L'insolence de la jeunesse
Jean-Louis Murat a vieilli. C'est l'unique constat d'un concert soporiphique sous le Châpiteau, où chaque morceau semble s'intituler "Le blues où il ne se passe rien". A ce rythme, le vieil Auvergnat pourrait bien succéder à Polnareff pour le 14 juillet, quand la gauche aura repris le pouvoir, crachant sur cette reconnaissance en entonnant une Marseillaise fatiguée.
N'en déplaise à l'ami Murat, il fallait être jeune hier soir pour enflammer cette première soirée de Paléo. Appelés à inaugurer la Grande scène, les New-Yorkais !!! ont offert une prestation aux rythmiques survitaminées, malheureusement à une heure peu adaptée (18h). Malgré l'horloge (et la pluie) les sept musiciens (dont deux batteurs et un joueur de bongo) balancent leur cocktail disco-punk avec une énergie communicative. De brûlots électriques tel All My Heroes Are Weirdos à des hymnes plus électroniques, le concert a tenu ses promesses, mais je me réjouis de retrouver le groupe dans de meilleures conditions, sur la scène du For Noise (et comme ça je pourrais lorgner les fesses de leur chanteuse, qui a offert un strip-tease arrière aux spectateurs tandis que je sirotais déjà une bière ailleurs).
Sensation de la soirée, Arctic Monkeys prend le relai sur la Grande scène, en rangs serrés et sans décors ou effets spéciaux. A la manière de Franz Ferdinand 2 ans plus tôt, les chansons suffisent. Et quelles chansons! Vieux roublards d'à peine 21 ans, les quatre garçons de Sheffield maîtrisent à la perfection leur grammaire rock. Des rythmes saccadés de Supergrass aux riffs acérés de la scène ska post-Specials, Arctic Monkeys tricote des tubes à la chaîne, tenus à chaque fois par un gimmick. Amplement suffisant. Le numéro frise l'insolence. View From The Afternoon, Brianstorm, Fake Tales Of San Francisco ou encore Fluorescent Adolescent, le groupe alligne les perles pour la plus grande joie d'un public accroché en masse à la Grande scène.
A la limite de l'effronterie, Arctic Monkey ne se soucie pas de garder du jus sous la pédale ou du hit pour le rappel, débroussaillant à la vitesse grand V un répertoire des grands soirs. A tout juste 45 minutes au compteur - la moitié du show prévu - l'insolence atteint son paroxysme avec l'hymne I Bet That You Look Good On The Dancefloor et surtout l'imparable Balaclava, leçon de rock décomplexé d'à peine 3 minutes. D'une batterie doublant les guitares à la manière d'un certain hard-rock infréquentable jusqu'à une basse lorgnant vers les profondeurs de Joy Division, les singes de l'Arctique démontrent qu'ils sont déjà de ceux à qui on n'apprend plus à faire des grimaces. Faut-il s'en réjouir ou s'en effrayer? Peu importe finalement: l'insolence de la jeunesse rime aussi avec insouciance et on savoure ce show sans arrières pensées.
Christophe Schenk, Paléo Festival, Nyon














Les détracteurs de l'ami auvergnat, ont depuis toujours trouvé ses concerts soporifiques... il semblerait que cela n'ai rien à voir avec la vieillesse. Pour moi, il restera toujours cet éternel adolescent renfrogné...
Pour la jeunesse, je me contenterai de citer une chanson de Jérôme Minière: "la jeunesse est vieille comme le monde"...
Rédigé par: fred | 25/07/2007 at 10:55
Pour les citations, en voici une de Murat lui-même, lors d'un concert à Genève en 2005:
"Vous devez trouver ça lassant, non? Et bien, il va falloir vous y faire, à la lassitude..."
Rédigé par: Christophe | 25/07/2007 at 11:09
Personnellement, les Arctic Monkeys, j'ai trouvé ça chiant au possible. S'ils sont déjà blasés maintenant, on se réjouit de les revoir dans quelques années (quand le batteur ou le bassiste ne se planteront plus toutes les 12 mesures).
Ha oui, il paraît que Paléo a amélioré le son de la Grande Scène. Il paraît.
Rédigé par: Bab | 26/07/2007 at 17:44
Ouais, ai vu ni l'un ni l'autre à Paléo, mais l'âge n'a rien à voir là-dedans.. Murat est encore la plume la plus verte de la francophonie, et les Arctic Monkeys des vieux déguisés en jeunes... c'est pas parce qu'on joue vite et fort qu'on a l'urgence du rock, ça c'est le baratin de Rock'n'Folk... Remember "Quiet is the new loud"? Mais bon, Murat est pas fait pour Paléo ou vice-versa, ça je l'imagine bien...
Rédigé par: Fauve | 28/07/2007 at 10:50
Bien sûr que Arctic Monkeys ont le savoir faire de vieux routiniers. N'empêche qu'ils allient insolence et insouciance sur scène, balançant les tubes sans rétention spéciale rappel et évitant les poses démagos ou hautaines dans leur rapport au public.
Quant à Murat, mon vrai problème avec le bonhomme, c'est qu'à un moment le côté "je vais prendre le contre-pied de ce que vous attendez de moi sur scène" devient aussi une formule attendue.
Rédigé par: Christophe | 28/07/2007 at 11:15
"A la manière de Franz Ferdinand 2 ans plus tôt, les chansons suffisent. (...) le groupe alligne les perles pour la plus grande joie d'un public accroché en masse à la Grande scène."
sérieux?? franchement on a pas dû voir le même concert. Perso, j'ai assisté à un gig ultra-convenu, sans âme et sans originalité. Les membres du groupes ont le charisme d'un beignet (excepté le batteur, seul quidam réjouissant de cette bande bien molle de pseudo musiciens..si je puis dire) et leurs chansons, n'en déplaise à certains ne sont pas et de loin tous des tupes. Je trouve que la comparaison aved Franz est relativement forte de café au vu de l'ambiance incomparable entre les deux concerts. Franz a justement ce qu'Arctic n'a pas: du charisme bien sûr mais surtout des mélodies et riffs évidents qui obligent les auditeurs à s'en rappeler à la première écoute.
Non, je n'arrive pas à trouver de l'intérêt pr ce groupe que j'estime bien en-dessous des Babyshambles, Dirty pretty things et autres Kooks...
En ce qui concerne, J-L Murat, je crois qu'il s'est aussi emmerdé que nous... qqun a-t-il aussi remarqué qu'il était aussi déchiré qu'un drap de pauvre??
Rédigé par: Xav | 08/08/2007 at 15:00