Dimanche soir, peu avant minuit. Grippe et rhume me poussent à reprendre le chemin de l'hôtel plus tôt que prévu. Dans le taxi qui me ramène passe Radio Azur et son slogan passe-partout: "La radio des hits d'hier et des tubes d'aujourd'hui". Stephan Eicher chante Déjeuner en paix. C'est presque ironique au sortir du Swiss Music Club de se rappeler que la musique suisse a produit des tubes par le passé.
Le Swiss Music Club donc, dans l'un des salons du Carlton comme seul ambassadeur live de la scène helvétique au Midem. Trois groupes dimanche: Manana, Lingworm et Lole. Rien de véritablement honteux. Seulement, il n'y a personne. Moins d'une centaine de curieux, tandis que la soirée EMI charrie son torrent d'invités au Martinez. De là à dire que la musique suisse n'intéresse personne, il n'y a qu'un pas, que l'on se gardera pourtant de franchir.
En 2006, plusieurs artistes à croix blanche se sont vus tresser des lauriers à l'étranger. Fauve, Sinner DC ou encore Polar ont conquis la critique française ou anglaise. The Evpatoria Report, Opak ou Honey For Petzi se sont balladés sur les scènes allemandes, belges et hollandaises. Mais aucun d'eux n'a été jugé assez essentiel pour être invité sur la scène du Swiss Music Club. Aucun d'eux n'a été envisagé comme un nom susceptible d'attirer un peu plus qu'une centaine de curieux....
C'est bien dommage. Avec son Swiss Music Club, la Suisa tente maladroitement de présenter la musique suisse aux professionnels étrangers.
Maladroitement, car en choisissant 3 artistes sans label, on perd l'occasion de faire d'une pierre deux coups et de présenter un artiste comme ambassadeur d'un catalogue. De Gentlemen à Little Jig, en passant par Mental Groove ou Damp Music, il y aurait pourtant de quoi faire.
Maladroitement encore, car en jouant la carte de soirées feutrées et anonymes, la Suisa se retrouve en concurrence avec les événementielles quotidiens, de la soirée EMI à celle des Inrocks. Les autres pays l'ont compris et préfèrent jouer la carte d'un événement unique et immanquable une fois tous les 2-3 ans pour faire connaître leur potentiel.
Maladroitement enfin, car en se résumant à une organisation (et une programmation) très "alémanique", la Suisa risque de se couper de la Romandie et de sa mission nationale.
C'est bien dommage... et on aurait presque envie de crier "Stephan!" pour qu'il revienne, en songwriter inspiré ou en punk electro, comme à l'époque de Grauzone...


























Je ne sais pas pourquoi mais même sans y être allé, je ne suis pas étonné, Christophe, de ton compte rendu de la soirée...
Depuis quelques années, la Suisse commence vraiment à prouver son potentiel musical, mais nous serons vus encore pendant longtemps comme des "branleurs".
Dommage.
Les "branleurs" peuvent aussi faire de la très bonne musique.
Rédigé par : tyler | 23/01/2007 à 09:08
Bien résumé! On préfère que les représentant de la Suisse soient les Young Gods plutôt que Dj Bobo! Ms qui a toujours un t-shirt à croix suisse?! Je propose de faire jouer Velma à l'Eurovision! (pourquoi pas...Lordi a surpris tout le monde!)
On a une scène très riche en suisse...dommage!
Rédigé par : sixkiller | 25/01/2007 à 08:31