Alors que le Midem, le vrai, ouvre tout juste ses portes, le MidemNet poursuit sa longue série de tables rondes et de conférences, consacrées aux différentes collaborations entre l'industrie musicale et Internet. Si on peut reprocher aux organisateurs d'avoir oublié d'inviter les artistes à s'exprimer ("Il y a WillI.A.M. des Black Eyed Peas!" m'entends-je rétorquer), le vrai défaut de ces débats est leur bipolarisation.
A ce petit jeu-là, la discussion entre Chris Anderson (rédacteur en chef de Wired Magazine) et Jacques Attali s'est clairement démarquée. Interrogés sur le futur de la musique, les deux hommes ont choisi de porter ensemble la réflexion plutôt que de se prêter à une joute verbale. Au menu, une discussion sur les changements d'habitude des consommateurs et l'obligation pour l'industrie du disque de les intégrer; une analyse des opportunités commerciales pour allier "music business" et gratuité de la musique; un embryon de problématique autour de l'opposition entre droits d'auteurs digitaux et taxe automatique.
Sans esbrouffe ni coup de gueule, les deux hommes ont posé les bases d'une théorie d'un mouvement en marche, dont l'issue reste incertaine. Qu'importe, au moins convient-il de bien en saisir les enjeux et de poser les bonnes questions. Quant au jour où l'issue sera connue, il serait intéressant de faire écrire l'histoire de cette révolution numérique par Jacques Attali, captivant et captivé par ces transformations et les challenges qu'elles soulèvent. Un livre qui pourrait reprendre la jolie réponse qu'Attali a offert en fin de conférence. Interrogé par le modérateur de la discussion sur sa vision du futur, l'écrivain français s'est vu proposer deux réponses: "Always look for the bright side of life" ou "Paint it blak". Par une jolie pichenette musicale, il s'est contenté de répondre: "Let it be". A bien y réfléchir, c'est peut-être l'héritage de la force tranquille...


























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