Triple ration et histoires de famille cette année pour Tom Waits, qui livre avec Orphans une impressionnante cargaison d'inédits et de compositions originales.
Tout commence avec Brawlers. Des "bagarreurs" sur lesquels le vieux Tom s'électrise tout en conservant sa légendaire rugosité. Le blues du marais, en quelques sortes, crasseux, swinguant, mal peigné et mal élevé. Au milieu de ce cortège d'agités, on trouve notamment deux reprises des Ramones, où comment revisiter le punk cartoon à la sauce rustique.
(Chanson écoutée Road to peace)
L'aventure se poursuit avec Bawlers, littéralement les "braillards". Mais plutôt que de geindre, Tom Waits se concentre sur ce qu'il fait de mieux: des ballades habitées, mêlant à merveille mélancolie et ambiances tordues. Comme la photographie qui orne la pochette d'Orphans, on a soudain l'impression de déboucher dans l'arrière-boutique d'une brocante poussérieuse, remplie de trésors magiques et où le temps s'écoulerait en 78 tours.
(Chanson écoutée You can never hold back spring)
Facette la plus étrange de ce triple album, Bastards réjouira les amateurs d'un Tom Waits plus théâtral (de Frank's Wild Years à The Black Rider) ou plus expérimental. Ces "bâtards" mélangent ainsi cirque déglingué (et son Monsieur Loyal mystérieux), dérives bricolées et théâtre de quatre sous. Le tout avec encore quelques virées vers les textes de Bukowski et Kerouac ou les compositions des plus jeunes Sparklehorse et Daniel Johnston.
Un dernier chapitre qui boucle magnifiquement ce tour d'un propriétaire dont les années n'auront jamais érodé l'originalité. Tout simplement captivant! D'ailleurs, on ne résiste pas à s'offrir une ultime chanson pour la route.
(Chanson écoutée Bottom of the world)





























Commentaires