Sorti en 2005, Drinking Songs de Matt Elliott tenait plus de chansons de marins que de chansons à boire et s'offrait même un nauffrage tragique avec le sous-marin russe Kursk. Une année plus tard, les ambiances sont (un peu) moins lourdes, les nauffrages transformés en décollages, mais la Russie continue d'habiter l'oeuvre du musicien anglais, élargissant ses frontières à l'Europe de l'Est toute entière.
Failing Songs oublie donc quelque peu les accents tragiques de son prédécesseur, pour embrasser une mélancolie plus subtile. La musique est plus clair et acoustique, portée par des guitares aux formes multiples, tandis que les voix conservent cette réverbération étrange, quasi-liturgique. Entre folklore et songwriting, Matt Elliott refuse toujours de choisir.
Des plaines désertiques de l'Oural à des fanfares slaves qui auraient perdu leurs cuivres, l'ex-Third Eye Foundation se permet un voyage en des territoires musicaux connus, assimilés à la world music, pour les ramener vers le songwriting terreux d'un Tom Waits, ou celui plus biblique d'un Nick Cave. Des références multiples qui tourbillonnent, mais forgent un style unique, propre à Matt Elliott, grand songwriter entre tradition et modernité.





























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