Les interviews ne se passent pas toujours comme prévu. Pour Katerine, rendez-vous était pris dans les coulisses du Casino Théâtre peu avant son concert dans le cadre de Voix de fête. Mais suite à quelques péripéties, c’est dans le tram 13 reliant Plainpalais à la gare de Cornavin que je le retrouve, accompagné de ses musiciens, 4 ex-Little Rabbits. L’interview se fera finalement à l’hôtel.
Ambiance détendue dans le tram bondé, où les musiciens reviennent sur leur concert de la veille, résolument rock’n’roll. Pendant ce temps, un petit chien blanc taquine les pieds de Katerine. Sa propriétaire s’excuse, mais lui engage la conversation.
- Comment s’appelle-t-il?
- Newton.
- Newton?
- Oui, comme Isaac Newton.
- Ah oui, il y a un air de ressemblance. Il parle anglais?
- Il est bilingue. Il parle anglais et espagnol.
- Mais pas français?
- Pas très bien. Il ne comprend pas encore.
- Ah… Euh… Hello Newton!
Ce n’est pas "le train de 19h", mais c’est déjà une petite famille. Le tram, le chien bilingue et le chanteur le plus à l’ouest de la scène française actuelle. De quoi partir sur de nouvelles idées de chanson…
Arrivés à l’hôtel, il est temps de jouer le jeu d’une rapide interview. Sur le fil entre sérieux et décalage, Katerine reste son personnage, même au naturel, sans col-roulé rose et slip blanc moulant.
Pourquoi as-tu choisi de monter une tournée rock, plutôt que de poursuivre dans l’orientation électronique de Robots après tout?
Pour tenter de voyager un peu, de ne pas rester sur place. Et puis si je refais le même disque sur scène les gens s’emmerderont, entre autres parce que moi-même je m’emmerderai. Donc c’est bien de revisiter les chansons avec des humeurs différentes.
Penses-tu tout de même continuer dans ce sillon électronique sur un prochain album?
Je ne sais pas du tout ce que je vais faire pour la suite. Je pense que je vais peut-être partir sur des chansons a capella. Un album totalement a capella, sans aucune autre voix que la mienne. Un trip complètement mégalo. Un peu comme Lara Fabian.
Elle chante a capella?
Sur les plateaux des émissions de télé on lui demande souvent de le faire, chanter a capella. Donc pourquoi ça ne m’arriverait pas à moi?
Aujourd’hui que l’on parle partout de l’arrivée de la grippe aviaire, est-ce que tu as prévu de jouer Poulet no 728 120 sur cette tournée?
Bien sûr. Mais ça fait longtemps qu’il y a des problèmes avec les poulets. J’ai horreur des plumitifs en général, gallinacés inclus. Et ce qui arrive aujourd’hui ne m’étonne pas. C’est la malchance de l’humanité que d’avoir des êtres qui nous humilient à longueur de journée, car eux peuvent voler et pas nous. Donc ça devait bien arriver. Et ils vont sans doute prendre possession de notre corps ensuite.
Comment travailles-tu pour tes textes?
L'idée de départ peut venir de plein de choses. Un rêve, une hallucination, des drogues, un alcool, un moment d’abandon, une marche. Même d’une méditation, pourquoi pas. Ça m’arrive de plus en plus de méditer, afin de contrôler la partie arrière droite de mon cerveau. En résumé, il n’y a pas tellement de règle. Mais aujourd’hui je cherche à aller vers des textes plus directs, en un jet ou improvisés. Quand je les réarrange trop, que je bouge les choses, il y a un côté laborieux qui apparaît dans le texte et lui ôte son immédiateté.
Tu as réalisé ton premier film Peau de cochon en 2005, penses-tu poursuivre l'expérience derrière la caméra?
Non, pas vraiment. Je suis plutôt du genre à suivre mes envies et là, je n’ai pas du tout envie de faire un film. J’essaye plutôt d’aller vers ce qui m’intéresse à un moment précis, vers ce dont j’ai besoin. Par exemple, là j’ai plutôt envie de faire un baby-foot. Mes musiciens sont également adeptes, donc si tu connais un endroit où on peut en trouver un…
Robots après tout
Katerine
Barclay/Universal
www.katerine.net


























Ca me donne d'autant plus envie de le voir en Mai à Toulouse. Bravo pour l'interview, Christophe !
Rédigé par : Joe | 12/03/2006 à 15:18