Soirée découverte en début de semaine et public présent, étonnamment. Première sur la scène, Emily Jane White est à la guitare, accompagnée par son contrebassiste. Trop longues et minimalistes, ses chansons peinent à convaincre dans cette formule dépouillée. Et puis elle se met au Rhodes et le miracle a lieu. Sous l'impulsion du clavier, les mélodies gagnent en naturel ce qu'elles perdent en longueurs. En fermant les yeux, on pourrait croire à la Cat Power de You Are Free. En les rouvrant on retrouve une chanteuse à suivre, dont la plume semble riche de promesses.
Seul sur scène, Chris Garneau fait du Rhodes son compagnon de prédilection, pour un set qui tient de la pop comme du cabaret feutré. "S'il y avait une justice, ce serait lui James Blunt", me lâche un ami. La phrase est à double sens, comme l'impression que laisse Garneau. Un brin piailleur, on aurait envie de le rapprocher par instants du soldat Anglais qui nous les brise. On aurait tort cependant. Passé ce vernis, reste un songwriter touchant, évoquant le Raphelson local. Reste surtout une voix, parfaite lorsqu'elle bride son émotion. Chris Garneau n'est pas Sufjan Stevens, comme certains ont voulu le croire, mais il n'est pas insignifiant pour autant. Et pourrait même conquérir les coeurs.
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